Mariage pour tous : ma famille contre la leur

31 juillet 2014

Rebond sur la "trahison" d'un maire résigné à célébrer un "mariage pour tous".

La famille, nous ne l'avons jamais rencontrée. Nous avons connu des familles plus ou moins nombreuses, unies ou déchirées, etc. Mais quant à "la" famille... Si elle existe, c'est bien à notre insu !

Beaucoup ont pourtant prétendu la servir, tandis qu'ils la jugeaient menacée par l'institution du "mariage pour tous". Ce fut le cas de Raymond Bardet, maire de Ville-la-Grand (Haute-Savoie), qui avait promis que jamais il n'unirait de couple homosexuel devant la loi. Voilà qu'il vient de renier son engagement.

« Je n'ai pas changé d'avis », s'est-il justifié auprès du Dauphiné libéré. « Je pense que ce n'est pas ce que veut la nature », a-t-il répété à nos confrères. « Mais mon fils se mariait, il n'était pas question que je le confie à quelqu'un d'autre. Si j'avais demandé à un adjoint de célébrer le mariage, les gens auraient pu penser que je dénigrais mon fils ou que nous étions fâchés. Pas du tout, je suis son père, c'était à moi de célébrer son union, comme je l'avais fait pour sa sœur. » Et d'ajouter : « Je ne connaissais pas son compagnon, c'est quelqu'un de très bien, ils forment un beau couple ensemble. »

Autrement dit, si M. Bardet a trahi "la" famille, c'est par amour pour la sienne. Par amour pour une famille bien réelle, donc. Du genre de celles que Joseph de Maistre aurait pu rencontrer.

Dans cette affaire, qui sont les vrais réactionnaires ?

2 commentaires pour "Mariage pour tous : ma famille contre la leur"

  1. Thidal

    Le 1 août 2014 à 0 h 10 min

    Le "bonhomme" est quand même sacrément confus (je maintiens les trois dernières lettres par souci des convenances !) avec son argumentation : je suis contre par principe mais je fais une exception quand ça me touche de près puis je reviens ensuite à mes principes. Bref, un vrai sketch. Tu as l'air de le trouver touchant, moi il m'horripile !

  2. GD

    Le 1 août 2014 à 11 h 58 min

    Il y a une part de second degré dans ce billet. L'anecdote tient plutôt du prétexte pour donner à réfléchir sur un certain déni que je perçois dans l'opposition au "mariage pour tous". Disons que, de mon point de vue, le "constructivisme sociétal" est à l'œuvre de part et d'autre. Avec ceci de particulier, du côté réactionnaire, que c'est paradoxal, puisque le volontarisme se trouve plus ou moins convoqué au service d'un modèle supposé naturel. Cela a-t-il un sens ? Et dans quelles mesure l'évolution des mœurs est-elle le fruit d'une volonté politique ? Incidemment, ce sont les questions que j'essaie de poser, tandis que d'autres me donnent l'impression d'avoir l'écume en horreur sans trop de se préoccuper des vagues ni des courants parcourant l'océan...

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