18 novembre 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
La prise en charge des frais de scolarité des Français de
l'étranger menace-t-elle les lycées placés sous la houlette du Quai
d'Orsay ?
Constatant leur fragile équilibre budgétaire, beaucoup s'en
sont inquiétés. Ce faisant, ils auraient mené « une campagne
de dénigrement et de désinformation sans précédent » selon
Geneviève Colot, député de l'Essonne, et Sophie Joissains, sénateur des
Bouches-du-Rhône, auteurs d'un rapport remis le 3 novembre au
président de la République.
L'Agence pour l'enseignement français à l'étranger regroupe
près de cinq cents établissements répartis dans
cent trente pays, accueillant plus de 100 000 élèves
de toutes nationalités. Moins de la moitié seraient de jeunes Français,
dont la prise en charge (PEC) des frais de scolarité figurerait dans
les programmes présidentiels depuis 1981. Nicolas Sarkozy se
targuera-t-il à nouveau de tenir, outre ses propres promesses, celles
de ses prédécesseurs ? De fait, leur mise en œuvre est
entamée : débutée il y a trois ans, la prise en charge
concerne aujourd'hui l'ensemble du second cycle.
« La presse nationale s'est fait largement l'écho des
craintes de voir la PEC provoquer un tel afflux de jeunes Français que
les élèves étrangers seraient rejetés », rappellent les
rapporteurs. Or, les faits auraient contredit ce pronostic :
« Non seulement l'équilibre demeure, mais dans le second
cycle, concerné par la PEC le pourcentage des Français a même
légèrement baissé. »
Le retrait des entreprises ne serait pas vérifié
Un autre crainte portait sur le désengagement des entreprises.
Mais « cet effet pervers supposé ne s'est pas
vérifié », affirment encore les parlementaires. « Il
n'y a que les entrepreneurs individuels qui pour l'heure se retirent,
ce qui est dans la logique de la mesure et concrètement un des
objectifs visés par le président de la République. Parmi les grosses
sociétés seules cinq sur deux cents se sont retirées sur
instructions du siège. Le cercle Magellan, qui regroupe les
investisseurs à l'étranger [...] fait remarquer que la politique
salariale des grosses entreprises est globale pour l'ensemble des
salariés ; ceux-ci étant de nationalités diverses, il est
difficilement imaginable qu'elles la modifient spécifiquement pour les
français. C'est un des arguments essentiels d'une politique de
management attractive. »
Saluant « une mesure appréciée et attendue des
familles », Geneviève Colot et Sophie Joissains mettent
toutefois en garde contre « le dérapage des
bourses », dont il conviendrait de réviser les critères
d'attribution. Pour parer aux "effets d'aubaine" observés dans certains
établissements, elles proposent également de cantonner la prise en
charge aux montant des frais de 2007-2008. Comprenant les exigences
budgétaires, les parents d'élèves auditionnés ne seraient pas hostiles
au principe du plafonnement par établissement. « Ce système
qu'il est nécessaire d'actualiser chaque année par un taux d'inflation
de 3 %, est en fin de compte relativement proche de celui
appliqué à l'enseignement privé sous contrat tel que nous le
connaissons en France », expliquent les rapporteurs. Lesquels
préconisent de limiter temporairement la prise en charge aux classes de
lycée. Une idée chère aux détracteurs qu'ils ont vilipendés en versant
dans une polémique déplacée.
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1 juillet 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Débat à l'Assemblée sur la force de gendarmerie européenne.
La commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale
a examiné le 23 juin le projet de loi autorisant la
ratification d'un traité entre la France, l'Espagne, l'Italie, les
Pays-Bas et le Portugal, portant création de la force de gendarmerie
européenne Eurogendfor. Laquelle s'est choisi l'anglais comme langue de
travail, au risque de froisser Jacques Myard... D'autant que
« ce n'est la langue d'aucun des États
signataires ! » « Nos forces doivent
employer le français », a proclamé le député des Yvelines, qui
a prétendu « déposer un amendement en ce sens »,
fût-il irrecevable.
