Star Wars suscite des polémiques rebelles

14 décembre 2016
Article publié dans L'Action Française 2000

Critiqué, avant même sa sortie, par les partisans les plus virulents de Donald Trump, Rogue One – A Star Wars Story semble inspiré par les études de genre et l'apologie de la "diversité".

Alors que Dark Vador vient de faire son retour au cinéma, son ombre plane sur la vie politique américaine. Son nom se trouve régulièrement associé à celui de Donald Trump. Un conseiller du président élu, Steve Bannon, s'est lui-même placé sous son patronage, selon des propos, au demeurant confus, rapportés par le Hollywood Reporter (18 novembre 2016). Cela n'a pas échappé à Christopher Suprundec, grand électeur républicain, qui s'en est offusqué dans le New York Times (5 décembre), tout en annonçant qu'en dépit des usages, il n'accorderait pas sa voix à Donald Trump. C'était quelques jours avant la sortie de Rogue One, le nouveau Star Wars, ce mercredi 14 décembre 2016 en France. « Je n'emmènerai pas mes enfants le voir pour célébrer le mal, mais pour leur montrer que la lumière peut en triompher », a-t-il expliqué. Chris Weitz, coscénariste du film, s'est risqué lui aussi à galvaniser la résistance au trublion républicain. Sur Twitter, le 11 novembre, détournant le logo de l'Alliance rebelle, il lui a associé le slogan suivant : « La Guerre des étoiles contre la haine ». À ses yeux, « l'Empire est une organisation de suprématistes blancs ». À laquelle s'oppose, selon son collègue Gary Whitta, « un groupe multiculturel mené par une femme courageuse » – les héros de Rogue One. Les partisans les plus virulents de Donald Trump, affiliés au mouvement Alt-Right, ne s'y sont pas trompés : ils appellent au boycott du film. Aussi Bob Iger, P-DG de la Walt Disney Company, propriétaire de Lucasfilm, a-t-il tenté d'éteindre l'incendie : « en aucune façon, il ne s'agit d'un film politique », a-t-il déclaré à nos confrères du Hollywood Reporter (12 décembre).

Revendications féministes

Kathleen Kennedy, productrice, présidente de Lucasfilm, n'en revendique pas moins un certain engagement. Tout particulièrement vis-à-vis des femmes : « j'espère que nous avons une influence sur la façon dont elles sont vues tant dans les divertissements que dans l'industrie hollywoodienne », a-t-elle déclaré, comme le rapporte 20 Minutes (5 décembre). Les études de genre semblent avoir influencé l'écriture du rôle principal de Rogue One. Celui-ci n'aurait pas été conçu pour un homme ou pour une femme, au dire du réalisateur, Gareth Edwards ; « Jyn est une personne qui se trouve être une fille », a-t-il expliqué dans un entretien à Vulture (9 décembre). Échafaudant les théories les plus fantaisistes, certains fans s'imaginent d'ailleurs que Rey, l'héroïne du Réveil de la Force (un autre épisode de la saga), serait la réincarnation d'Anakin Skywalker… Quoi qu'il en soit, comme l'explique l'actrice Felicity Jones, il n'était pas question de « sexualiser » le personnage qu'elle incarne. Autrement dit, le bikini de la princesse Leia reste au placard. « On ne voit même pas les bras de Jyn », a-t-elle souligné dans un entretien à Glamour (29 novembre). Faisant la promotion du film, elle n'en a pas moins mis en scène sa féminité sur un plateau de télévision, retirant ses chaussures à talons hauts tandis qu'elle mimait un combat l'opposant à l'animateur Jimmy Fallon (The Tonight Show, NBC, 30 novembre).

