Verdun souillé par les nationalistes

25 mai 2016

Billet d'humeur au titre délibérément racoleur.

Le Sénat vient de rejeter hier (mardi 24 mai 2016) l'aménagement des quotas de chansons francophones à la radio qu'avait proposé le Gouvernement. Quel rapport avec Verdun, nous direz-vous ? Il s'agit de revisser un dispositif mis en place dans les années quatre-vingt-dix, dont l'incidence fut déterminante dans l'émergence du rap en France, à la faveur d'un pari gagné par Skyrock et son directeur des programmes, Laurent Bounneau. Autrement dit, sans ces quotas institués par Jacques Toubon, peut-être Black M n'aurait-il jamais percé. Sans doute le protectionnisme ne produit-il pas toujours les effets escomptés...

Cela étant, si d'autres voies avaient été empruntées par l'industrie musicale, d'autres candidats se seraient vraisemblablement présentés pour animer cet événement festif que constitue, assurément, la commémoration d'une bataille si sanglante. Force est de le constater : l'indécence est une vertu communément partagée, comme en témoigne l'indignation qu'elle a elle-même suscitée. Beaucoup se sont déchaînés contre ce malheureux rappeur ; mais rares sont ceux qui auront porté un quelconque intérêt à la multiplicité des manifestations organisées à l'occasion de ce centenaire (votre serviteur ne fait pas exception, sinon par nécessité professionnelle). Ce satané concert étant annulé, nulle protestation n'étant donc à l'ordre du jour, il n'y a plus guère de raison d'aller à Verdun, nous souffle-t-on à l'oreille. CQFD.

Pourquoi avoir peur de l'extrême droite ? Elle est déjà au pouvoir !

11 décembre 2015

Un billet écrit à l'arrache... Ironie mise à part, la situation s'avère sidérante, voire inquiétante.

Tout à l'heure (10 décembre 2015), sur France Info, les "Informés" en étaient encore à agiter l'épouvantail fasciste. Il y était question de la « toxicité » du programme du Front national et des malheurs qui s'abattraient sur les régions qui sombreraient sous sa botte.

La bête immonde serait donc aux portes du pouvoir.

Comme si elle ne rôdait pas déjà dans ses arcanes !

Nos parlementaires ont voté l'état d'urgence, tout comme leurs prédécesseurs élus sous le signe du Front populaire avaient confié les pleins pouvoirs au maréchal Pétain ; tout comme les sénateurs de la République galactique sont censés l'avoir fait au bénéfice du chancelier Papatine – aujourd'hui comme hier, « sous une pluie d'applaudissements », au grand dam de Padmé !

Dans une indifférence relative, la police défonce des portes et saccage des logements ; des activistes écolos sont traités comme des criminels ; des gamins sont jetés en prison pour avoir pété les plombs sur Twitter ou bien exprimé leur opinion dans un "débat" auquel ils étaient forcés d'assister ; on menace de retirer leur nationalité à des Français de naissance ; nos compatriotes musulmans sont pointés du doigt et sommes de s'excuser pour des crimes commis par des barbares qu'ils n'ont jamais rencontrés. Bientôt la loi des suspects ? On y est presque, avec ces fameuses fiches S dont beaucoup voudraient qu'elles aient valeur de condamnation !

À la radio, votre serviteur entend une femme tomber en sanglot, non pas choquée par l'injustice dont son voisin serait victime, mais horrifiée parce que Marine Le Pen et ses copains pourraient bientôt partager les prébendes que d'autres partis se réservaient jusqu'alors jalousement.

La France a le sens des priorités.

Déchéance de nationalité : la gauche fidèle à ses idéaux

3 décembre 2015

N'en déplaise à certains socialistes indignés, déchoir des Français de leur nationalité participerait d'une démarche typiquement progressiste.

À l'instant, sur France Info (Les Informés, émission animée par Jean-Mathieu Pernin, 3 décembre 2015), un certain nombre d'intervenants s'étonnent – et même s'émeuvent – qu'un pouvoir socialiste envisage de déchoir de leur nationalité des individus nés français. En effet, un projet de révision de la Constitution devrait être présenté prochainement en ce sens.