Tandis que Mme Élisabeth Guigou regrettait que cette force se
mette en place en marge des institutions de l'Union européenne, le
rapporteur Alain Néri a souligné que « le format restreint de
la coopération peut aussi être un gage de réactivité et
d'efficacité ».
Patrick Labaune s'est interrogé : « Avec le
rapprochement entre police et gendarmerie sous l'autorité unique du
ministère de l'Intérieur, faut-il comprendre que ce ministère devient
compétent pour des opérations extérieures ? » « J'ai
l'impression que le mieux serait encore de rattacher cette force au
ministère du tourisme ! », a même lancé Patrick
Balkany, sceptique. « Il est vrai qu'il ne s'agit que d'un
petit pas », a reconnu Axel Poniatowski, le président de la
commission des Affaires étrangères. « Néanmoins, lorsque cette
force de gendarmerie européenne est intervenue à Haïti après le
tremblement de terre, son action dans la lutte contre les pillards a
été très utile et appréciée. »
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18 mars 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Tandis que la Francophonie fête son quarantième anniversaire,
alors que ses adhérents ont renforcé leur poids dans l'UE, le français
perd du terrain en Europe depuis les derniers élargissements. Qu'en
est-il, désormais, de son usage dans les institutions de
l'Union ?
Samedi 20 mars sera célébrée la journée
internationale de la Francophonie, quarante ans après la signature du
traité à l'origine de l'organisation éponyme (l'OIF). Plusieurs
centaines d'événements sont annoncés sur le Vieux-Continent pour fêter
cet anniversaire. Outre la France, l'Union européenne compte quatorze
États membres appartenant à l'OIF : cinq membres à part
entière avec la Belgique, la Bulgarie, la Grèce, le Luxembourg et la
Roumanie ; un membre associé, Chypre ; et huit pays
observateurs, l'Autriche, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la
Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie.
Paradoxe
À la faveur des derniers élargissements, les ressortissants de
la francophonie institutionnelle ont accru leur présence dans l'Union.
Une chance pour la langue de Molière ? Loin s'en faut. The
more languages, the more english ! « La
logique est en effet implacable, commente Astrid von Busekist.
L'anglais possède la plus grande centralité (la proportion de locuteurs
multilingues compétents en anglais en tant que langue seconde), bien
qu'il ne possède pas la plus grande prévalence (la proportion de natifs
d'une langue, soit les locuteurs des [...] langues
européennes). » (Dictionnaire critique de l'Union
européenne, Armand Colin)
« L'année 2009 a confirmé la tendance observée depuis
plusieurs années au sein de l'UE », souligne le rapport au
Parlement sur l'emploi de la langue française diffusé par la Délégation
générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF).
« Sous l'effet de l'élargissement de 2004, on assiste à un
renforcement des positions de l'anglais et à une érosion parallèle de
celles de notre langue et, plus encore, des autres langues. »
On relève quelques nuances selon les institutions, voire les
rotations de la présidence semestrielle. « La part du français
est logiquement plus élevée au cours des présidences francophones.
Cependant, même lorsque cette langue est le français, il arrive que le
projet rédigé par le secrétariat général du Conseil (SGC) soit en
anglais, ce qui révèle un affaiblissement de la capacité de rédaction
des fonctionnaires du SGC dans notre langue. En matière
d'interprétation en revanche, les règles en vigueur font toute sa place
au français et demeurent appliquées très strictement. » Selon
le sénateur Jacques Legendre, auteur d'un rapport déposé le
11 mars 2009, « un bilinguisme traditionnel
anglais-français » caractériserait les réunions des groupes de
travail sur la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC).
Sera-t-il remis en cause par la nomination d'une Britannique au poste
de Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de
sécurité ? La langue de Shakespeare est en tout cas la seule
qui lui soit familière.
