Macron sacré par la presse

2 août 2017
Article publié dans L'Action Française 2000

Emmanuel Macron sera-t-il sacré à Reims ? Nos confrères n’ont pas été loin de le suggérer, en France comme à l’étranger. Mais on commence à déchanter. Revue de presse.

En visite à l'Élysée, le 26 juin 2017, le président ukrainien, Petro Porochenko, a salué l'accueil que lui avait réservé son homologue français, à savoir non pas Emmanuel Macron, mais « Emmanuel de France ». Ce lapsus était-il le fait de l'interprète ? En tout cas, il est révélateur du « petit vent monarchique » qui souffle alors sur la France, comme l'avait relevé France 24 quelques jours plus tôt. La presse étrangère fait ce constat sans véritable malveillance. Outre-Rhin, par exemple, le Süddeutsche Zeitung annonce la restauration « d'une monarchie parlementaire comme le pays n'en avait pas connu depuis la "régence" de Charles de Gaulle ».

Choisis ton roi !

Le nouveau locataire de l'Élysée inscrirait-il ses pas dans ceux d'un roi capétien ? « Peut-être est-il ce Louis XI dont la France a besoin, ayant ourdi dans l'obscurité des trames dont les révélations ne sont fulgurantes que parce qu'on les ignorait », suggère Hubert Champrun (le plus excellent de tous nos confrères) dans Monde et Vie. Emmanuel Macron rappelle Henri IV à son ami Stéphane Bern ; répondant aux questions du Parisien, ce dernier évoque la figure du « roi pacificateur et rassembleur, celui qui oublie les querelles passées et essaie de chercher des points de convergence ». Quant au Financial Times, il le place sous le patronage du Roi-Soleil. Tout comme Éric Letty dans Monde et Vie, aux yeux duquel « Macron se présente en héritier de Louis XIV et du Grand Siècle qui porta au pinacle le prestige de la France ». De fait, poursuit-il, « le nouveau président […] a depuis longtemps mesuré le danger de se présenter comme un "président normal" » ; « c'est ce que signifiait déjà sa présence aux fêtes johanniques d'Orléans et sa visite au Puy-du-Fou – une manière de s'approprier l'histoire de France ». Cela doit-il nous étonner ? De toute façon, « les Français sont monarchistes », comme le rappelle Éric Zemmour dans Le Figaro !

Beaucoup s'en offusquent cependant. Y compris à droite. Évoquant à la réforme du Code du travail, Valeurs actuelles dénonce « une façon de renouer avec les ordonnances royales de l'Ancien Régime ». Mais si « Macron Ier » apparaît à la une de l'hebdomadaire, c'est sous les traits d'un empereur, et non d'un roi. Ce faisant, nos confrères s'inquiètent des « dangers des pleins pouvoirs ». En cela, c'est un comble, ils rejoignent Alain Badiou, jadis chantre du maoïsme : « la France a le triste privilège […] du consentement à des régimes autoritaires dont le monde des affaires apprécie la servilité, de Napoléon le Petit à Macron le Très Petit », regrette-t-il dans les colonnes du Monde.

Une vraie réflexion ?

Pendant la campagne électorale, quelques observateurs avaient relevé les signes annonciateurs du "royalisme" cultivé par Emmanuel Macron. Comme Frédéric Says au micro de France Culture. Celui-ci s'était étonné de la volonté de candidat « en marche » de recréer les chasses présidentielles, « cette lointaine tradition royale qui renvoie à François Ier » ; « tout cela s'inscrit au contraire dans une réflexion historique et politique très construite », avait-il prévenu. François Sureaux ne l'aurait pas démenti sur ce point. Qu'on relise son analyse publiée au printemps dans La Croix : « Emmanuel Macron me paraît être le seul parmi nos hommes politiques récents qui se soit interrogé sur le problème que pose la Révolution française à notre pratique du pouvoir, dans la mesure où elle combine le régicide fondateur et une conception de la souveraineté populaire qui s'incarne tantôt dans le gouvernement d'assemblée, tantôt dans l'émeute. Il n'est pas interdit de penser, par exemple, que les propos "ouverts" qu'il tient sur la société et l'intégration viennent de son goût inavoué pour une construction politique où, le sacré s'incarnant dans la personne du roi et non dans le peuple, celui-ci admet plus facilement des différences, de langues, d'origines ou de religion, qui ne remettent pas en cause la solidité, la cohérence de la société politique. »

Sombres perspectives

Cela étant, la relative bienveillance dont bénéficie Emmanuel Macron depuis son investiture ne manquera pas de se dissiper. « Aux éloges dithyrambiques qui entourent tout hôte de l'Élysée à ses débuts peut vite succéder la hargne », annonce Le Figaro. Selon Xavier Charpentier, nos présidents de la République pourraient devenir des rois celtes, « élus par leurs pairs […] puis destitués, longuement suppliciés et exécutés ». Reste un dernier rapprochement à esquisser, non plus avec un roi, mais avec un président de la République, le maréchal de Mac Mahon, jadis porté au pouvoir par les royalistes. « Je rayerai du tableau d'avancement tout officier dont je verrai le nom sur une couverture », déclara un jour ce dernier, selon une citation exhumée par Laurent Lagneau, animateur du blog Zone militaire. Des propos que n'auraient pas renié Emmanuel Macron – le général de Villiers vient de l'apprendre à ses dépens ! Or, on sait quelle déception suscita l'élection de son lointain prédécesseur.