François Hollande et son gouvernement ne sont pas animés par des motivations idéologiques, mais politiques : il s'agit de flatter une opinion publique xénophobe, donner l'illusion d'une action résolue contre le terrorisme, couper l'herbe sous le pied de l'opposition, etc. Cependant, n'est-est-ce pas à gauche, un peu plus qu'ailleurs, qu'on nous explique qu'être français, ce serait, précisément, adhérer à des "valeurs", en l'occurrence celles de la République ?

Dans cette perspective, la participation à l'organisation d'un attentat exprimant manifestement leur reniement, c'est tout naturellement qu'elle devrait se traduire, juridiquement, par la déchéance de nationalité. Autrement dit, il s'agirait de prendre acte d'un choix délibéré, en application d'une conception volontariste de la nationalité.

Ce serait donc une mesure progressiste, émancipant l'individu d'un héritage imposé par sa naissance. Tout comme la lutte contre les "stéréotypes" est censée l'affranchir de déterminismes sociaux, voire biologiques, par exemple.

De notre point de vue, cela n'est pas à son honneur, mais force est de le constater : sous la houlette de François Hollande, la gauche demeure fidèle à ses idéaux.

A priori, les Blancs sont d'une intelligence supérieure

30 septembre 2015

A priori, les Blancs sont d'une intelligence supérieure. La preuve avec Nadine Morano ?

Dans le numéro de L'AF2K bouclé la nuit dernière, à paraître demain (1er octobre 2015), la page centrale est consacrée aux parodies et autres détournements faisant le bonheur des réseaux sociaux... Cela donne des idées !

Au passage, rendons à César... Si Nadine Morano prétend s'inspirer du général De Gaulle, à la faveur d'une citation rapportée par Alain Peyrefitte (et seulement par lui...), peut-être Henry de Lesquen a-t-il contribué à jouer les entremetteurs.

« C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. »

Le président de Radio Courtoisie le répète à longueur d'antenne, prenant un malin plaisir à imiter la diction du général De Gaulle !

Mais pourquoi s'obstiner à manier un terme nourrissant tant d'ambiguïtés, sinon dans le but délibéré de les entretenir ? Sans doute les mots ont-il changé de sens. Mais n'en déplaise aux réactionnaires, tout n'était pas mieux avant.

NB – À lire sur le site de Sciences et Avenir : « Le concept de race peut-il s'appliquer aux humains ? »

Macron président !

26 septembre 2015

Des citoyens de gauche comme de droite, issus de toute la France, désireux non pas de battre un parti au profit d'un autre, mais de servir leur pays, s'engagent pour le redressement national.

Pour le redressement national, Macron président !

Trop, c'est trop : ras-le-bol de l'immobilisme et du sectarisme ! De déclarations en déclarations, Emmanuel Macron est devenu le héraut inespéré d'une politique de redressement national.

Il s'en est pris au carcan des trente-cinq heures, et le voilà qui propose d'assouplir les rigidités du marché du travail.

Il ouvre, en fait, la voie vers une société de libertés : accroissement des responsabilités offertes à chacun, réhabilitation de la négociation au sein des entreprisses, nouvelles perspectives d'emploi...

Faut-il énumérer, outre les trois cent huit articles de sa loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, les plus notables de ses déclarations rompant avec l'immobilisme et le sectarisme ?

En octobre 2013, dans un entretien à Mediapart, il invite à « revisiter un des réflexes de la gauche, selon lequel l'entreprise est le lieu de la lutte des classes et d'un désalignement profond d'intérêts » ; constant que « la société statutaire où tout sera prévu va inexorablement disparaître », il appelle à réagir en conséquence, afin de donner « la possibilité aux individus de faire face, même aux coups durs ».

En janvier 2015, dans un entretien aux Échos, tandis que les professionnels de la politique se satisfont manifestement du chômage de masse, incitant la population à la résignation, il déclare qu'« il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires ».

En juillet 2015, dans un entretien à l'hebdomadaire Le 1, il observe qu'« il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent » ; « dans la politique française », explique-t-il, « cet absent est la figure du roi » dont il « pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort ».