Bons sentiments intéressés

Son personnage est le chef de file d'une équipe bigarrée. Diego Luna, un Mexicain, interprète du capitaine Cassian Andor, y voit « un beau message pour le monde dans lequel nous vivons », comme le rapporte Polygon (2 décembre). « La diversité nous enrichit et nous rend plus forts », a-t-il expliqué à The Wrap (5 décembre). Ce discours convenu, plein de bons sentiments, n'exclut par quelque considération plus terre-à-terre. « Nous vivons dans un monde de cinéma globalisé », a souligné Donnie Yen, un Chinois, interprète de Chirrut Îmwe, dans un entretien à Première (12 décembre). Dans les bandes-annonces destinées à l'Empire du Milieu, son personnage est d'ailleurs plus particulièrement mis en avant. Évoquant sur Écran large (12 décembre) « le "multicultularisme" du casting », Jacques-Henry Poucave soutient qu'il est « bien plus motivé par la nécessité pour le film de cartonner partout dans le monde que par la volonté d'attaquer les pauvres petits caucasiens ». Comme l'écrivait Charles Maurras, dans un tout autre contexte, « les idées […] sont toujours le masque des intérêts » (L'Action Française, 8 novembre 1937).

Féminisme diplomatique

19 octobre 2016
Article publié dans L'Action Française 2000

Faciliter l'accès à la contraception et à l'avortement dans le monde : tel est l'objectif de la France, qui a présenté une stratégie à cet effet.

L'action extérieure de la France « sur les enjeux de population, de droits et santé sexuels et reproductifs » fait l'objet d'une « stratégie » pour 2016-2020 qui vient d'être présentée le 4 octobre 2016. « Aujourd'hui encore », déplorent Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, et André Vallini, secrétaire d'État chargé du Développement et de la Francophonie, « plus de trois cent mille femmes dans le monde meurent chaque année de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement » ; ce serait même la première cause de mortalité des adolescentes en Afrique. « Il ne s'agit pas seulement de donner accès à des services de planification familiale ou à des produits contraceptifs », expliquent-ils, « mais de soutenir des politiques de développement fondées sur les droits individuels, à travers l'amélioration de la législation et des politiques familiales et l'évolution des normes sociales ».

Priorité donnée à l'Afrique

Huit pays retiennent plus particulièrement l'attention du Quai d'Orsay : Bénin, Côte d'Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Tchad et Togo. En 2014, dans un cadre bilatéral, 55 millions d'euros ont été consacrés à la « santé sexuelle et reproductive ». Les sommes transitant via des canaux multilatéraux sont plus importantes : 330 millions d'euros cette année-là. Le ministère des Affaires étrangères (MAE) rapporte, par exemple, que « la France finance des projets au Cameroun, au Sénégal et au Togo qui visent à lutter contre les violences liées au genre en milieu scolaire » ; « ces projets contribuent au déploiement d'environnements scolaires sûrs, inclusifs et propices à l'égalité entre les filles et les garçons », se félicite-t-il, sans autre précision.

Long d'une trentaine de pages, son « rapport de stratégie » s'avère tout aussi indigent quant à l'exposé des motifs susceptibles de légitimer pareille politique. S'agit-il de promouvoir des valeurs ? Le Gouvernement hésite à l'assumer, récusant toute volonté d'« ingérence » ; « garantir des droits sexuels et reproductifs [...] c'est sauver des vies », se justifie-t-il. S'agit-il plutôt de contribuer au développement de l'Afrique ? « La pression démographique qui pèse sur les secteurs sociaux (éducation, emploi, santé) et sur la gestion du foncier (géographie et dynamique du marché agricole) est un facteur d'instabilité (conflits sociaux, migrations internes, insécurité alimentaire) et fragilise la gouvernance des États », souligne effectivement le MAE.

Enjeux démographiques

« La croissance démographique [...] est bien sûr une promesse pour l'avenir, mais aussi un facteur de risque pour la stabilité du continent où la prévalence des grossesses adolescentes est la plus importante du monde », expliquent encore Jean-Marc Ayrault et André Vallini. Cela étant, « plus aucune politique de population ne peut freiner ce qui se passe en Afrique », prévient Dominique Kerouedan, docteur en médecine, titulaire de la chaire "Savoirs contre pauvreté" du Collège de France en 2012-2013. De son point de vue, « l'enjeu est plutôt de se préparer et accompagner les pays à assimiler le passage de un à deux milliards d'habitants sur le continent, dont une immense partie est composée de jeunes ». Bien qu'il prétende le contraire, le Gouvernement « n'a jamais eu aucune action sérieuse ni financement conséquent sur ces sujets », nous a-t-elle affirmé. En définitive, peut-être ce semblant de stratégie contribuera-t-il surtout à rassembler le Gouvernement, sa majorité et ses électeurs dans un combat qui leur est cher...