De Bourlanges à Maurras

3 juin 2017
Article publié dans L'Action Française 2000

Qu'elle soit légitime ou non, force est de constater que la défiance suscitée par le Brexit nourrit la critique de la démocratie.

Le vote en faveur du Brexit a mis Londres dans l'embarras, suscitant les railleries de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne : « ce que je ne comprends pas », avait-il déclaré au lendemain du référendum, le 28 juin 2016, « c'est que ceux qui voulaient quitter l'UE sont incapables de nous dire ce qu'ils veulent » ; « je pensais […] qu'ils avaient un plan, un projet, une vision globale, mais ce n'est pas le cas ». Depuis, un livre blanc a certes été publié afin de tracer quelques perspectives ; mais « pour compter soixante-dix-sept pages », ce document « n'en forme pas moins un ensemble particulièrement creux et indigent », selon l'analyse de Jean-Louis Bourlanges publiée sur Telos.

Le peuple, vraiment ?

Force est de le constater : la construction européenne met la démocratie à l'épreuve. Du moins la défiance suscitée par l'annonce du Brexit contribue-t-elle à relativiser l'attachement que lui témoignent les détracteurs d'une sortie de l'Union européenne, à l'image d'Anthony Grayling, professeur de philosophie : « les 51,9 % qui ont voté pour la sortie de l'UE représentent 37 % de l'électorat total, et environ 26 % de la population totale », souligne-t-il dans un entretien à Euractiv ; « quand les gens utilisent des expressions comme "le peuple a parlé" ou "les Britanniques ont voté pour la sortie de l'UE" », poursuit-il, « cela n'a pas de sens ». Jean-Louis Bourlanges n'est pas en reste, tandis qu'il vante « la supériorité de la procédure parlementaire, à la fois souple et éclairée, sur la brutalité rigide et manichéenne du référendum » : « compétence et implication personnelles des décideurs, pluralité et non pas dualité des options à prendre en compte, flexibilité et réversibilité du processus décisionnel, aptitude de celui-ci à nourrir la négociation et à fabriquer des compromis » sont autant de qualités qu'il attribue à la sagesse des parlementaires – comme si ceux-ci constituaient une sorte d'aristocratie républicaine…

Il ne reste qu'un pas à franchir pour s'attaquer non pus à la démocratie référendaire, mais à la démocratie elle-même – ce dont Charles Maurras ne se privait pas, lui opposant les bienfaits de la monarchie. C'est en ces termes qu'il évoque le roi dans Mes Idées politiques : « Sa valeur, la valeur d'un homme, est incomparablement supérieure à celle de la résultante mécanique des forces, à l'expression d'une différence entre deux totaux. Quoi que vaillent son caractère ou son esprit, encore est il un caractère, un esprit, c'est une conscience, un cœur, une chair d'homme, et sa décision représentera de l'humanité, au lieu que le vote cinq contre deux ou quatre contre trois représente le conflit de cinq ou de quatre forces contre deux ou trois autres forces. Les forces peuvent être, en elles-mêmes, pensantes, mais le vote qui les exprime ne pense pas : par lui-même, il n'est pas une décision, un jugement, un acte cohérent et motivé tel que le développe et l'incarne le Pouvoir personnel d'une autorité consciente, nominative, responsable. Ce pouvoir juge en qualité. Il apprécie les témoignages au lieu de compter les témoins. Bien ou mal, c'est ainsi qu'il procède, et ce procédé est supérieur en soi au procédé de l'addition et de la soustraction. »

Un pari manqué

« Au total », comme le remarque Élie Cohen, encore sur Telos, « il est frappant de constater que la participation britannique à l'UE s'est jouée sur une opération politique de David Cameron visant à maintenir l'unité de son parti dans la perspective des législatives et que le hard Brexit sera engagé pareillement pour préserver l'unité du Parti après les résultats du référendum de 2016 ». Autrement dit, si le Royaume-Uni tire quelque bénéfice du Brexit, ce sera à la faveur d'un pari manqué. Cela n'est pas à l'honneur de la démocratie.

Florian Philippot ignorant du panorama monétaire mondial

26 mars 2017

Contrairement à ce que prétend le vice-président du FN, ce ne sont pas 95 % des pays du monde qui disposent de leur propre monnaie, mais moins de 75 % d'entre eux.

