22 juin 2011
En route pour 2012, l'UMP se penche « sur la place
des femmes dans la société ». Inspirées par une idéologie
grotesque, ses propositions nourrissent une inquiétude grandissante,
tant la folie semble gagner les élites politiques.
À l'approche des élections de 2012, l'UMP s'est fixé
« un rendez-vous avec la modernité ».
« Depuis 2007 », affirme-t-elle, « le
gouvernement et les parlementaires de la majorité [...] ont été très
actifs pour défendre et promouvoir l'égalité entre les
sexes ». Sans doute cela n'aura-t-il pas suffi aux yeux de
Jean-François Copé, chantre notoire de la parité, dont le parti verse
délibérément dans la surenchère féministe.
En témoignent les
vingt-six propositions présentées lundi dernier (20 juin
2011) « pour arriver enfin à l"égalité ». On y relève
quelque écho au
récent rapport de l'IGAS sur « sur l'égal accès des
femmes et des hommes aux responsabilités familiales dans le monde du
travail ». En effet, selon l'UMP, « les femmes
pourront pleinement investir le marché du travail quand notre vision de
la parentalité aura évolué ». Autrement dit,
« l'entreprise ne doit plus voir en ses salariés simplement
des femmes et des hommes mais plutôt une majorité de mères et de pères
[...], tous également susceptibles [...] de prendre un congé
parental ».
On nous annonce une profusion de quotas. Afin, par exemple,
d'« obliger les administrations à employer 40 % de cadres
supérieurs de l'un ou de l'autre sexe d'ici 2015 ». L'UMP
envisage même d'ériger la parité en obligation constitutionnelle !
Affichant la volonté de « changer inexorablement les
mentalités », elle appelle, sans surprise, à lutter contre les
« stéréotypes », accusés de « contrarier les
talents et le potentiel de chacune et chacun ». Comme si les
personnalités se construisaient sans référence à aucun repère social...
Et de pointer les médias, coupables de mettre en scène « un
monde binaire, voire archaïque » – rien de moins !
Faudra-t-il interdire d'antenne les femmes racontant leur grossesse
avec enthousiasme ? Dans un premier temps, c'est la publicité
qu'il conviendrait de mettre sous surveillance, avec « un
examen systématique » des campagnes d'affichage.
La proposition la plus effarante vise à « introduire,
dès la maternelle, des séances consacrées à la mixité et au respect
hommes-femmes ». Avec, pour objectif explicite,
« d'amener les enfants à se sentir autorisés à adopter des
conduites non stéréotypées ». Autrement dit, à s'émanciper de
leur identité sexuelle – de leur nature même ! On nage en
plein délire.
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16 juin 2011
Article publié dans L'Action Française 2000
Un rapport officiel promeut l'égalité dans les ménages, avec,
pour mesure phare, l'incitation des pères à profiter d'un "congé
d'accueil de l'enfant".
En janvier dernier, Mme Roselyne Bachelot, ministre
des Solidarités et de la Cohésion sociale, avait confié à l'Inspection
générale des Affaires sociales (IGAS) une mission « sur l'égal
accès des femmes et des hommes aux responsabilités familiales dans le
monde du travail ». Celle-ci vient de lui remettre son
rapport, établi par Brigitte Grésy, qui avait signé, il y a deux ans,
un « manuel de résistance » contre le
« sexisme ordinaire », selon les termes de son
éditeur. Cela plante le décor.
Mme Grésy observe que les hommes et les femmes
« font l'objet, depuis l'enfance, d'assignations différentes
en matière de rôles parentaux ». Lesquelles susciteraient,
pour chaque sexe, « enfermement et résistances ». Et
de citer les appellations "heure des mamans", "école maternelle",
"assistantes maternelles", accusées d'assigner les femmes à la petite
enfance. Or, prévient le rapporteur, « l'égalité
professionnelle entre les femmes et les hommes, et, dans son sillage,
l'égalité sociale, ne peut être atteinte tant qu'il y aura inégal
partage des responsabilités domestiques et familiales ». Dans
ces conditions, « un effort sans précédent » devrait
être porté « sur tous les lieux de production et reproduction
des stéréotypes sexués, que ce soit les lieux d'accueil collectifs de
la petite enfance, l'école ou encore les médias ».
