19 mars 2010
Quelques jours après la tenue de sa 3000e session
ordinaire, présentons brièvement cette institution tantôt dénommée
Conseil de l'UE, Conseil des ministres ou plus simplement Conseil, qui
ne doit pas être confondue avec le Conseil européen – réunissant les
chefs d'État ou de gouvernement –, ni avec le Conseil de
l'Europe – indépendant de l'Union.
Le Conseil a tenu sa 3000e session ordinaire le lundi
8 mars 2010. « La numérotation actuelle des sessions
du Conseil remonte à l'entrée en vigueur, le 1er juillet 1967,
du traité de fusion, qui instituait un conseil unique et une commission
unique », rappelle-t-il dans
un communiqué. « Auparavant, quelque 460 sessions du
Conseil spécial de la Communauté européenne du charbon et de l'acier
(CECA), à partir de 1952, et des Conseils de la Communauté économique
européenne (CEE) et de la Communauté européenne de l'énergie atomique
(CEEA), à partir de 1958, avaient déjà eu lieu. »
« Le Conseil exerce, conjointement avec le Parlement
européen, les fonctions législative et budgétaire. Il exerce des
fonctions de définition des politiques, notamment dans le domaine des
affaires étrangères, ainsi que des fonctions de coordination, notamment
dans le domaine économique. [...] Il est composé d'un représentant de chaque État membre au
niveau ministériel, habilité à engager le gouvernement de l'État membre
qu'il représente et à exercer le droit de vote. »
Le Conseil siège aujourd'hui en dix formations
différentes : affaires générales ; affaires
étrangères ; affaires économiques et financières
(ECOFIN) ; justice et affaires intérieures (JAI) ;
agriculture et pêche ; emploi, politique sociale, santé et
consommateurs ; compétitivité (marché intérieur, industrie et
recherche) ; transports, télécommunications et
énergie ; environnement ; éducation, jeunesse et
culture. « En règle générale, les ministres des Affaires
générales, des Affaires étrangères, des Affaires économiques et
financières ainsi que de l'Agriculture se réunissent chaque mois. Les
autres formations du Conseil se réunissent d'une à trois fois par
semestre. » On compterait actuellement entre soixante-dix et
soixante-quinze sessions chaque année.
À l'exception de celle des Affaires étrangères, confiée au
Haut Représentant, la présidence des formations du Conseil est assurée
par les représentants des États membres selon un système de rotation
semestrielle. « Le comité des représentants permanents
(Coreper) des gouvernements des États membres est responsable de la
préparation des travaux du Conseil. Les travaux de ce comité sont
eux-mêmes préparés par plus de 150 comités et groupes de
travail composés de délégués des États membres. [...] Les sessions du
Conseil se tiennent à Bruxelles, sauf aux mois d'avril, de juin et
d'octobre, où elles ont lieu à Luxembourg. Toutefois, le Conseil s'est
également réuni à d'autres endroits, en particulier à Genève, dans le
cadre des négociations de l'OMC. »
« Le Conseil est assisté d'un secrétariat général
[qui] emploie environ 3 500 fonctionnaires. [...] Le Conseil a
son siège à Bruxelles, depuis 1995 dans le bâtiment Justus Lipsius,
situé dans le quartier européen, sur le rond-point Schuman. Auparavant,
le Conseil avait successivement occupé le bâtiment Ravenstein, au
centre de Bruxelles puis, de 1971 à 1995, le bâtiment
Charlemagne. »
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18 mars 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Tandis que la Francophonie fête son quarantième anniversaire,
alors que ses adhérents ont renforcé leur poids dans l'UE, le français
perd du terrain en Europe depuis les derniers élargissements. Qu'en
est-il, désormais, de son usage dans les institutions de
l'Union ?
Samedi 20 mars sera célébrée la journée
internationale de la Francophonie, quarante ans après la signature du
traité à l'origine de l'organisation éponyme (l'OIF). Plusieurs
centaines d'événements sont annoncés sur le Vieux-Continent pour fêter
cet anniversaire. Outre la France, l'Union européenne compte quatorze
États membres appartenant à l'OIF : cinq membres à part
entière avec la Belgique, la Bulgarie, la Grèce, le Luxembourg et la
Roumanie ; un membre associé, Chypre ; et huit pays
observateurs, l'Autriche, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la
Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie.
Paradoxe
À la faveur des derniers élargissements, les ressortissants de
la francophonie institutionnelle ont accru leur présence dans l'Union.
Une chance pour la langue de Molière ? Loin s'en faut. The
more languages, the more english ! « La
logique est en effet implacable, commente Astrid von Busekist.