Florian Philippot, vice-président du Front national, l'a martelé samedi dernier, 25 mars 2017, sur le plateau de BFM TV : selon lui, « à peu près 95 % des pays du monde ont leur monnaie nationale ». Or, dans son acception la plus stricte, la zone euro compte à elle seule dix-neuf États (Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie, Slovénie) – lesquels représentent déjà près de 10 % des États reconnus par l'Organisation des Nations unies ! Cela sans compter les quelques autres pays qui utilisent également la monnaie européenne (Andorre, Kosovo, Monaco, Monténégro, Saint-Marin, Vatican).

Au delà du Vieux-Continent, il y a le franc CFA de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), partagé par huit États (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo), et celui de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), qui est la monnaie de six États (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, Tchad). Il existe aussi le dollar des Caraïbes orientales (Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Sainte-Lucie Sainte-Lucie, voire Anguilla et Montserrat). Le dollar américain circule lui-même au-delà des frontières où il est émis (Équateur, Marshall, Micronésie, Palaos, Salvador, Timor oriental, Zimbabwe), tout comme son homologue australien (Kiribati, Nauru, Tuvalu), voire le franc suisse (Liechtenstein).

Tout cela mériterait d'être approfondi et détaillé. Une chose est sûre cependant : ce ne sont pas 95 % des pays du monde qui disposent de leur propre monnaie ; selon une première estimation, ce seraient moins de 75 % d'entre eux.

Basilique Saint-Denis : Hollande spirituel

15 mars 2017
Article publié dans L'Action Française 2000

Samedi dernier, 11 mars 2017, le chef de l'État s'est rendu à Saint-Denis, visitant la nécropole des rois de France dont il a confirmé la prochaine rénovation.

« Je voulais venir pour que ce futur chantier puisse constituer plus qu'un ouvrage, mais un symbole », a-t-il déclaré ; « un symbole entre le passé et l'avenir, un symbole entre l'histoire des femmes et des hommes » – « surtout des hommes », s'est-il corrigé – « qui avaient construit cette basilique et puis des femmes et des hommes qui vont participer au remontage de la flèche ». Une flèche dont la basilique fut privée « bien avant » qu'il n'accède à la présidence de la République, a-t-il rappelé, se risquant à quelque humour.

Français de papier ?

La perspective de sa réinstallation mobilise aujourd'hui « toute la population de Saint-Denis, avec toutes ses origines, toutes ses nationalités », s'est-il félicité, laissant maladroitement entendre que tous ses habitants ne seraient pas français. Évoquant un « chantier d'insertion », il a salué « un projet éminemment social, politique et culturel » y voyant l'occasion pour « des populations elles-mêmes nouvelles sur notre territoire » de « s'approprier un bâtiment pourtant très ancien ».

Réussite individuelle

En conclusion, le président de la République s'est demandé « pourquoi […] des hommes avaient, quelquefois au risque de leur vie, voulu bâtir une basilique ». Sans doute cela tenait-il à leur foi : « il y avait, au-delà de cette flèche, une flamme qui animait celles et ceux qui construisaient cette basilique », a-t-il expliqué. Mais aujourd'hui, aux yeux de François Hollande, « la flèche prend une autre signification » : selon lui, « il ne s'agit pas simplement de s'élever au plus haut dans le ciel pour parler […] aux forces de l'esprit » ; « non, il s'agit de montrer qu'ici à Saint-Denis, il est possible de s'élever, […] de se dépasser et de réussir sa vie » – « voilà », selon le chef de l'État, « le symbole de la flèche de Saint-Denis ». Tout ça pour ça ?

Éric Ciotti veut mettre les écoles au pas

22 juin 2016

Que les écoles libres servent la République, ou bien qu'elles disparaissent, clame, en substance, le député des Alpes-Maritimes.

La République semble s'incarner sous son pire visage en la personne d'Éric Ciotti, député (LR) des Alpes-Maritimes. Appelant manifestement à une croisade contre l'islam, ce dernier se fait le chantre d'une laïcité sectaire, comme nous l'avions déjà signalé, mais aussi l'ennemi des libertés scolaires, comme en témoigne sa proposition de loi « visant à renforcer l'encadrement des établissements privés hors contrat et à limiter les possibilités de dérogation à l'obligation scolaire ». Déposé le 27 avril, ce texte n'est apparu qu'aujourd'hui, mardi 21 juin 2016, dans le flux RSS de l'Assemblée nationale – il était temps ! Il a été présenté avec le soutien de plusieurs parlementaires, dont  Bernard Accoyer, Éric Woerth, mais aussi Bernard Debré, généralement mieux inspiré.

