Affaire des Mistral : à qui la "crédibilité" ?

5 septembre 2014

Quand les populistes renient leurs principes par amour de Poutine.

Livrera, livrera pas ? Le président de la République semble cultiver l'indécision quant à la vente des BPC Mistral à la Russie. Cela ne manquera pas de nourrir les critiques à son endroit. D'ores et déjà, l'extrême droite à la botte du Kremlin s'en donne à cœur joie !

Il est d'ailleurs piquant de voir des populistes se soucier soudainement de la "signature de la France", eux qui réclament que ses créanciers soient remboursés en monnaie de singe, à moins de carrément répudier la dette contractée à leur égard ! « La politique ne se fait pas à la corbeille », clament ces néo-gaullistes, prompts à dénoncer le rapprochement avec le Qatar au motif qu'il serait motivé par des considérations économiques. Or, François Hollande n'est-il pas tenté d'appliquer leur chers principes, comme le suggérait hier l'excellent Jean-Marc Daniel au micro de BFM Business ?

Selon nous, dès lors qu'elle revêt une dimension stratégique pour l'État, la préservation des intérêts industriels peut légitimement participer à la définition de sa politique étrangère. Cela étant, la crédibilité internationale de la France, dont certains feignent de se soucier aujourd'hui, passe également, avant tout même, par la solidarité à l'égard de ses alliés, tout particulièrement ses alliés militaires. Ceux de l'Otan, donc. Du moins tant qu'on en a pas changé !

Alors, faut-il suspendre voire annuler cette satanée livraison ? À vrai dire, nous sommes perplexe. Faute d'être en mesure de conseiller le président Hollande, dont les atermoiements publics sont grotesques, nous nous contenterons, dans l'immédiat, de fustiger le "parti de l'étranger", en plein essor à la faveur de son inconséquence.

2 commentaires pour "Affaire des Mistral : à qui la "crédibilité" ?"

  1. Catoneo

    Le 6 septembre 2014 à 10 h 10 min

    Pour une fois la procrastination présidentielle est de bon aloi. Il faut glander jusqu'à ce que la baudruche de la crise du Donbass se dégonfle. Et elle commence à se dégonfler.
    Il en restera une première certitude : la signature de Vladimir Poutine ne vaut rien ; ce qui laisse ouvert certaines répliques dans d'autres compartiments du jeu.

  2. GD

    Le 6 septembre 2014 à 14 h 08 min

    Je suis tout disposé à croire que jouer la montre est la meilleure chose à faire. D'autant que le discours présidentiel est vraisemblablement complété en coulisse par les éclaircissements de quelque diplomate à Moscou ou Washington... On verra le moment venu, donc !

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