Un déclin flagrant
Conformément à son "manuel des procédures opérationnelles", la
Commission s'appuie sur trois langues de travail. Selon la DGLFLF,
« l'examen des documents traduits au cours de cinq dernières
années montre que les élargissements et le passage consécutif de onze à
vingt-trois langues officielles ont été suivis à la fois d'une
accélération du recours à l'anglais et d'un recul sensible du français
et de l'allemand ». Entre 1996 et 2008, la proportion de
documents rédigés initialement en français est passée de 38 à
11,9 %, tandis que l'anglais progressait de 45,7 à
73,55 %.
Dans la salle de presse du Berlaymont (le siège de la
Commission), le français aurait jadis régné sans partage. Dorénavant,
il serait utilisé à parts égales avec l'anglais, rapporte la DGLFLF. Le
président de la Commission, José Manuel Durao Barroso, aurait pourtant
confié que lorsqu'il pratiquait la langue de Molière devant la presse,
« cela créait des remous dans la salle » (Coulisses
de Bruxelles, 18/01/2010). Notre confrère Jean Quatremer,
correspondant de Libération à Bruxelles, a d'ailleurs tiré la sonnette
d'alarme à plusieurs reprises.
Le déclin est moindre au Parlement européen, dont le tiers du
budget est consacré aux dépenses de traduction et d'interprétation.
« L'obligation d'interprétation est systématiquement respectée
pour le français », affirme la DGLFLF. Un seul manquement
aurait été signalé en 2009, « au sein d'une commission, dû à
la configuration technique de la salle et à l'absence attendue de
députés français ». Pour autant, poursuit la Délégation,
« l'approche plus flexible adoptée concernant les documents et
réunions préparatoires contribue à renforcer le rôle de l'anglais [...]
comme la langue de travail des contacts informels. [...] Par ailleurs,
la possibilité de disposer d'une version en français des amendements
aux projets de textes dépend du temps dont disposent les services de
traduction. »
Jacques Legendre rappelle « l'importance des usages
linguistiques à l'occasion de réunions informelles, que ce soit entre
ministres ou encore lors d'interruptions de séance au cours desquelles
les délégués des États membres ont l'opportunité de se concerter sur
leurs positions ». À cet égard, le français serait
« sensiblement plus présent [...], en particulier lorsqu'il
s'agit de se consulter entre délégués de pays de langue latine ou de
pays associés à l'espace francophone ».
Dans ce contexte, la Cour de justice ferait presque figure
d'ilot préservé. Traditionnellement, la langue de Molière y est
employée pour délibérer. « Cette situation n'est pas
nécessairement neutre en termes d'effets sur la
jurisprudence » remarque le parlementaire, « la Cour
étant en effet susceptible d'être plus sensible à la tradition du droit
romano-germanique qu'à la tradition juridique anglo-saxonne, inspirée
de la Common law. Le français dispose ainsi d'une position privilégiée
au sein d'une institution de quelque 1 800 agents. »
« La langue ne se résume pas, en effet, à un simple
instrument de communication », martèle le parlementaire.
« Elle est également le vecteur d'expression de cultures
politiques, juridiques et économiques spécifiques aux pays dont elle
est la langue naturelle. [...] À l'évidence, la prédominance d'une
langue, notamment dans le cadre de négociations diplomatiques,
constitue un levier d'influence majeur. »
Une âme québecoise
Nos politiques en ont-ils conscience ? Le cas
échéant, ils devraient compter avec de fortes pressions en faveur du
"tout anglais". « La traduction des documents officiels coûte
65 millions d'euros par an et par État membre », a estimé
Astrid von Busekist. « Pour huit des vingt langues
[vingt-trois désormais...], le coût de la traduction dépasse
25 euros par citoyen et [il] atteint 980 euros pour chaque
citoyen maltais. »
Jean-Pierre Raffarin s'est rendu à Bruxelles le
14 janvier, où il a rencontré les présidents du Conseil
européen, de la Commission et du Parlement. En qualité de "représentant
personnel du président de la République, il entendait défendre auprès
d'eux l'usage du français dans les institutions européennes.
« Le français ne recule que lorsque l'offre de français est
insuffisante », a proclamé l'ancien Premier ministre.