Dans l'exposé des motifs, Éric Ciotti dénonce « l'émergence de deux phénomènes particulièrement préoccupants : la déscolarisation d'un nombre croissant d'enfants, surtout des filles, pour des motifs d'ordre essentiellement religieux d'une part, et la multiplication d'écoles privées hors contrat prônant un islam radical, d'autre part ». Loin d'examiner la diversité des situations incriminées, il se garde bien d'analyser les motivations des parents, se bornant à déplorer que les enfants soient « alors victimes de propagande idéologique sous couvert de programmes éducatifs alternatifs ». C'est dire la considération qu'il porte aux écoles Montessori, par exemple.

Selon son rédacteur, cette proposition de loi aurait pour « premier objet » de « durcir les conditions d'ouverture d'un établissement hors contrat ». Ce faisant, il s'agirait de « prévenir l'ouverture d'établissements où s'expriment des formes d'intégrisme religieux ». Les catholiques en marge de l'Église sont-ils visés eux aussi ? Vraisemblablement : « l'objectif est d'éviter que les enseignants ne fassent passer le prosélytisme avant l'éducation des enfants », explique Éric Ciotti. Par conséquent, poursuit-il, ce texte « prévoit de renforcer les contrôles de ces écoles en les étendant à l'existence d'atteinte aux valeurs de la République », au premier rang desquelles figureraient « le respect des institutions » et « l'égalité homme-femme ».

« Les écoles doivent demeurer des lieux où se transmettent les savoirs et non les idéologies », écrit le député des Alpes-Maritimes. C'est effectivement ce qui devrait être exigé des écoles publiques – mais pas des autres. Or, c'est exactement l'inverse que réclame Éric Ciotti. « Les lieux d'enseignements doivent rester des sanctuaires préservés de toute influence idéologique ou politique contraire aux valeurs républicaines », précise-t-il. Autrement dit, si elle s'avérait conforme à ses propres valeurs, cette « influence idéologique ou politique » apparaîtrait tout à fait légitime aux yeux d'Éric Ciotti. Au moins les choses sont-elles claires.

Mais les établissements scolaires ne sont pas seuls en cause. Un article de cette proposition de loi « soumet l'instruction à domicile à l'autorisation préalable de l'inspecteur d'académie qui ne pourra y donner droit que dans l'une des hypothèses suivantes : l'exigence de soins médicaux, situation de handicap en attente de scolarisation dans un établissement médico-social, activités sportives ou artistiques, parents itinérants,  éloignement géographique d'un établissement scolaire ». De plus, l'inspecteur d'académie devrait alors vérifier « que l'enfant ne fait l'objet d'aucune influence idéologique ou politique contraire aux valeurs de la République ».

Les sympathisants du Front national étant réputés ne pas les partager, seraient-ils privés de l'exercice de ces quelques libertés résiduelles ? Peut-être pourrait-on carrément leur retirer leurs enfants ! Éric Ciotti n'est pas loin de le suggérer. Que de telles velléités, proprement totalitaires, puissent émaner d'un parti de gouvernement, voilà qui devrait nous inquiéter bien davantage que le péril frontiste – quoique ceci ne soit pas sans incidence sur cela. En tout cas, alors que le pouvoir socialiste planche lui-même sur le sujet, on se demande s'il se trouvera quelque député pour se soucier des libertés quand la question sera débattue sur les bancs de l'Assemblée. Affaire à suivre.

Anne Hidalgo veut la peau des Twingo

18 mai 2016
Article publié dans L'Action Française 2000

Sous prétexte d'écologie, des véhicules en bon état risquent d'être précipités vers la casse.

Vingt ans, c'est trop vieux : dès l'été prochain, les voitures immatriculées avant 1997 seront bannies de Paris ; d'ici quatre ou cinq ans, le même sort sera réservé à celles mises en circulation avant 2011. « À force de négociations avec la municipalité, les propriétaires de véhicules de collection feront exception à ces interdictions », précise notre consœur Leila Marchand (Les  Échos, 11 mai 2016) – un privilège réservé aux automobiles âgées de trente ans ou plus ; déjà convoitées par les amateurs, les Clio Williams devront patienter quelque temps aux portes de la capitale ; tout comme les Ferrari F40, par exemple ! Les propriétaires de véhicules plus populaires peuvent s'inquiéter : « personne ne voudra de votre voiture si elle ne peut plus circuler dans Paris et elle ne vaudra donc plus rien », déplore l'avocat Jean-Baptiste Iosca (Le Parisien, 11 mai 2016).

Obsolescence planifiée

Cette politique s'inscrit dans la continuité des "primes à la casse" instituées dans les années quatre-vingt-dix. Elle fait écho au projet fantaisiste qu'avait présenté dans les années trente Bernard London : apôtre de « l'obsolescence planifiée », il regrettait « que les consommateurs aient pris l'habitude, à cause de la crise, d'utiliser un produit jusqu'à ce qu'il soit hors d'usage », comme le résume Wikipedia ; de son point de vue, c'était un frein à l'activité économique. Frédéric Bastiat, icône française du libéralisme, n'aurait pas manqué de réfuter un « sophisme » : « la société perd la valeur des objets inutilement détruits », expliquait-il au XIXe siècle ; autrement dit, « destruction n'est pas profit ».