Sans parler de sa dernière sortie, aussi courageuse qu'inattendue, sur le statut de la fonction publique...

Bravo, mille fois bravo ! Des ministres ont été écartés pour bien moins que cela. La démagogie passéiste n'est plus supportable. Si l'on veut sauver la France du désastre, il faut s'appuyer sur Macron. Si l'on veut dépasser les clivages partisans, cela peut se faire avec l'aide de Macron.

Nous appelons à ce qu'il reste au gouvernement, qu'il en prenne même la direction, puis qu'il succède au président de la République à la tête de l'État. Ce serait "le" signal positif, indispensable, pour enfin changer durablement de cap, revenir à des positions saines pour toute la France.

Pour la France, Macron président !

Source : www.macron-president.fr (il s'agit d'une réponse au manifeste appelant à la démission d'Emmanuel Macron apparu quelques heures plus tôt).

Premières miscellanées d'été

26 juin 2015

En bref : l'idéologie poussée à son comble ; les électeurs du Front national moins jacobins qu'on aurait pu le craindre ; une réforme en Suisse sur le financement de l'audiovisuel public.

Idéologie

Le mois prochain devrait se tenir le procès d'un ancien responsable du Front national de Seine-et-Marne, accusé, entre autres, d'avoir incendié pas moins de treize voitures dans la nuit du 7 au 8 avril derniers. Cela afin d'illustrer l'insécurité censée régner dans sa commune de Mitry-Mory ! Ce type a fait très fort, mais il n'est pas le seul à agir de la sorte. Témoignage personnel : des militants d'extrême nous ont déjà rapporté avoir diffusé des autocollants avec la mention « on va te niquer ta race sale français » – pour « faire réagir nos concitoyens », comme ils me l'avaient expliqué. Preuve que la réalité n'y suffisait pas... Les tenants de la "réinformation" s'inscrivent dans leur sillage. Surpris à véhiculer de fausses informations (visant à dénigrer Najat Vallaud-Belkacem ou nos compatriotes musulmans, par exemple), ils se justifient sans trop de complexes en arguant de la prétendue crédibilité des rumeurs. Crédibilité qui n'a de valeur qu'au regard de leur idéologie, dont tout cela illustre, précisément, l'acception la plus caricaturale.

Régionalisme

« 72% des Français se disent favorables à la reconnaissance officielle des langues régionales. » Chez les sympathisants du Front national, cette proportion atteindrait même 76 % ! Peut-être les électeurs du FN sont-ils moins jacobins que les dirigeants du parti ne prétendent l'être eux-mêmes ? Selon Florian Philippot, en effet, la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires ne constituerait rien de moins qu'un « nouvel attentat contre l'unité de la France et l'indivisibilité de la République ». Les populistes ont le sens de la mesure !

Redevance

« Les électeurs suisse ont adopté de justesse une modification du système de redevance pour la radio télévision qui fera que tout foyer devra payer même s'il n'a ni téléviseur ni radio. » Appliquée en France, une telle mesure ne ferait pas les affaires de votre serviteur. Mais si l'entretien d'une télévision publique relevait effectivement du bien commun (avec des si...), l'ensemble des contribuables ne devraient-ils pas participer à son financement ? La situation actuelle s'avère manifestement aberrante. Loin de nous, cependant, l'idée qu'il conviendrait de racketter les quelques marginaux réfractaires à l'achat d'un téléviseur. Que l'État se débarrasse plutôt du boulet de France Télévision ! La production de Plus belle la vie payée par les impôts, franchement, ça craint...

Challenges n'aime pas les royalistes

23 juin 2015

Allez, un peu de polémique ! Une réponse succincte à Bruno Roger-Petit...

Nos confères de Challenges n'aiment pas les royalistes. Leur péché, selon la tribune inquisitoriale publiée aujourd'hui même par Bruno Roger-Petit ? Établir une distinction entre la France et la République.

Il est est vrai que leurs convictions les y condamnent fatalement, de la même façon qu'à l'étranger, des républicains sont bien obligés de dissiper la confusion entretenue par l'histoire entre la monarchie et la Belgique, l'Espagne ou le Royaume-Uni...