Le féminisme en voiture

6 octobre 2016
Article publié dans L'Action Française 2000

Femme au volant, mort au tournant ? Une délégation du Sénat s'attaque à ce cliché.

Le Mondial de l'automobile de Paris a ouvert ses portes au public samedi dernier, 1er octobre 2016. Sans Alpine ni Mazda, Volvo ou Ford. Mais toujours en présence de jolies hôtesses. Jean-Claude Girot, commissaire général du salon, l'a pourtant assuré : « s'il est vrai qu'il y a quelques années, il n'y avait que des femmes qui [...] étaient là essentiellement pour la représentation, aujourd'hui ce n'est le plus cas ». Du moins a-t-il tenté d'en convaincre la délégation aux droits des femmes du Sénat.

Statistiques à l'appui

Celle-ci s'est penchée sur l'automobile, y voyant « un enjeu de lutte contre la précarité, d'orientation professionnelle et de déconstruction des stéréotypes », selon l'intitulé du rapport présenté par Chantal Jouanno (UDI-UC) et Christiane Hummel (LR). « Les clichés sexistes associés à l'inaptitude des femmes en matière de conduite sont largement démentis par les statistiques », soulignent-elles. Mais la hantise des discriminations interdit désormais aux assureurs d'en tirer quelque conséquence tarifaire. « La délégation regrette cette évolution qui a pénalisé les jeunes conductrices » ; mais peut-être y contribue-t-elle elle-même...

Constatant la moindre réussite des femmes à l'épreuve pratique du permis de conduire, Chantal Jouanno et Christiane Hummel l'expliquent par « la déstabilisation des jeunes candidates que pourrait entraîner le sexisme » et par « l'impact de l'intériorisation des stéréotypes ». Aussi moniteurs et inspecteurs devraient-ils être formés à les déconstruire, tandis que « des équipes paritaires d'enseignants » devraient voir le jour. Curieusement, aucune mention n'est faite de l'initiative prise à Villefranche-sur-Saône, où les responsables d'une auto-école s'étaient vantés, l'été dernier, de contrevenir aux canons de la mixité...

Aujourd'hui, les trois quarts des femmes ont leur permis en poche, mais cela n'a pas toujours été le cas. Les rapporteurs ne manquent pas de le rappeler : « en 1967, les femmes ne sont encore que 22 % à conduire, soit trois fois moins que les hommes » ; « il faut attendre 1981 pour qu'une femme sur deux détienne le permis de conduire, et 2007 pour que cela soit le cas de près de 75 % d'entre elles ». Sans surprise, la délégation du Sénat met en cause « la crainte des hommes de voir les femmes s'émanciper et échapper à la sphère privée par le biais de l'automobile, qui symbolise à ses débuts le désir de vitesse, de réduction des espaces et la connaissance de nouveaux horizons ». Une crainte qui prit parfois l'apparence d'une bienveillance suspecte.

Relecture de l'Histoire

Dans cette perspective, l'Histoire apparaît d'autant plus perverse que l'accès à la conduite ne fut concédé aux femmes que pour les maintenir asservies : « les trajets des femmes sont plus courts, plus segmentés et plus fréquents » ; « le travail domestique y joue un rôle prépondérant », déplorent Chantal Jouanno et Christiane Hummel. Celles-ci relèvent qu'« une polémique durable a eu lieu sur le genre du substantif "automobile" : masculin entre 1905 et 1920, et féminin seulement après 1920 sur prescription de l'Académie française ». Elles y voient un « élément révélateur de la volonté d'exclure les femmes du monde automobile ». La relecture de l'historie via le prisme de la "guerre des sexes" se prête manifestement aux interprétations les plus hardies.

NB – En illustration, une publicité comme on n'en fait plus !

Le gouvernement veut en finir avec le marketing sexué

29 décembre 2015

Il n'existe pas de woman tax, nous dit le gouvernement, selon lequel le marketing sexué renchérirait néanmoins le coût des produits de consommation courante.