Or, précipiter des automobiles vers la casse, cela n'a rien d'une fatalité. À l'intention des heureux collectionneurs roulant en 911, Porsche propose des tableaux de bord refaits à l'identique, quoique plus résistants que les originaux ; mais aussi un système multimédia (GPS, connexion USB, écran tactile...) s'intégrant dans le compartiment réservé jadis à l'autoradio. Visant un public beaucoup plus large, Aramisauto.com s'est lancé en 2013 dans le reconditionnement de véhicules d'occasion ; « le principe n'est pas nouveau », remarque Jean Savary (Caradisiac, 2 avril 2015) ; « mais là », souligne-t-il, « c'est à l'échelle industrielle, avec la productivité que cela suppose ». Anne Hidalgo, s'abrite derrière des considérations écologiques. Mais n'apporte-t-elle pas une caution politique à la frénésie consumériste ? « Rappelons juste que la fabrication d'une voiture occasionne l'émission de huit à douze tonnes de CO2 et qu'il faut, pour l'éponger avec une voiture consommant un litre de moins aux cent kilomètres que celle qu'elle remplace, parcourir dans les 300 000 kilomètres », lui rétorque encore Jean Savary.

Les Tesla adulées

Dédaignant les sympathiques Twingo (première version), dont la bouille rigolote et les couleurs pimpantes égaient toujours les rues de Paris, Mme Hidalgo leur préfère des voitures électriques, à l'image des luxueuses Tesla. De fait, sans le soutien des pouvoirs publics, peut-être le constructeur de Palo Alto n'aurait-il pas connu pareil succès. « Le modèle économique actuel d'Elon Musk est de collecter de l'argent de la poche de ses concurrents automobiles, sous forme de "permis d'émissions" », dénonce ainsi Charles Boyer (Contrepoints,  6  mai 2015) ; selon lui, « Tesla perd des sous sur chaque voiture qu'il vend, et fait des profits en agissant fondamentalement comme un fermier général, collecteur de taxes auprès de ses concurrents ». À Singapour, cependant, la Model S a été affublée d'un malus écologique ; « il faut mettre en perspective la propreté de l'électricité, produite aux trois quarts à Singapour par des centrales au gaz naturel », explique notre confrère Romain Heuillard (Clubic, 9 mars 2016).

Au moins les Tesla se distinguent-elles par leur capacité à recevoir des mises à jour, susceptibles de pallier leur obsolescence. À moins qu'il s'agisse de corriger les bugs résultant d'un développement trop hâtif ? Quelques propriétaires de Model X ont été confrontés à des portières bloquées... Tesla innove incontestablement dans le domaine du marketing. Ainsi propose-t-il à ses clients d'accroître l'autonomie de leur voiture, délibérément limitée par un bridage logiciel, en souscrivant une option d'un simple clic ; « bien entendu, ce n'est pas une opération magique : les Model S 70 et les Modell S 75 embarquent tous les deux une batterie de 75l kWh », précise Julien Cadot (Numerama, 6 mai 2016). Autrement dit, le prix de vente se trouve explicitement déconnecté du coût de fabrication – dans l'industrie automobile, c'est une révolution !

Révolution en marche

Une autre bouleversement s'annonce : profitant de la connectivité de ses véhicules, Tesla accumule les données nécessaires au développement de la conduite autonome. Si l'entreprise « prend une longueur d'avance aujourd'hui sur la concurrence, c'est parce qu'elle possède déjà des centaines de milliers de données sur de la conduite réelle, sur route, de ses modèles », analyse Julien Cadot (Numerama, 12 mai 2016). Dans ces conditions, aux yeux des constructeurs traditionnels, « les spécialistes des flux d'information [...] sont potentiellement inquiétants : ils pourraient devenir demain de nouveaux concurrents ou, pire, leur prendre la position centrale qu'ils occupent aujourd'hui dans la chaîne de valeur », comme expliqué sur Paris Tech Review (26 avril 2016). Klaus Froehlich, directeur de la recherche et du développement de BMW, en a pleinement conscience : si son entreprise négocie mal ce virage, prévient-il, « nous finirons comme un Foxconn pour une société comme Apple, à ne fournir que des cadres en métal » (Clubic, 7 mars 2016). La France saura-t-elle tirer son épingle du jeu ? La Cour des comptes craint qu'elle y soit mal préparée. Ainsi déplore-t-elle « une "absence de stratégie globale et de coordination entre les services de l'État", avec notamment une veille internationale inadéquate pour orienter les actions à mener », comme le rapporte André Lecondé (Caradisiac, 11 mai 2016). Les responsables politiques seraient bien inspirés de s'en préoccuper, plutôt que de jeter l'anathème sur les malheureux Parisiens possesseurs d'une vénérable Twingo.