L'anglais possède la plus grande centralité (la proportion de locuteurs
multilingues compétents en anglais en tant que langue seconde), bien
qu'il ne possède pas la plus grande prévalence (la proportion de natifs
d'une langue, soit les locuteurs des [...] langues
européennes). » (Dictionnaire critique de l'Union
européenne, Armand Colin)
« L'année 2009 a confirmé la tendance observée depuis
plusieurs années au sein de l'UE », souligne le rapport au
Parlement sur l'emploi de la langue française diffusé par la Délégation
générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF).
« Sous l'effet de l'élargissement de 2004, on assiste à un
renforcement des positions de l'anglais et à une érosion parallèle de
celles de notre langue et, plus encore, des autres langues. »
On relève quelques nuances selon les institutions, voire les
rotations de la présidence semestrielle. « La part du français
est logiquement plus élevée au cours des présidences francophones.
Cependant, même lorsque cette langue est le français, il arrive que le
projet rédigé par le secrétariat général du Conseil (SGC) soit en
anglais, ce qui révèle un affaiblissement de la capacité de rédaction
des fonctionnaires du SGC dans notre langue. En matière
d'interprétation en revanche, les règles en vigueur font toute sa place
au français et demeurent appliquées très strictement. » Selon
le sénateur Jacques Legendre, auteur d'un rapport déposé le
11 mars 2009, « un bilinguisme traditionnel
anglais-français » caractériserait les réunions des groupes de
travail sur la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC).
Sera-t-il remis en cause par la nomination d'une Britannique au poste
de Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de
sécurité ? La langue de Shakespeare est en tout cas la seule
qui lui soit familière.
Un déclin flagrant
Conformément à son "manuel des procédures opérationnelles", la
Commission s'appuie sur trois langues de travail. Selon la DGLFLF,
« l'examen des documents traduits au cours de cinq dernières
années montre que les élargissements et le passage consécutif de onze à
vingt-trois langues officielles ont été suivis à la fois d'une
accélération du recours à l'anglais et d'un recul sensible du français
et de l'allemand ». Entre 1996 et 2008, la proportion de
documents rédigés initialement en français est passée de 38 à
11,9 %, tandis que l'anglais progressait de 45,7 à
73,55 %.
Dans la salle de presse du Berlaymont (le siège de la
Commission), le français aurait jadis régné sans partage. Dorénavant,
il serait utilisé à parts égales avec l'anglais, rapporte la DGLFLF. Le
président de la Commission, José Manuel Durao Barroso, aurait pourtant
confié que lorsqu'il pratiquait la langue de Molière devant la presse,
« cela créait des remous dans la salle » (Coulisses
de Bruxelles, 18/01/2010). Notre confrère Jean Quatremer,
correspondant de Libération à Bruxelles, a d'ailleurs tiré la sonnette
d'alarme à plusieurs reprises.
Le déclin est moindre au Parlement européen, dont le tiers du
budget est consacré aux dépenses de traduction et d'interprétation.
« L'obligation d'interprétation est systématiquement respectée
pour le français », affirme la DGLFLF. Un seul manquement
aurait été signalé en 2009, « au sein d'une commission, dû à
la configuration technique de la salle et à l'absence attendue de
députés français ». Pour autant, poursuit la Délégation,
« l'approche plus flexible adoptée concernant les documents et
réunions préparatoires contribue à renforcer le rôle de l'anglais [...]
comme la langue de travail des contacts informels. [...] Par ailleurs,
la possibilité de disposer d'une version en français des amendements
aux projets de textes dépend du temps dont disposent les services de
traduction. »
Jacques Legendre rappelle « l'importance des usages
linguistiques à l'occasion de réunions informelles, que ce soit entre
ministres ou encore lors d'interruptions de séance au cours desquelles
les délégués des États membres ont l'opportunité de se concerter sur
leurs positions ». À cet égard, le français serait
« sensiblement plus présent [...], en particulier lorsqu'il
s'agit de se consulter entre délégués de pays de langue latine ou de
pays associés à l'espace francophone ».
Dans ce contexte, la Cour de justice ferait presque figure
d'ilot préservé. Traditionnellement, la langue de Molière y est
employée pour délibérer. « Cette situation n'est pas
nécessairement neutre en termes d'effets sur la
jurisprudence » remarque le parlementaire, « la Cour
étant en effet susceptible d'être plus sensible à la tradition du droit
romano-germanique qu'à la tradition juridique anglo-saxonne, inspirée
de la Common law. Le français dispose ainsi d'une position privilégiée
au sein d'une institution de quelque 1 800 agents. »
« La langue ne se résume pas, en effet, à un simple
instrument de communication », martèle le parlementaire.