Mme Grésy se fait l'apôtre d'une double
émancipation : « émancipation de la sphère privée
pour les femmes », mais aussi « émancipation de la
sphère publique pour les hommes ». En conséquence, elle
formule vingt-cinq propositions, à commencer par la création d'un
« congé d'accueil de l'enfant ». S'ajoutant au congé
de maternité de douze semaines, il comprendrait huit semaines
« à partager également entre les deux parents, non
transférables, devant être pris à la suite du congé de maternité, avec
un bonus d'une semaine, en cas de prise intégrale de son congé par le
père, à prendre indifféremment entre les deux parents jusqu'au un an de
l'enfant ». « Pour mieux associer les pères au
déroulement de la grossesse de leur conjointe », il est
proposé également « de leur ouvrir le droit de l'accompagner,
lors des examens médicaux obligatoires ».
« Jouer sur les congés pour les pères est un élément
central, en effet, de ce changement de paradigme » appelé par
Mme Grésy. « Des études montrent ainsi que la prise
de congés par les pères, à la naissance, dans les pays du Nord de
l'Europe, a un impact fort, par la suite, sur la redéfinition et la
redistribution des tâches domestiques et parentales. » Ce
faisant, s'agit-il de répondre aux aspirations des femmes ?
Bien qu'elle fustige « une injustice ménagère »,
Mme Grésy constate que celle-ci n'est pas « ressentie
comme telle ». D'ailleurs, souligne-t-elle, le partage des
tâches « souhaité dans le dire des femmes [...] est pourtant
fragilisé par la toute-puissance de la compétence
maternelle ». Et d'évoquer « la bataille autour de
l'allaitement maternel et l'assignation, parfois abusive, faite aux
jeunes mères de s'y conformer » qui « renforce ce
lien d'exclusivité ». S'agit-il alors de répondre aux besoins
des enfants ? Pas vraiment. « Les analyses sont, ici,
délicates, non seulement parce qu'elles relèvent de champs variés des
sciences humaines mais aussi parce que la valorisation du rôle du père
auprès des enfants, aux côtés de la mère, risque de porter en elle une
vision normative et ne saurait délégitimer d'autres formes d'éducation
parentale. » Manifestement, ce rapport promeut
l'instrumentalisation des mesures sociales en vue de remodeler les
mœurs familiales suivant les canons d'une idéologie égalitariste. Le
rapporteur pose « la question d'une immixtion peut-être trop
importante de l'entreprise dans la vie privée des individus ».
Sans doute devrait-il s'interroger sur celle des pouvoirs publics.
S'ils suivaient ses recommandations, ceux-ci
parviendraient-ils au résultat escompté ? L'IGAS nous fournit
quelques indices qui permettent d'en douter. La répartition du travail
ménager serait caractérisée par « une remarquable stabilité en
termes d'investissement temporel ». En outre, « dans
les couples où les pères sont au foyer, les femmes qui occupent le rôle
de pourvoyeuse de revenu n'abandonnent pas la responsabilité et la
charge mentale relatives à la vie domestique et continuent en réalité
de gérer une multiplicité de contraintes familiales et professionnelles
[...] et les clivages traditionnels persistent ». Comme
l'observe Mme Grésy, « l'entrée de la petite enfance
dans la culture de la paternité est très récente à l'échelle de
l'histoire et fait partie des bouleversements qui modifient les
représentations les plus profondes ». Raison pour laquelle on
préférera s'en remettre, plutôt qu'au volontarisme idéologique, à la
sagesse de l'empirisme organisateur.
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17 mars 2011
Article publié dans L'Action Française 2000
Au programme : prime d'assurance, quotas dans les
entreprises et lutte contre les "stéréotypes".
Le verdict est tombé le 1er mars :
« La prise en compte du sexe de l'assuré en tant que facteur
de risques dans les contrats d'assurance constitue une
discrimination. » En conséquence, « la règle des
primes et des prestations unisexes s'appliquera à compter du
21 décembre 2012 », a annoncé la Cour de Justice de l'Union
européenne.
Bien qu'il mette les assureurs dans un relatif embarras, cet
arrêt n'a pas tempéré la frénésie féministe qui gangrène l'Union
européenne. Dès le lendemain, en effet, la commission des Droits de la
femme du Parlement européen s'est prononcée en faveur de quotas afin
d'imposer une représentation égalitaire de chacun des sexes dans les
entreprises. (Il s'agit toutefois d'un simple avis.)