Les politiques s'arrachent les racines

18 mai 2016
Article publié dans L'Action Française 2000

Voilà qu'on reparle des "racines chrétiennes" de la France. Un député propose même de les inscrire dans la Constitution.

Karim Ouchikh, président du Siel (parti associé au FN), ferait-il des émules ? « Si tous les cultes sont formellement égaux devant la loi, les religions ne le sont pas devant la mémoire », expliquait-il dans le précédent numéro de L'Action Française 2000 (n° 2931 du 5 mai 2016) ; « sans jamais promouvoir un État confessionnel », poursuivait-il, « il nous faut donc fonder une laïcité qui admettrait la prééminence du fait chrétien dans le débat public ».

La laïcité contre l'islam

Éric Ciotti, député (LR) des Alpes-Maritimes, semble lui faire écho : « s'il faut défendre à tout prix la laïcité en tant que facteur d'unité, elle ne peut avoir pour corollaire l'effacement de notre culture commune  », affirme-t-il dans l'exposé des motifs d'une proposition de loi constitutionnelle, enregistrée à la présidence de l'Assemblée nationale le 6 mai dernier (2016). « La France a été culturellement façonnée et imprégnée par son histoire chrétienne qui a forgé les modes de vie, l'organisation sociale, ou encore le calendrier civil ou les fêtes religieuses », souligne-t-il. Soucieux de « graver cette empreinte durable dans le premier article de notre loi fondamentale », il propose  de réviser la Constitution en conséquence, afin qu'y soit mentionnée la « tradition chrétienne » dont la France est l'héritière.

Mais parallèlement, la "laïcité" serait ajoutée à la devise de la République – « liberté, égalité, fraternité ». Ce faisant, il s'agirait de « rappeler avec force la place fondamentale de ce principe ». Celui-ci « n'a eu de cesse de reculer », déplore Éric Ciotti. « L'espace public est progressivement devenu un lieu d'expression d'appartenances et de pratiques religieuses », dénonce-t-il. Bien qu'il ne soit pas cité, c'est évidemment l'islam qui est visé. Instrumentaliser la laïcité à ses dépens, voilà une démarche à nos yeux malvenue, quoique désormais convenue. « La laïcité ne doit [...] pas nous conduire à ignorer qui nous sommes, ni d'où nous venons », prétend certes M. Ciotti. Cependant, comment pourrait-il en être autrement, étant donné l'acception dévoyée qu'il en propage par ailleurs ? Selon lui, « le modèle français exige des individus de confiner à la sphère privée ce qui relève de leurs croyances religieuses ». Si tel était effectivement le cas, les prêtres en soutane se trouveraient bannis de nos rues, au même titre que les femmes couvertes d'un voile islamique !

Polémique calculée

Toutefois, en l'état actuel du droit, la laïcité ne vire pas nécessairement au laïcisme. C'est pourquoi il nous semblerait impossible d'engager des poursuites contre le socialiste Pierre Moscovici, commissaire européen, qui revendique pourtant, dans l'exercice de ses fonctions, des convictions de nature quasi religieuse : « je ne crois pas aux racines chrétiennes de l'Europe », a-t-il déclaré le 8 mai sur BFM TV. Comme si c'était une affaire de foi ! Sans doute s'agit-il, dans un cas comme dans l'autre, d'envoyer un signal politique, sans traduction concrète, mais délibérément polémique et "clivant". Rama Yade, quant à elle « rêve d'un second tour face à Marine Le Pen », comme le rapportait Le Point le 28 avril ; « je voudrais que symboliquement le choix des Français, ce soit elle ou moi », a-t-elle déclaré à notre consœur Émilie Trevert. Dans ces conditions, les détracteurs du « grand remplacement » ne manqueraient pas d'en faire l'enjeu du scrutin, au risque de déchaîner bien des passions... Les responsables politiques ont beau se gargariser du "vivre-ensemble", celui-ci fera vraisemblablement les frais des joutes électorales.

Un Front en mutation

4 mai 2016
Article publié dans L'Action Française 2000

Le Front national deviendrait-il féministe ? En tout cas, s'il demeure eurosceptique, c'est à sa façon, et non à celle des Britanniques.

L'histoire a-t-elle un « sens » ? Assurément, selon Marine Le Pen. À ses yeux, le succès que vient de rencontrer l'homologue autrichien du Front national en témoigne : « une très forte poussée » des mouvements populistes serait à l'œuvre « dans énormément de pays d'Europe », s'est elle félicitée sur France 2. « L'hostilité à l'immigration explique en grande partie le score du candidat FPÖ à l'élection présidentielle », analyse Daniel Vernet sur Telos. Mais qu'en est-il de la France ? Celle-ci « est en train de prendre vraiment conscience qu'elle est une nation multiculturelle », soutient Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, dans un entretien au Monde. « C'est une véritable chance pour le pays », affirme-t-elle. L'islam n'en inspire pas moins la défiance populaire, à tel point que sa hantise contribue à refaçonner le paysage politique.