Ce péché, donc, Marion Maréchal-Le Pen vient de le confesser. C'est pourquoi, avec elle, selon Bruno Roger-Petit, on serait « bel et bien de retour dans le salon de Maurras, bien loin de la libraire-papeterie de Poujade ou de la tombe du général à Colombey-les-deux-Églises » – comme si celui-ci n'avait pas été influencé par l'Action française...

Or, cette distinction établie entre la France et la République, ce serait « un cri de ralliement lancé à ce que l'extrême droite française a toujours produit de pire depuis deux siècles ». Charles Maurras, mais aussi Pierre Boutang, Thierry Ardisson, Stéphane Bern ou Steevy Boulay, par exemple, sans parler du colonel Rémy ou d'Honoré d'Estienne d'Orves : des gens aux idées « pires » que celles d'Henry Coston, Édouard Drumont, Joseph Arthur de Gobineau, etc. ?

Ah, les goûts et les couleurs !

NB – Marion Maréchal-Le Pen prétend ne pas comprendre pourquoi la "République " a tellement la cote. De notre point de vue, la réponse est simple : c'est à cause de l'islam ! La hantise qu'il inspire s'abrite derrière la paravent de la laïcité, qui est censée être consubstantielle à la République, mais dont l'invocation contribue manifestement à en exclure un nombre croissant de nos compatriotes...

Christian Estrosi : ennemi des libertés, complice des islamistes

18 avril 2015

Tentant d'exploiter à leur profit la hantise croissante de l'islam, des députés UMP le stigmatisent sans craindre de promouvoir ses déclinaisons les plus radicales, ni de sacrifier les libertés – et cela à l'aide d'une argumentation pour le moins inconséquente.

L'UMP n'en finit pas de verser dans le populisme islamophobe. Une trentaine de députés, Christian Estrosi en tête, ont ainsi présenté une proposition de loi « visant à transformer en délit le port du voile intégral ». Dans leur esprit, la liberté des uns ne s'arrête pas là où commence celle des autres, mais à la frontière d'un « pacte républicain » défini à leur convenance. Dans cette perspective, étant donné qu'il traduirait « un refus ostensible de l'égalité entre les hommes et les femmes », le port du voile intégral constituerait « une atteinte à la dignité de la personne », et cela « qu'il soit subi ou accepté ». Les femmes portant atteinte à leur propre dignité devraient être punies en conséquence : un an de prison et 20 000 euros d'amende.

De toute façon, comme l'expliquent M. Estrosi et ses collègues, héritiers fidèles de Créon, « la loi de la République doit être supérieure à toutes les lois ». Et de marteler que « ce n'est pas la République qui doit être en conformité avec la spiritualité mais le contraire ». Autrement dit, il ne s'agirait pas d'assurer la cohabitation de l'une et de l'autre, mais d'exercer la tutelle de celle-là sur celle-ci. « Le législateur a le devoir d'être vigilant afin de protéger le caractère laïc de notre République », se justifient les signataires. Appliquée aux seules institutions, la laïcité est un principe de tolérance ; étendue à la société dans son ensemble, elle sert de paravent à des velléités totalitaires.

Selon les démagogues de l'UMP, « la sauvegarde de notre pacte social et de notre nation » imposerait au législateur « de prendre toutes les mesures permettant de lutter contre des pratiques communautaristes radicales ». À commencer, donc, par le port du voile intégral, dont ces imbéciles font pourtant la publicité à mesure qu'ils prétendent l'interdire. Ils reconnaissent d'ailleurs leur échec à demi-mot : « paiement des amendes par d'autres personnes que les contrevenants, récidive, communication sur les failles du système répressif... sont autant d'éléments qui constituent un défi envers notre République et ses valeurs ». Voyant le mur approcher, les élus de la République proposent d'accroître la pression sur l'accélérateur – chapeau !