Quant au Conseil des ministres, il a adopté le 7 mars
un « nouveau pacte européen pour l'égalité entre les hommes et
les femmes ». Une fois n'est pas coutume, il n'y est pas
question de « genre », mais de
« sexe ». Cela excepté, le document ne recèle aucune
surprise, bien que l'on continue de s'interroger quant au projet de
« mettre un terme à la conception stéréotypée des rôles de
l'homme et de la femme ». À cet effet, « le Conseil
demande instamment que des mesures soient prises au niveau des états
membres et, le cas échéant, au niveau de l'Union ». En toute
logique, s'ils tenaient leur engagement, les Vingt-Sept ne
devraient-ils pas réprimander les parents offrant des poupées à leurs
filles et réservant les voitures aux garçons ?
Dans un communiqué publié le 8 mars, à l'occasion de
la journée internationale de la femme,l'Élysée s'est en tout cas gardé
de verser dans de telles extrémités : « Rappelant que
l'un des facteurs d'inégalité professionnelle reste la maternité et
qu'une partie de celles qui interrompent leur activité professionnelle
le font par manque de mode de garde adapté, le président de la
République a indiqué que le rythme de créations de solutions de garde
serait poursuivi, ainsi que leur diversification notamment en
s'appuyant sur les crèches d'entreprises. »
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13 octobre 2010
L'Otan se préoccupe du "genre", y compris sur le théâtre
afghan.
Nous n'en revenons pas : deux conseillers
« pour les questions de genre » sont affectés à
l'ISAF, la Force internationale d'assistance à la sécurité engagée en
Afghanistan. L'Otan
s'en réjouit : c'est « une
première » dans une opération placée sous sa responsabilité. À
cet effet, le capitaine Ella van den Heuvel a suivi une formation
spécifique aux Pays-Bas, complétée par un stage en Suède, avant de
rejoindre Kaboul, « où elle aide les commandants pour ce qui
est de la prise en compte de la dimension de genre ».
« Il est encore très difficile d'intéresser les
femmes à la carrière militaire », déplore cet officier.
« Je pense que c'est parce qu'elles se font encore des idées
fausses sur l'armée. Lorsque je raconte mon expérience, et que je
précise que j'aide les femmes afghanes, la plupart de mes collègues
féminines me disent qu'elles aimeraient en faire autant. Mais la
dimension de genre n'est pas seulement l'affaire des
femmes... » Effectivement : « La dimension de genre
devrait faire partie intégrante des activités de chaque division, de
chaque opération, qu'elle soit planifiée ou en cours
d'exécution ; elle devrait aussi être prise en compte dans les
ressources, le renseignement, le budget et les finances »,
selon l'amiral Giampaolo di Paola, président du Comité militaire de
l'Otan.
Dans l'Armée nationale afghane (ANA), la première femme
sous-officier viendrait de prendre ses fonctions au commandement des
forces multinationales. Sa tenue tranchera avec celle de ses
compatriotes, dont l'écrasante majorité portent la burqa (du moins en
Kapisa). Mais l'Otan ne gagnera pas « le cœur et les
esprits » de la population en s'attaquant de la sorte aux
mentalités locales. Bien que ce discours s'adresse vraisemblablement
aux opinions occidentales, on s'inquiète de voir l'idéologie pénétrer
jusque dans les rangs des armées.
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7 octobre 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
L'idéologie du genre pénètre peu à peu dans les établissements
scolaires. Les conclusions d'une mission officielle sur les
« discriminations à l'École » confirment tout l'intérêt que
lui portent les élites républicaines. Aperçu.
Parmi les priorités de l'Éducation nationale figurent « la
prévention et la lutte contre la violence et les
discriminations ». Soucieuse, peut-être, de donner quelque gage
aux ligues de vertu, la Rue de Grenelle avait sollicité la direction
générale de l'Enseignement scolaire au printemps 2009 afin
d'appréhender, plus particulièrement, les « discriminations à
l'École ». Coordonnée par Mme Anne Rebeyrol, la mission créée
à cet effet a présenté ses conclusions le 22 septembre.