« Quand, dans une ville du monde, on ouvre une école
française, les capacités d'accueil sont immédiatement saturées. Quand
dans une institution on fragilise le français, ce sont les valeurs du
pluralisme et de l'humanisme qui sont étouffées. » Et de
lancer : « Pour le combat du français et de la
francophonie, j'ai l'âme résistante, l'âme
québécoise ! »
Le secrétariat général aux Affaires européennes signalerait
systématiquement les entorses faites au multilinguisme institutionnel
en rédigeant une protestation destinée à l'organisme pris en défaut. En
règle générale, si l'on en croit la DGLFLF, « ces initiatives
portent leurs fruits s'agissant de la publication d'annonces de
recrutement spécifiant que les candidats doivent obligatoirement être
de langue maternelle anglaise et de la publication d'appels d'offres en
anglais, d'autant plus que, dans ce dernier cas, le Commission a
l'obligation de les publier au Journal officiel de l'Union européenne.
À titre d'exemple, le secrétariat général aux affaires européennes est
intervenu, après avoir été saisi par le Centre national de la recherche
scientifique, dans le cas d'appels d'offres exigeant une réponse [...]
en anglais. »
Formons, formons !
Astrid von Busekist voudrait imposer la combinaison de
l'anglais, du français et de l'allemand « car c'est celle qui exclut le
moins : 19 % seulement des citoyens de l'Union des
quinze ne possèdent aucune de ces trois langues et ce taux s'élève à
26 % dans l'UE des vingt-cinq ». En soutenant un tel
projet, la France s'attirerait toutefois les foudres de moult
partenaires. Tout particulièrement l'Espagne, l'Italie, le Portugal,
les Pays-Bas et la Pologne, précise M. Legendre. Lequel
« invite les pouvoirs publics français à la plus grande
prudence dans leurs démarches en faveur du seul français [...], en
soulignant notamment la nécessité de ménager la susceptibilité d'autres
langues sensiblement négligées dans le processus décisionnel européen.
Il s'agit d'envisager la promotion de la diversité linguistique dans sa
globalité et de ne pas se limiter à un combat vain et naïf fondé sur un
antagonisme systématique entre le français et l'anglais. »
La priorité doit être accordée à la formation, notamment en
direction des fonctionnaires étrangers. La mise en œuvre d'un "plan
pluriannuel d'action pour le français en Europe" avec la Communauté
française de Belgique, le Luxembourg et l'OIF s'inscrit dans cette
démarche. Le budget de ce programme s'est élevé à 2,3 millions
d'euros en 2008. Ne négligeons pas non plus la formation de nos
compatriotes aux langues étrangères : anticipant de prochains
départs en retraite, la Commission européenne s'était inquiétée, le
23 septembre dernier, d'une pénurie sérieuse d'interprètes de
langue française pour les cinq à dix ans qui viennent...
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25 janvier 2010
Le président du Conseil européen vient d'ouvrir une
grand'messe de la francophonie. Aperçu de son intervention.
Le président du Conseil européen était à Paris aujourd'hui.
Nous avons assisté à son discours prononcé en ouverture du
23e colloque international de l'Alliance française. Herman Van
Rompuy fut introduit par le président de la fondation, Jean-Pierre de
Launoit, qui brossa, non sans complicité, le portrait d'un homme au
« regard pétillant et malicieux ». Lequel nous confia
qu'il avait appris le français dans la rue ; pour ce Belge
issu d'une famille néerlandophone, la langue de Molière fut d'abord
celle « du quartier et des terrains de football ».
Évoquant « une époque de mutations
profondes », l'ancien Premier ministre belge s'est interrogé
sur le rapport à la culture qui en émergerait. Tout en observant la
« McDonaldisation » de l'Europe et du monde, il s'est
prémuni des « oppositions stériles » –
« Google contre Proust », « la Silicon
Valley contre Venise », etc. « Avec le mot
"Amérique", je risque de toucher un point sensible » avait-il
prévenu. La culture du Nouveau Monde lui apparaît « riche à
bien des égards ». Il n'en demeure pas moins un promoteur des
Humanités.