L'inconséquence s'avère tout aussi patente dans leur argumentation : « en portant le voile intégral dans l'espace public », constatent les députés, « l'auteur agit volontairement en faisant un acte interdit par la loi » ; ce faisant « il défit [sic] la République et ses valeurs » ; « l'élément intentionnel de cette infraction est donc caractérisé » ; « il doit donc être sanctionné plus lourdement ». À ce petit-jeu-là, nul n'étant censé ignoré la loi, ce sont l'intégralité des infractions qui devraient être sanctionnées plus lourdement. La cour d'assises pour un PV de stationnement, c'est pour quand ? En toute logique, c'est bien ce que devraient proposer M. Estrsoi et ses collègues. C'est dire la haute estime qu'ils nous inspirent.

Où sont les femmes ?

17 avril 2015

Les amateurs de bagnoles devront apparemment s'y habituer : dans les salons comme sur les circuits, les hôtesses aux tenues affriolantes vont se faire moins nombreuses.

Les Chinois sont pudibonds. De fait, les hôtesses seront, paraît-il, bannies du salon automobile de Shanghai, qui ouvrira ses portes mercredi prochain, 22 avril 2015. Ses organisateurs auraient demandé aux exposants « d'éviter d'amener des show girls, mais plutôt des conseillers commerciaux seniors habillés correctement », comme le rapporte Caradisiac. Les traditions se perdent. Y compris sur les circuits. « Vous ne verrez plus aucune grid girl sur la grille de départ », a annoncé Gérard Neveu, président du championnat du monde d'endurance (WEC). « Ce sera le cas dans toutes les courses que nous organiserons », a-t-il prévenu. « Pour moi », s'est-il justifié, « c'est du passé » : « les conditions des femmes sont quelque peu différentes maintenant ». Et pourtant... le septième volet de Fast and Furious cartonne toujours au cinéma !

L'islamophobie, un devoir civique

2 avril 2015

Galvanisés par leurs élites politiques, quelques citoyens exemplaires se décident enfin à en venir aux mains pour défendre les valeurs de la République.

Une femme enceinte aurait été agressée à Toulouse « à cause de son voile islamique », rapporte Le Figaro. Curieusement, précisent nos confrères, Manuel Valls, « a fait part de son "indignation" ». Ces derniers temps, pourtant, le Premier ministre nous avait habitué à davantage de fermeté. Peut-être s'est-il épuisé à vilipender le Front national ? Au moins Nicolas Sarkozy a-t-il gardé la tête froide : « la France est une République, pas seulement une démocratie », a-t-il martelé. « Dans une démocratie, chacun fait ce qu'il veut tant que cela ne fait pas de mal aux autres », a-t-il expliqué. Mais « dans une République, on est plus exigeant ». Or, a-t-il rappelé, « la République, c'est la laïcité ».

À l'UMP, quelques personnalités sont manifestement en passe d'en devenir les champions. Dernièrement, François Fillon s'est heureusement distingué de l'ancien président de la République : « la laïcité ce n'est pas l'oppression des religions, c'est le respect des différences », a-t-il déclaré. C'est pourtant un ministre de son gouvernement, Luc Chatel, qui avait banni des sorties scolaires les mamans les moins enclines à se promener cheveux au vent. C'est également en son nom qu'avait été présenté le projet de loi « interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public ». L'islamophobie aidant, les libertés les plus élémentaires s'avèrent faciles à piétiner !

D'autres exemples ? En juin dernier, s'inscrivant dans la continuité de cette politique, Richard Trinquier, maire UMP de Wissous (Essonne), avait chassé d'une plage éphémère deux mères de famille coupables de porter un voile recouvrant non seulement les cheveux... mais aussi les oreilles – un vrai scandale ! Quant à l'inénarrable Nadine Morano, au mois d'octobre, elle s'était empressée de dénoncer à un policier la femme intégralement voilée qu'elle avait croisée gare de l'Est, après l'avoir sommée, en vain, de rendre son visage à la vue du public. 

Remarquable initiative, dont on apprend donc aujourd'hui qu'elle a peut-être fait quelques émules, à l'image de ces républicains exemplaires qui viennent, paraît-il, d'agresser la malheureuse Toulousaine. Découvrant qu'elle était enceinte, ils auraient décidé de l'épargner. C'est dommage : sans doute cela les privera-t-il de la Légion d'honneur. Qu'on se le dise : la République, ça se mérite !