De fausses accusations
Synthétisant des témoignages, ce travail « n'est pas étayé
scientifiquement et ne saurait représenter une réalité [...] confirmée
par la rigueur de l'enquête sociologique », préviennent les
rapporteurs. Lesquels prennent le risque de froisser les chantres de
l'antiracisme le plus primaire : tandis que « les enfants
d'immigrés ne semblent souffrir ni de discrimination en matière
d'orientation, ni en matière d'évaluation », ils soulignent que «
les personnels de l'Éducation nationale [...] se trouvent parfois
désarmés face à des accusations de "racisme" souvent infondées, mais
qui sont utilisées pour justifier, par exemple, une mauvaise note à un
devoir ».
Selon leur constat, « intervenir contre l'homophobie en milieu
scolaire est le plus souvent assimilé à un acte de prosélytisme, ce qui
rend l'action difficile et la communauté scolaire frileuse ».
Cependant, « les associations impliquées dans la lutte contre les
LGBT-phobies [sic] s'accordent à reconnaître que le ministère a porté
une attention toute particulière à la question, plus précisément depuis
2008 ». Ce faisant, des réponses douteuses seraient apportées à un
malaise bien réel : « Si, chez les 12-25 ans, les sujets
homo, bi ou transsexuels représentent 6 % de la population
générale masculine, ils constituent 50 % de l'ensemble des garçons
décédés par suicide pour la même tranche d'âge. » « Le
sentiment de honte et de mésestime de soi de nombreux adolescents et
jeunes adultes homosexuels vient du fait, selon les témoignages, que
l'institution scolaire ne leur a jamais présenté l'homosexualité comme
une possible orientation sexuelle parmi d'autres. » Mais
l'homosexualité n'est-elle pas condamnée, quoi qu'il arrive, à une
certaine marginalité ?
Déconstruction
Condamnant le « sexisme », les rapporteurs stigmatisent
« le stéréotype dominant » qui « consiste à penser que
la différence des sexes induit des aptitudes et des intérêts
différents, perçus comme étant l'expression de différences
naturelles ». La testostérone serait donc étrangère au caractère «
sexué » de la violence scolaire : « 77 % des violences
envers autrui ont pour auteur un ou des garçons, contre 18 % par
une ou plusieurs filles. La violence des élèves est majoritairement
portée contre des personnes du même sexe. Cependant, comme les garçons
sont beaucoup plus impliqués que les filles dans les phénomènes de
violence, ils restent majoritaires parmi les agresseurs de filles et
surtout des personnels féminins : les garçons sont ainsi à
l'origine de 54 % des violences commises envers les filles et de
71 % des agressions faites aux femmes travaillant dans le
secondaire public. » Serait en cause le « parcours de virilisation
des petits garçons et de féminisation des petites filles qui, de
manière plus ou moins consciente, innerve l'éducation, forme les
représentations, construit les rapports sexistes et définit les
contraintes du genre ». Sans craindre de déstabiliser les enfants,
les rapporteurs assignent aux établissements scolaires une mission de
« déconstruction des préjugés ». Ainsi l'École devrait-elle
encourager les jeunes filles « à poursuivre leurs trajectoires et
à ne pas minorer leurs ambitions » alors que « l'anticipation d'un
certain fonctionnement de la famille les pousse à des choix de
compromis ».
Les rapporteurs s'inquiètent, enfin, du développement d'« une
culture machiste de jeunes garçons qui ont tendance à occuper l'espace
public ». Tandis qu'ils dénoncent « diverses formes de replis
communautaires », on devine, dans leur collimateur, des
adolescents issus de l'immigration. « L'honneur des garçons de la
cité leur commande de frapper leurs sœurs quand l'honneur français
interdit à un homme de lever la main sur une femme », a résumé
Cyril Bennasar, commentant sur Causeur, le 29 septembre, un documentaire diffusé le soir-même sur Arte.
Hélas, loin de réduire « ce décalage des civilisations »,
l'apologie de la "diversité" contribuera vraisemblablement à
l'entretenir.
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23 septembre 2010
Une communication officielle confirme la prégnance du gender
sur les étires européennes. Aperçu.
La Commission européenne a présenté mardi dernier,
21 septembre 2010, sa
« stratégie pour l'égalité entre les femmes et les
hommes ». On y retrouve les poncifs du féminisme
bruxellois, auquel des considérations économiques servent toujours
d'alibi : « Pour réaliser les objectifs de la
stratégie Europe 2020, à savoir une croissance intelligente,
durable et inclusive, il est impératif de faire appel plus largement et
plus efficacement au potentiel des femmes et à leur réservoir de
talents. » Cela permettrait de « contrebalancer les
effets de l'amenuisement de la population en âge de
travailler », d'autant que « les mesures de
conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée »
auraient « des effets positifs sur la fécondité ».