Cet islam qui change tout

« En Europe occidentale », en effet, « les populismes d'extrême droite ont réussi à détourner le logiciel idéologique de la gauche sur les questions sociétales », comme l'expliquait Jean-Yves Camus, dans L'Humanité, en janvier 2012. Ainsi soulignait-il qu'aux Pays-Bas, « le génie de Pim Fortuyn fut de construire une formation postmoderne qui déconstruisait le multiculturalisme au nom des atteintes que l'islam porterait [...] aux libertés individuelles : liberté de conscience, laïcité, égalité des sexes, droits des homosexuels, droit à l'irréligion, enfin droit à la sécurité face au terrorisme et à la violence dirigée contre certaines minorités, en particulier les juifs ». Sans doute faut-il analyser à cette aune la passion de Florian Philippot pour la culture des bonsaï. Tout comme ces propos prêtés à Louis Aliot, rapportés par Marie-Pierre Bourgeois dans un entretien à Têtu : « Les homos se sont rendus compte qu'il y avait moins de péril à vivre avec Marine Le Pen qu'avec les musulmans. » Le 1er mai, à l'occasion du "banquet populaire et patriote" organisé par son parti, Sophie Montel, conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté, est montée à la tribune : « c'est le Front national qui défend la femme et ses droits en France », a-t-elle martelé. Y compris la contraception et l'avortement, a-t-elle précisé, après s'être placée sous le patronage de Jeanne d'Arc – une femme « libre et patriote » qui « chevauchait et se coupait les cheveux à la garçonne ». « Elle aussi est libre de disposer de son corps », avaient déclaré des militantes des Femen, il y a deux ans, à l'occasion d'un hommage qu'elles lui avaient rendu à Poitiers. Alors qu'elle vient de déserter le pavé parisien sous leurs applaudissements, peut-être Marine Le Pen participera-t-elle à leur prochain "happening" ?

Le FN mal vu outre-Manche

En attendant, et plus sérieusement, c'est dans les pas des eurosceptiques britanniques que la présidente du Front national entend s'inscrire. Non sans rencontrer quelque difficulté. Selon le souhait de Gisela Stuart, chef de file des partisans du Brexit, l'accès au territoire britannique devrait même lui être refusé. Cela en raison de « ses opinions extrémistes », comme expliqué dans un courrier adressé au ministre de l'Intérieur, Theresa May, cité par l'AFP. Perfide Albion ! Marine Le Pen prévoyait effectivement de se rendre outre-Manche ce mois-ci. Sa visite « permettrait aux Britanniques qui souhaitent sortir de l'Union européenne de savoir qu'il y a des responsables européens de premier plan qui les soutiennent », a souligné Florian Philippot, cité par Euractiv.

Deux visions opposées

Bien des Britanniques apprécieraient sans doute de l'entendre vilipender la bureaucratie européenne. Mais pour le reste, quoique volontiers eurosceptiques, se reconnaîtraient-ils dans son discours ? « Après le Brexit, le Royaume-Uni ne serait plus lié par le tarif extérieur commun de l'UE sur les importations », expliquent des contributeurs de Telos. Or, précisent-ils, « les partisans d'une sortie de l'UE soutiennent que le Royaume-Uni pourrait bénéficier de ce changement en retirant unilatéralement tous les droits de douane sur les importations ». Autrement dit, si Londres quittait le navire européen, ce serait pour voguer vers des horizons aux antipodes du « protectionnisme intelligent » cher au Front national...

Rama Yade entre souverainisme et libéralisme

24 avril 2016

Avec aussi une petite touche de royalisme...

« Le créneau "ni droite, ni gauche", un temps occupé par le FN [...] paraît faire des émules », et cela « tous azimuts », écrivait Aristide Leucate, dans le dernier numéro de L'Action Française 2000 (21 avril 2016). Voilà que Rama Yade semble confirmer son observation : alors qu'elle vient de se déclarer candidate à l'élection présidentielle, elle se dit « libre d'être de droite, libre d'être de gauche », revendiquant le soutien d'une « coopérative politique » constituée d'une mosaïque de petits partis aux inspirations idéologiques diverses (Alliance écologiste et indépendante, Parti libéral démocrate, Démocratie 21, Rassemblement écocitoyen, Cercle de la Diversité).