Revenant sur « la longue histoire de notre
continent », le président du Conseil européen a retenu
quelques périodes d'unification, auxquelles succédèrent des
éclatements : la chrétienté du Moyen Âge, où la même liturgie
était célébrée partout en Europe dans la même langue – un symbole parmi
d'autres d'« une vraie "standardisation
culturelle" » ; la République des Lettres, née d'une
Renaissance préparée par la redécouverte d'Aristote par saint Thomas
d'Aquin ; l'Empire napoléonien. La présent serait
« le résultat de ce double mouvement ».
Herman Van Rompuy s'est attaché à décrire « une tension
permanente entre l'universel et le particulier » qu'il juge
caractéristique de l'héritage européen.
Fustigeant – gentiment – l'utopie de Julien Benda, promoteur
d'une langue commune à tout le continent, il a déclaré lui préférer la
« sagesse » d'un Denis de Rougemont, qu'il découvrit
chez les Jésuites dans les années soixante. « L'Europe ne peut
pas fonctionner sur le modèle de l'État-nation », a-t-il
observé. D'autant que « les États membres veulent être
ensemble ; ils ne veulent pas être un ». Une
distinction que les souverainistes jugeront sans doute trop subtile.
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21 janvier 2010
Jean-Pierre Raffarin défend l'usage du français dans les
institutions européennes.
Jean-Pierre Raffarin s'est rendu à Bruxelles le
14 janvier, où il a rencontré les présidents du Conseil
européen, de la Commission et du Parlement. « En qualité de
"représentant personnel du président de la République" », il
entendait défendre auprès d'eux l'usage du français dans les
institutions européennes.
« Le français ne recule que lorsque l'offre de
français est insuffisante », proclame
l'ancien Premier ministre. « Quand, dans une ville
du monde, on ouvre une école française, les capacités d'accueil sont
immédiatement saturées. Quand dans une institution on fragilise le
français, ce sont les valeurs du pluralisme et de l'humanisme qui sont
étouffées. » Et de lancer : « Pour le combat
du français et de la francophonie, j'ai l'âme résistante, l'âme
québécoise ! »
Les discussions ont porté sur l'amélioration de la
signalétique du Parlement européen, la valorisation des travaux du
forum des députés francophones, la célébration par l'Union de la
journée internationale de la Francophonie le 20 mars, la
formation au français des responsables européens...
Au cours de son déplacement, Jean-Pierre Raffarin s'est
entretenu avec des journalistes « extrêmement las de constater
le déclin du français dans les salles de presse de l'Europe ».
Tel
Jean Quatremer, qui fustigea encore tout récemment la
présidence espagnole du Conseil, coupable de proposer
des traductions uniquement vers l'anglais : « Rien pour
le français, rien pour l'allemand pourtant les deux autres langues de
travail de l'Union. » Son
confrère Nicolas Gros-Verheyde élève lui aussi des
protestations : « On savait déjà que toutes les
missions de l'Europe de la défense communiquaient essentiellement en
anglais. Maintenant, c'est un fait avéré : elles communiquent
uniquement en anglais, que ce soit sur leurs sites Internet ou [dans]
leurs communiqués à la presse. Il en est de même pour les agences.
[...] Catherine Ashton a, elle, adopté le monolinguisme universel et se
fait un devoir de ne pas parler d'autre langue [que l'anglais]. Mieux.
Pour l'action européenne sur le séisme en Haïti, la majorité de la
communication s'est faite, jusqu'ici, en anglais (un comble pour un
pays francophone). » « C'est vrai que cela permet de
douter du degré de sensibilité et de finesse de la prochaine diplomatie
européenne », commente l'ancien Premier ministre...
Selon lui, « la francophonie doit, sans doute, entrer
dans une nouvelle phase de son action ». « Il faut se
montrer plus intransigeant », affirme-t-il encore sur
son blog. À la demande du chef de l'État, il a entamé une
tournée des organisations internationales pour y défendre l'usage du
français. Prochaine étape : New York, où il
rencontrera les représentants des Nations Unies début février.
Souhaitons-lui bon voyage !
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