Mais bien qu'elle prétende stimuler l'activité, la Commission entend
supprimer « les disparités encore présentes dans les droits
aux congés pour raisons familiales, notamment les congés de paternité
et les congés des personnes aidantes ».
« La rigidité des rôles attribués aux femmes et aux
hommes » est fustigée au motif qu'elle « peut
entraver leurs choix et restreindre le potentiel de chacun ».
Or, il serait paraît-il « dans l'intérêt de tous d'offrir aux
femmes aussi bien qu'aux hommes de véritables choix à chaque étape de
leur vie ». D'où la nécessité, selon Bruxelles, de mettre les
hommes aux fourneaux – avant d'offrir des poupées aux petits garçons et
de couper les cheveux de leurs sœurs : « Favoriser
une redéfinition des rôles non discriminatoire dans tous les domaines
de la vie, comme l'éducation, les choix de carrière, l'emploi ou le
sport, est essentiel pour parvenir à l'égalité entre les
sexes. »
On tremble en découvrant combien l'idéologie du genre imprègne
les élites européennes, qui revendiquent à demi-mot la volonté de faire
le bonheur des individus : « beaucoup de
citoyens européens ont vu leur vie prendre un tour meilleur grâce aux
actions en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes menées
par l'Union européenne », affirme-t-on très sérieusement à
Bruxelles.
Les ressortissants des États membres ne sont pas les seuls
concernés : les mêmes préoccupations sont censées influencer
les négociations d'adhésion et la politique de voisinage. « En
outre, l'Union européenne coopérera activement avec les organisations
internationales travaillant à l'égalité comme l'OIT, l'OCDE, l'ONU et
l'Union africaine, pour produire des synergies et favoriser
l'émancipation des femmes, ainsi qu'avec la nouvelle entité "Genre" des
Nations Unies, ONU Femmes, et soutiendra la participation de la société
civile, le renforcement des capacités et la promotion de l'égalité
entre les sexes et de l'émancipation des femmes. » La passion
égalitaire des enceintes multilatérales s'expliquerait-elle par leur
manque de légitimité politique ? Quoi qu'il en soit, nous
sommes prévenus : « La Commission fera de
l'intégration des questions d'égalité entre les hommes et les femmes un
rouage à part entière de l'élaboration de ses politiques. »
NB – Forte de sa nouvelle notoriété, Viviane Reding n'a pas
exclu de promouvoir l'instauration de quotas censés
« améliorer la représentation des femmes aux postes à
responsabilité » : « Vu l'absence de progrès
dans ce domaine, nous pourrions à l'avenir envisager de prendre des
initiatives au niveau européen », a-t-elle déclaré.
« J'ai l'intention de rencontrer durant le printemps 2011 les
directeurs de grandes entreprises européennes cotées en bourse, pour
examiner la situation et envisager les possibilités d'une
autorégulation énergique. En fonction des résultats de ce dialogue avec
les entreprises, j'évaluerai la nécessité de lancer d'autres
initiatives en 2012. »
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19 avril 2010
Curieux de découvrir un nouveau titre lancé par Lagardère,
nous pensions y trouver des tests et autres "conseils beauté" dont
seules les illustrations nous auraient fourni un semblant d'intérêt.
Or, nous y avons perçu comme un écho aux communiqués européens que nous
lisons régulièrement, en dépit de leur romantisme notoire, avec
autrement plus de passion...
« On a testé les cours de féminité »,
annonçait Be en couverture de son quatrième
numéro. Tandis que Bruxelles et Madrid (entre autres) vilipendent les
« stéréotypes sexistes », le magazine croit déceler à
rebours « la tendance du moment » :
« les femmes libérées [sic] prennent des cours pour réviser
les classiques que le féminisme leur a fait oublier »,
apprend-on en ouverture d'un petit dossier de six pages. Au
programme : cuisine, tricot et... strip-tease. Ou inscription
à la Talons Academy : « 15 euros pour "apprendre à se
sentir confiante et sexy chaussée en talons", c'est le concept de ce
cours lancé par deux copines. Et ça marche. »
« Des années de féminisme pour en arriver là. Cette
pauvre Simone de Beauvoir doit se retourner dans sa tombe »,
déplore, avec ironie, Françoise Marmouyet. Son enquête relève, plus ou
moins, du second degré, mais cela tranche, tout de même, avec les
discours officiels – émanant tout particulièrement des enceintes
multilatérales, telles l'UE et l'ONU – relayés la presse politique –
tel Le Figaro stigmatisant le
2 février dernier, sous la plume d'Agnès Leclair,
« des adolescents fidèles aux clichés hommes-femmes ».