Un rapport « sur les différences de prix entre certains produits et services selon le genre » vient d'être publié par le gouvernement, officiellement à l'intention du Parlement. 

À propos des rasoirs, déodorants et crèmes hydratantes, « il apparaît que des différences de prix existent tour à tour sur les produits destinés aux femmes et sur les produits destinés aux hommes ». Quant aux déménageurs, garagistes et autres serruriers, ils ne percevraient aucune "woman tax" aux dépens de leurs clientes.

Cependant, déplore le gouvernement, « la segmentation des marchés en produits plus spécifiquement adressés aux femmes ou aux hommes » ne serait pas seulement coupable « d'entretenir les stéréotypes ». En effet, « les produits faisant l'objet de campagnes publicitaires ciblées (vers les femmes ou vers les hommes) sont susceptibles d'être affectés d'un surcoût, expliqué principalement par des objectifs de mercatique ». Aussi le gouvernement annonce-t-il qu'il va « engager une concertation avec les acteurs pour lutter contre ce phénomène ».

Qu'en est-il en Corée du Nord ? Un bon connaisseur de cet État pourrait-il nous le préciser ? Peut-être y aurait-il quelque leçon à tirer de l'expérience communiste poursuivie dans ce pays, préservé en conséquence des méfaits du capitalisme...

Ironie mise à part, sans doute y aurait-t-il d'autres économies à faire, à commencer par celle de ce genre de rapport aux conclusions fumeuses !

Je suis féministe, je sauve le climat !

21 octobre 2015

À l'approche de la COP 21, la priorité devrait être donnée à l'égalité hommes-femmes, nous disent les sénateurs.

Le président de la République l'avait annoncé le 27 septembre, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies : « Je demanderai que dans les moyens financiers que nous dégagerons dans la conférence de Paris, les projets présentés par les femmes soient considérés comme prioritaires. » Voilà qui devrait satisfaire Mme Chantal Jouanno (UDI), auteur d'un rapport d'information « sur l'égalité entre hommes et femmes pour la justice climatique », établi au nom de la délégation aux droits des femmes du Sénat, qui vient tout juste d'être rendu public.

« Il est [...] indispensable que l'égalité entre femmes et hommes et la prise en compte des conséquences pour les femmes des changements climatiques soient une dimension spécifique de la COP 21 qui s'ouvrira dans quelques semaines à Paris », explique-t-elle notamment. « Comme l'a souligné la représentante d'ONU Femmes-France », poursuit-elle, « l'égalité doit être un "principe central, directeur et transversal de l'accord" ; "les droits des femmes devront figurer dans chaque partie opérationnelle du texte" ». Cette démarche s'inscrirait apparemment dans la continuité du « tournant » qui s'était « manifesté lors de la COP 18 de Doha, avec la décision de tenir une "journée du genre" dans les sessions à venir ». Cependant, regrette le rapporteur, « un tiers seulement des contributions nationales à la COP 21 déposées à ce jour mentionnent l'égalité entre hommes et femmes comme principe directeur du futur accord de Paris ». Ça craint, n'est-ce pas ?

« Le lien particulier entre le renforcement de l'autonomie et des droits des femmes et la lutte contre le réchauffement climatique n'est toujours pas universellement reconnu », déplore encore Mme Jouanno. Quelle surprise ! Quoi qu'elle en dise, à la lumière des arguments (si l'on peut dire) présentés dans son rapport, cela n'a vraiment rien d'évident... Ainsi les « conséquences du réchauffement climatique sur la santé des femmes » apparaitraient-elles « par exemple à travers leur exposition à la pollution de l'air domestique, accentuée par l'utilisation d'énergies polluantes pour la cuisson des aliments et le chauffage ». Or, dans le cas présent, ce n'est pas le réchauffement climatique qui est en cause, mais la qualité de l'air, preuve que la démonstration se veut très rigoureuse...

Entre autres recommandations, il est dit que « le soutien des savoir-faire traditionnels doit être renforcé dans la mise en œuvre des mesures d'adaptation et d'atténuation, car cette orientation met en valeur les compétences des femmes ». S'il convient effectivement de lutter contre le réchauffement climatique, et s'il s'avère que des savoir-faire traditionnels peuvent y aider, alors, oui, soutenons leurs dépositaires ! Mais pour leur valeur propre, pas en fonction du sexe de ceux qui les perpétuent... Nos sénateurs marchent sur la tête !