Apologie de la tradition

Malicieusement, notre confrère se demandait si les adeptes d'un tel positionnement n'étaient pas des « royalistes latents ». Rama Yade a beau se prétendre« aux antipodes » d'Emmanuel Macron (« je ne représente ni la bourgeoisie d'État, ni les puissances d'argent », clame-t-elle de façon aussi cinglante que mesquine), la question mérite d'être posée à son propos également, comme en témoigne le ton sur lequel elle avait commenté le mariage du prince William et de Kate Middleton : « la tradition, c'est quand même bien, quand elle unit deux jeunes gens et un peuple tout entier », expliquait-elle en avril 2011 ; à ses yeux, « le moment le plus intense (furtif) fut la révérence de Kate, devant la reine Elizabeth qui semblait en avoir vu tellement » ; en effet, remarquait-elle, « il y avait là une transmission, un respect, une soumission devant la tradition, un genre »

Romantisme néo-gaullien

Cela étant, c'est au "peuple", et non au roi, que Rama Yade entend rendre le pouvoir. Son discours ravira les souverainistes, à certains égards du moins. Regrettant naïvement que l'Union européenne ne dispose pas d'un véritable président, elle rappelle, cependant, qu'elle avait voté "non" au référendum de 2005 ; or, dénonce-t-elle, « on n'a pas respecté mon vote », puisque le traité établissant une constitution pour l'Europe est « revenu en 2008 par la fenêtre ». Reprochant à Paris de « se soumettre en permanence à la bureaucratie » de Bruxelles, elle prône « la politique de la chaise vide », donnant en exemple la perfide Albion de David Cameron, mais aussi la Grèce d'Aléxis Tsípras – lequel aurait « su insuffler de la démocratie en Europe ». À l'avenir, réclame-t-elle, chaque élargissement devrait faire l'objet d'un référendum. De son point de vue, « plutôt que de nous soumettre à la mondialisation [...] consumériste », il faudrait que « la France redevienne une puissance médiatrice ». « Extirpée de la famille américaine », celle-ci « parviendrait, avec les symboles, à compenser ce qu'elle a perdu en termes économiques », promet Rama Yade, pour qui « la France n'est pas la France sans la grandeur ».

« Aux Français de dire et faire ! »

Ce romantisme néo-gaullien, mâtine d'accents populistes, se trouve mêlé, chez Rama Yade, à des revendications typiquement libérales. « Aux Français de dire et faire ! », clame-t-elle dans son manifeste. Or, précise-t-elle, « rendre le pouvoir aux Français », c'est, certes, en appeler au référendum, mais aussi « les laisser faire et créer du lien entre eux ». Autrement dit, il s'agirait de « passer de l'État-providence, omnipotent et impuissant, à une société-providence, plus innovante ». Dans cette perspective, « plutôt qu'une économie où les grands groupes, en connivence avec la haute administration, finissent par se couper du tissu économique et social de notre pays », Rama Yade entend promouvoir « une économie du partage qui introduise une concurrence plus juste, libère nos entreprises de l'emprise notamment fiscale de l'État et permette l'innovation ». Aux échecs de Pôle Emploi et de l'Éducation nationale, elle oppose la réussite de quelques initiatives privées citées en exemple.

Candidature sans promesse

« Notre pays compte dans ses rangs des Français extrêmement capables et désireux d'agir », se félicite Rama Yade. Des paroles en l'air ? Peut-être bien. « Parce que la valeur promesse a été disqualifiée, je n'en ferai pas », annonce-t-elle avec une certaine légèreté.  Son inclination à dramatiser les enjeux ne sert pas sa crédibilité : « parce que les Français ont perdu toute confiance, l'élection française de 2017 ne ressemblera à aucune autre », croit elle-deviner. « À situation hors normes, il faut un projet de radicalité », poursuit-elle. Reste à en dessiner les lignes...

En attendant, c'est avec bienveillance, quoique sans illusion, que nous accueillerons tous les discours appelant les Français à reprendre leur destin en main : do it yourself – tel serait notre programme pour 2017 !

2017 : le FN n'y croit pas

8 mars 2016

La preuve par l'euro.

On croyait que le FN mettrait de l'eau dans son vin. Mais non. « Tout le monde au Front national est pour la fin de l'euro et la souveraineté monétaire », continue de marteler Florian Philippot, son vice-président. « Si nous arrivons au pouvoir », a-t-il prévenu dimanche dernier, 6 mars 2016, « il est certain qu'au bout de six mois maximum la France aura une monnaie nationale ».

Que les antifascistes se rassurent : ce faisant, Florian Philippot exclut manifestement toute perspective d'accession au pouvoir à court terme. Dans le cas contraire, c'est bien évident, il se garderait de susciter aussi délibérément la fuite des capitaux qui s'accentuerait au fur et à mesure que Marine Le Pen serait donnée gagnante dans les sondages.

Par souci de l'intérêt national, puisque c'est un patriote, comme chacun sait. Mais aussi par nécessaire calcul. S'il était coupable d'appauvrir la France avant même de prendre les rennes de l'État, le FN en compromettrait précisément la conquête.

Pour ne rien arranger, Florian Philippot promet un référendum sur l'euro ! Les ménages seront-ils privés d'argent liquide le temps que se déroule le nécessaire débat censé éclairer la conscience des citoyens ? La Grèce, voilà le modèle à suivre !