« À trente ans, j'ai eu envie de devenir une vraie
femme », proclame un témoin interrogé par Be.
À l'avenir, le magazine devra se garder de donner la parole aux tenants
d'une mentalité si rétrograde. Sans quoi sa rédaction se retrouvera
prochainement dans le collimateur de la Halde.
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8 mars 2010
Le Conseil prétend éradiquer la violence à l'égard des femmes
dans l'Union européenne. Aperçu de ses conclusions.
En ce lundi 8 mars, décrété journée internationale de
la femme par l'Organisation des Nations unies, le Conseil a adopté des
conclusions « concernant l'éradication de la violence à
l'égard des femmes dans l'Union européenne ». Ce
document de sept pages s'inscrit dans la continuité de
l'abondante littérature consacrée à l'égalité hommes-femmes par les
institutions européennes, dont les ministres énumèrent moult références.
On relève quelques orientations concrètes :
« promouvoir l'introduction d'un numéro de téléphone commun et
gratuit [...] pour fournir des informations précises et actualisées et
une assistance aux femmes victimes de la violence » ;
« renforcer la protection des femmes victimes de la violence
lorsqu'elles exercent leur droit à la libre circulation au sein de
l'Union européenne » (des négociations sont en
cours) ; « prendre les premières mesures en vue de la
création d'un observatoire européen de la violence envers les femmes,
en s'appuyant sur les structures institutionnelles
existantes » (tel l'Institut européen pour l'égalité entre les
hommes et les femmes, fraîchement installé à Vilnius, en Lituanie).
Études et statistiques insuffisantes
« On ne dispose toujours pas de données à jour,
fiables, précises et comparables, tant au niveau national qu'au niveau
de l'UE », déplore le Conseil, « et le phénomène de
la violence à l'égard des femmes n'a toujours pas fait l'objet d'une
étude approfondie au niveau de l'UE, ce qui limite la perception que
l'on peut avoir de son ampleur véritable et empêche le développement de
stratégies et de mesures au niveau national ainsi qu'une réaction
efficace au niveau de l'UE ». En outre, il
serait « essentiel d'aborder sur un plan
international l'échange de connaissances, de méthodes et de meilleures
pratiques au sein de l'UE et avec des pays tiers ayant une certaine
expérience de la lutte contre les pratiques traditionnelles
préjudiciables (telles que les mutilations génitales féminines) et
contre la traite des êtres humains ».
Selon les ministres, « la lutte contre la violence à
l'égard des femmes passe par une participation active des hommes,
permettant de remettre en cause les idées reçues et les rôles dévolus
aux hommes et aux femmes afin de promouvoir des relations basées sur le
respect, l'égalité et les valeurs démocratiques ». Aussi
invitent-ils la Commission et les États membres à « réaliser
des campagnes de sensibilisation, d'éducation et de formation pour
lutter contre des normes culturelles discriminatoires et venir à bout
des stéréotypes sexistes très répandus et de la stigmatisation sociale
qui légitiment et perpétuent la violence à l'égard des
femmes ».
Manifestement, le Conseil exclut l'hypothèse selon laquelle la
violence masculine serait le « corollaire tragique et
inexcusable » de la « dévaluation de la
virilité » – thèse qui serait vraisemblablement celle
Mme Claude Habib. « Face à la multiplication des
viols, au développement des violences conjugales, à la perte du respect
dû aux femmes par des hommes déboussolés, qui semblent répondre par la
brutalité ou le mépris à l'agression symbolique du féminisme, elle veut
croire à un sursaut de cette générosité virile qui est au fond
l'essence de la galanterie », rapporte
Stéphane Blanchonnet. « Retrouver les voies de
l'apaisement, de l'amour et de la confiance entre les hommes et les
femmes, c'est d'abord cesser de dénier aux hommes leur rôle de
protecteurs naturels, rôle qu'ils souhaitent jouer spontanément à
l'égard de leur compagne mais qui est constamment moqué, tourné en
dérision, ringardisé (comme tout ce qui rappelle les différences, les
inégalités, les traditions) dans le discours médiatique, la fiction
télévisuelle ou la publicité. » Ainsi que dans les arcanes
européens.