Marine Le Pen participera au prochain "happening" des Femen

1 octobre 2015

Passage en mode "Gorafi".

Marine Le Pen participera au prochain "happening" des Femen. « L'important n'est pas d'où nous venons, l'important est où nous voulons aller ensemble », s'est-elle justifiée, reprenant la formule de Max Gallo soufflée par Florian Philippot.

« Les militantes du mouvement Femen ont fait la preuve de leur courage et de leur lucidité en dénonçant la tenue d'un meeting islamiste à Pontoise, organisé avec la complicité de l'oligarchie politico-médiatique », a expliqué la présidente du Front national. « Elles auraient même toute leur place au sein du Rassemblement Bleu Marine », a-t-elle poursuivi.

Céline Pina sera-t-elle de la partie, elle aussi ? « Elle hésite à se dépoitrailler », regrette Marine Le Pen. « Mais en politique », a-t-elle martelé, « il faut savoir donner de sa personne ». « C'est cela, être une femme d'État », confirme un jeune militant frontiste. « Angela Merkel s'est laissé photographier les seins à l'air. Voyez jusqu'où cela l'a menée... Pour le plus grand bénéfice de l'Allemagne, et le malheur de la France... Marine, c'est un peu la Jeanne d'Arc des temps modernes, elle est de la même trempe que la chancelière ! » Dont acte.

En dépit du différend l'opposant à sa fille, Jean-Marie Le Pen lui-même aurait joué les entremetteurs. « Les Femen vont balader leurs gros nichons dans les églises, mais elles ne vont jamais dans les mosquées ni dans les synagogues », avait-il regretté à l'hiver dernier. En effet, pourquoi les chrétiens seraient-ils les seuls en profiter ? Approchées par le vieux Menhir libidineux – et jalouses, peut-être, de l'intérêt qu'il porte à la sculpturale Nabilla –, les "sextrémistes" lui auront donc prêté une oreille attentive. On comprend mieux, désormais, pourquoi Marine parlait de son père comme de la « petite Femen » du FN : c'était en fait leur ambassadeur !

Les modalités de cette prochaine manifestation "topless" restent tenues secrètes. Au préalable, cependant, Marine Le Pen devrait apparaître à la "une" de Playboy. « Il faut préparer la France à cette vision d'horreur », reconnaît Louis Aliot. Cette précaution suffira-t-elle à tempérer les inquiétudes qui s'expriment au sein du parti ? « On va rendre la France frigide », s'alarme un transfuge des Identitaires, pourfendeur du « grand remplacement ». « C'est encore un coup du funeste Philippot », dénonce un cadre issu de la "veille garde" du FN ; « avec ses potes homos », nous dit-il, « il espère rafler les voix des lesbiennes qui mouillent à la vue des camionneuses ».

« Pas du tout ! », s'insurge Gilbert Collard. « Bien au contraire », précise-t-il, « il s'agit d'un signal envoyé à La Manif pour tous » : « Marine respecte les traditions initiées par sa mère », explique l'avocat ; « c'est l'expression de notre attachement aux valeurs familiales ».

Affaire à suivre.

NB – Les citations de Max Gallo et de Jean-Marie Le Pen sont authentiques, ainsi que celle de Marine Le Pen parlant de la « petite Femen » du FN (ce sont les seules).

Mise à jourLe Monde dit à peu près la même chose que nous : « En s'attaquant frontalement à la religion musulmane, les Femen n'attisent-elles pas la flamme xénophobe du Front national ? », se demande notre consœur Catherine Vincent. L'accès à son article est payant, mais on devine que son propos à elle est à prendre au sérieux – du moins est-il censé l'être !

Le gouvernement veut interdire les statistiques sexuelles

16 mai 2015

Alors qu'un scandale portant sur des statistiques ethniques vient d'éclater à Béziers, le gouvernement entend doter la France des instruments juridiques qui lui permettront de réprimer avec la même fermeté la constitution de fichiers distinguant les individus selon leur sexe.