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4 mars 2010
Madrid continue d'agiter son étendard féministe sur la scène
internationale.
« Les droits de la femme et la lutte contre la
violence à caractère sexiste » sont « au centre des
activités des Nations Unies cette semaine », a annoncé la
présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne.
Devant la commission de l'ONU sur la condition juridique et
sociale de la femme, le ministre espagnol de l'Égalité « a
réitéré ce lundi [...], au nom de l'UE, l'engagement des États membres
envers la déclaration et la plateforme d'action de Pékin, à l'occasion
de son quinzième anniversaire. [...] Mme Aído a de plus
affirmé qu'"il est urgent d'entreprendre de nouvelles actions" afin de
répondre aux besoins des jeunes filles et des femmes après des conflits
armés et a jugé "essentiel" [...] d'élargir l'accès à l'information sur
la santé sexuelle et reproductive. » Signalons au passage que
l'ONU s'apprête à regrouper, sous la houlette d'une direction commune,
ses différentes composantes censées œuvrer en faveur de l'égalité
hommes-femmes.
Dès demain, Madrid réaffirmera son volontarisme féministe par
la voix de Miguel Lorente, délégué du gouvernement espagnol en charge
des questions liées à la violence sexiste. En marge du premier sommet
UE-Maroc, celui-ci doit ouvrir un séminaire de deux jours portant sur
les sujets suivants : « genre et participation politique à
l’échelle locale » ; « questions liées au
genre au niveau local au Maroc et en Espagne » ;
« perspectives d’intégration de l’égalité des sexes dans les politiques
publiques locales ».
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4 mars 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Le congé maternité en débat au Parlement européen.
L'UE s'achemine vers l'allongement de la durée minimale du
congé de maternité. La Commission européenne avait proposé qu'elle soit
portée de quatorze à dix-huit semaines (contre seize en France). Un
progrès jugé insuffisant par la commission des Droits de la femme du
Parlement européen, qui s'est prononcée le mardi 23 février
pour une durée minimale de vingt semaines. Par dix-neuf voix pour,
treize contre et une abstention, elle a adopté le rapport sur la santé
et la sécurité des travailleuses enceintes rédigé par la Portugaise
Edite Estrela, membre du groupe de l'Alliance progressiste des
Socialistes et Démocrates (S&D).
En vertu de la directive actuellement en vigueur, les femmes
sont déjà tenues de prendre deux semaines de repos, avant ou après
l'accouchement. Le projet de révision imposerait six semaines après la
naissance de l'enfant, dont l'allaitement se trouverait ainsi facilité.
Dans un communiqué, le Parlement européen souligne que « les
États membres devraient encourager l'octroi de congé dans cette
perspective ». Selon la commission parlementaire, ils
devraient également « veiller à ce que les pères soient
habilités à prendre un congé de paternité entièrement payé d'au moins
deux semaines » (onze jours dans l'Hexagone).
Cela tranche avec le féminisme auquel nous avaient habitués
les arcanes européens. Le secrétaire national de l'UMP s'en est
ému : selon Philippe Juvin, ces propositions
« stigmatisent les femmes dans leur rôle de mère. Ce texte
n'est que l'aboutissement d'un lobbying des
intégristes de tout crin et ne permettra pas de promouvoir
l'émancipation des femmes dans nos sociétés ». « Avec
le rapport Estrela, ajoute-t-il, la gauche réenferme la femme dans le
modèle opprimant de la maternité exclusive. »
Que la "droite" se rassure : rien n'est encore joué.
Le 25 mars, les députés seront appelés à s'exprimer en session
plénière. Il faudra ensuite solliciter l'accord du Conseil des
ministres, où la Grande-Bretagne affichera vraisemblablement ses
réticences. « La directive devrait mettre en place des
standards minimum au niveau européen pour la santé et la sécurité des
femmes enceintes et ne pas ajouter de coûts supplémentaires sur la
feuille de paye pour les entreprises déjà surtaxées et les systèmes de
santé nationaux », a indiqué le directeur de la chambre de
commerce britannique cité par AP (Euractiv,
26/02/2010).
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