« Toutes les discriminations doivent être traitées sur un pied d'égalité »,a déclaré Mme Christiane Taubira, ministre de la Justice. « Les statistiques sexuelles se nourrissent des stéréotypes de genre autant qu'elles les entretiennent », a déploré Mme Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. En cela, a-t-elle expliqué, elles constituent « un obstacle à l'égalité réelle entre les hommes et les femmes ». Il faut en finir avec « le caractère fictionnel d'une théorie qui partage l'humanité entre deux groupes de sexe différent », ont martelé les représentants du gouvernement, citant, entre autres, les travaux du sociologue Mathieu Trachman, chercheur à l'Ined.

Christiane Taubira et Marisol Touraine ont promis qu'elles travailleraient d'arrache-pied pour présenter un texte dans les plus brefs délais. « Un projet de loi sera soumis à l'Assemblée nationale avant les vacances parlementaires », ont-elles annoncé. Une fois n'est pas coutume, son adoption devrait bénéficier d'un large consensus politique. À moins qu'une bataille s'engage sur les amendements déposés par l'UMP ?

« L'opposition ne se satisfera pas de demi-mesures », a prévenu Mme Marie-Jo Zimmermann, député de la Moselle. « Interdire les discriminations dans les statistiques, c'est bien », a-t-elle concédé. « Mais il faut aller plus loin. Des violences de genre sont infligées aux enfants dès leur plus jeune âge. Cette loi devra les faire cesser. Seuls des prénoms neutres devraient être attribués aux enfants à leur naissance. C'est seulement à leur majorité, après avoir construit leur identité de genre en toute liberté, que nos enfants devraient se choisir un prénom la reflétant. » Jean-Marie Andrès, président des Associations familiales catholiques, a d'ores et déjà mis en garde contre « une nouvelle intrusion de l'État dans la vie des familles ». Affaire à suivre... ou pas, selon que la réalité rattrape ou non la fiction ! 😉

Où sont les femmes ?

17 avril 2015

Les amateurs de bagnoles devront apparemment s'y habituer : dans les salons comme sur les circuits, les hôtesses aux tenues affriolantes vont se faire moins nombreuses.

Les Chinois sont pudibonds. De fait, les hôtesses seront, paraît-il, bannies du salon automobile de Shanghai, qui ouvrira ses portes mercredi prochain, 22 avril 2015. Ses organisateurs auraient demandé aux exposants « d'éviter d'amener des show girls, mais plutôt des conseillers commerciaux seniors habillés correctement », comme le rapporte Caradisiac. Les traditions se perdent. Y compris sur les circuits. « Vous ne verrez plus aucune grid girl sur la grille de départ », a annoncé Gérard Neveu, président du championnat du monde d'endurance (WEC). « Ce sera le cas dans toutes les courses que nous organiserons », a-t-il prévenu. « Pour moi », s'est-il justifié, « c'est du passé » : « les conditions des femmes sont quelque peu différentes maintenant ». Et pourtant... le septième volet de Fast and Furious cartonne toujours au cinéma !

Le "genre" vu par ses promoteurs

19 novembre 2014
Article publié dans L'Action Française 2000

Qu'est-ce que le genre ? Pourquoi cette notion fait-elle débat ?

Telles sont les questions auxquelles prétend répondre ce livre d'une centaine de pages. Dans l'esprit de ses auteurs, il s'agit de remettre quelques pendules à l'heure : « il est faux de laisser penser qu'il existerait une théorie du genre » – autrement dit, « un corpus idéologique homogène » –, explique Laure Berreni. Les "études de genre" n'en sont pas moins inspirées par la conviction qu'il existerait « un rapport de domination socialement construit des hommes sur les femmes ». Manifestement, ces recherches se prêtent aux hypothèses les plus hardies : « ce qui est particulièrement frappant », dans les manuels controversés de SVT (sciences de la vie et de la terre), remarque Laure Berreni, « c'est que la naturalité de la dichotomie mâle-femelle n'est pas ébranlée » ; quant à l'approche des masculinités de Connell, rapporte Mathieu Trachman, elle soulignerait « le caractère frictionnel d'une théorie qui partage l'humanité entre deux groupes de sexe différent ».

Évoquant son caractère historiquement militant, Laure Berreni soutient que «  la recherche "féministe" n'est [...] pas moins objective que la recherche mainstream », d'autant qu'« elle explicite ses présupposés politiques au lieu de les masquer ». « En dénaturalisant la différence des sexes », renchérit Éric Fassin, le "genre" serait « désormais un outil scientifique, en même temps qu'une arme politique, au service de la critique des normes ». Selon lui, « il s'agit bien de savoir si cet ordre est fondé, une fois pour toutes, par un principe transcendant ». « Tel est in fine l'enjeu », conclut-il : « l'extension de la logique démocratique au domaine sexuel ». Cette perspective est-elle censée nous rassurer ? Selon Maurras, rappelons-le, « la démocratie c'est le mal, la démocratie c'est la mort ».

Sous la direction de Laure Bereni et Mathieu Trachman, Le Genre – Théories et controverses, Presses universitaires de France, 112 pages, 8,50 euros.

Genre : en route vers la dictature ?

11 novembre 2014
Article publié dans L'Action Française 2000

Un énième rapport « relatif à la lutte contre les stéréotypes » a été remis au gouvernement.

S'exprimant au nom du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH), ses auteurs promeuvent « la budgétisation sensible à l'égalité femmes-hommes, et en particulier le mécanisme d'"éga-conditionnalité" des financements publics », en vertu duquel ceux-ci seraient subordonnés « au respect de l'égalité femmes-hommes et à la lutte contre les stéréotypes de sexe ».

« Les biens et services publics financés doivent bénéficier de manière égale aux femmes et aux hommes », soutiennent les rapporteurs, qui donnent en exemple la ville de Toulouse, dont la municipalité « s'est donné pour objectif d'opérer un rééquilibrage de l'attribution des subventions en faveur des associations sportives de femmes ». Selon eux, une telle démarche devrait inspirer l'ensemble des politiques publiques. Naturellement, la priorité est donnée à l'École : « à court terme », les collectivités locales finançant l'achat de manuels scolaires devraient veiller à ce que ceux-ci assurent, entre autres, « la valorisation des femmes dans l'histoire des savoirs ». L'enjeu serait « de faire coexister un moyen terme entre le respect du principe constitutionnel de la liberté d'expression [...] et le principe constitutionnel du respect de la dignité de la personne humaine ». Vraisemblablement aux dépens du premier de ces principes. « Hormis le début de caractérisation du sexisme ordinaire en droit du travail », déplorent les rapporteurs, « les propos, "blagues", ou comportements sexistes, ne sont pas visés en tant que tels par le droit ».

« La budgétisation sensible à l'égalité femmes-hommes ne constitue en aucune manière une remise en question de l'universalisme républicain », se défendent-ils. De leur point de vue, « tant que l'égalité n'est pas atteinte, et que les réalités des femmes et des hommes sont différentes et inégalitaires, alors les politiques publiques ne peuvent être neutres ». Quant aux inquiétudes soulevées par la poursuite d'une pareille utopie, elles sont balayées avec mépris : la hantise « de l'indifférenciation des sexes et du risque du déséquilibre psychique et social » ne serait qu'une « ritournelle historique ». Vraiment ?

Ayatollah – Dans les années quatre-vingt, Yvette Roudy, ministre des Droits des femmes, avait proposé une législation « antisexiste » ouvrant la voie à de nouvelles poursuites pénales, comme le rappelle le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH) dans le rapport présenté ci-dessus. Adopté en conseil des ministres, ce projet de loi avait « provoqué chez les médias une réaction unanime d'une rare violence ». Si bien qu'il ne fut jamais inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. « Les journaux comparèrent Yvette Roudy à l'ayatollah Khomeny », rapporte le HCEFH. Preuve que les temps ont changé, nos confrères de Valeurs actuelles se sont exposés aux pires suspicions pour avoir fait de même avec Najat Vallaud-Belkacem... Depuis 2004, souligne d'ailleurs le HCEFH, « l'intégralité des dispositions de ce projet de loi figure dans notre législation ».