« Elle est également le vecteur d'expression de cultures
politiques, juridiques et économiques spécifiques aux pays dont elle
est la langue naturelle. [...] À l'évidence, la prédominance d'une
langue, notamment dans le cadre de négociations diplomatiques,
constitue un levier d'influence majeur. »
Une âme québecoise
Nos politiques en ont-ils conscience ? Le cas
échéant, ils devraient compter avec de fortes pressions en faveur du
"tout anglais". « La traduction des documents officiels coûte
65 millions d'euros par an et par État membre », a estimé
Astrid von Busekist. « Pour huit des vingt langues
[vingt-trois désormais...], le coût de la traduction dépasse
25 euros par citoyen et [il] atteint 980 euros pour chaque
citoyen maltais. »
Jean-Pierre Raffarin s'est rendu à Bruxelles le
14 janvier, où il a rencontré les présidents du Conseil
européen, de la Commission et du Parlement. En qualité de "représentant
personnel du président de la République, il entendait défendre auprès
d'eux l'usage du français dans les institutions européennes.
« Le français ne recule que lorsque l'offre de français est
insuffisante », a proclamé l'ancien Premier ministre.
« Quand, dans une ville du monde, on ouvre une école
française, les capacités d'accueil sont immédiatement saturées. Quand
dans une institution on fragilise le français, ce sont les valeurs du
pluralisme et de l'humanisme qui sont étouffées. » Et de
lancer : « Pour le combat du français et de la
francophonie, j'ai l'âme résistante, l'âme
québécoise ! »
Le secrétariat général aux Affaires européennes signalerait
systématiquement les entorses faites au multilinguisme institutionnel
en rédigeant une protestation destinée à l'organisme pris en défaut. En
règle générale, si l'on en croit la DGLFLF, « ces initiatives
portent leurs fruits s'agissant de la publication d'annonces de
recrutement spécifiant que les candidats doivent obligatoirement être
de langue maternelle anglaise et de la publication d'appels d'offres en
anglais, d'autant plus que, dans ce dernier cas, le Commission a
l'obligation de les publier au Journal officiel de l'Union européenne.
À titre d'exemple, le secrétariat général aux affaires européennes est
intervenu, après avoir été saisi par le Centre national de la recherche
scientifique, dans le cas d'appels d'offres exigeant une réponse [...]
en anglais. »
Formons, formons !
Astrid von Busekist voudrait imposer la combinaison de
l'anglais, du français et de l'allemand « car c'est celle qui exclut le
moins : 19 % seulement des citoyens de l'Union des
quinze ne possèdent aucune de ces trois langues et ce taux s'élève à
26 % dans l'UE des vingt-cinq ». En soutenant un tel
projet, la France s'attirerait toutefois les foudres de moult
partenaires. Tout particulièrement l'Espagne, l'Italie, le Portugal,
les Pays-Bas et la Pologne, précise M. Legendre. Lequel
« invite les pouvoirs publics français à la plus grande
prudence dans leurs démarches en faveur du seul français [...], en
soulignant notamment la nécessité de ménager la susceptibilité d'autres
langues sensiblement négligées dans le processus décisionnel européen.
Il s'agit d'envisager la promotion de la diversité linguistique dans sa
globalité et de ne pas se limiter à un combat vain et naïf fondé sur un
antagonisme systématique entre le français et l'anglais. »
La priorité doit être accordée à la formation, notamment en
direction des fonctionnaires étrangers. La mise en œuvre d'un "plan
pluriannuel d'action pour le français en Europe" avec la Communauté
française de Belgique, le Luxembourg et l'OIF s'inscrit dans cette
démarche. Le budget de ce programme s'est élevé à 2,3 millions
d'euros en 2008. Ne négligeons pas non plus la formation de nos
compatriotes aux langues étrangères : anticipant de prochains
départs en retraite, la Commission européenne s'était inquiétée, le
23 septembre dernier, d'une pénurie sérieuse d'interprètes de
langue française pour les cinq à dix ans qui viennent...
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18 mars 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Quelques mots sur le premier sommet UE-Maroc.
Grenade a accueilli les 6 et 7 mars le premier sommet
UE-Maroc. En marge de la réunion, Madrid n'avait pas manqué d'agiter
son étendard féministe, ouvrant un séminaire traitant des
« questions liées au genre [sic] au niveau local au Maroc et
en Espagne ».
Selon la déclaration conjointe adoptée à son issue,
« le sommet couronne une intense période d'accélération dans
les relations UE-Maroc, initiée par l'entrée en vigueur de l'Accord
d'association en mars 2000, renforcée par la mise en place du Plan
d'action, dans le cadre de la Politique européenne de voisinage, en
juillet 2005 et par l'adoption du document conjoint sur le Statut
avancé lors du Conseil d'association d'octobre 2008 ».
Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de mettre en
place, à terme, un espace économique commun. Cela implique, entre
autres, « le rapprochement du cadre législatif du Maroc à
l'acquis communautaire » et « la conclusion d'un
Accord de libre échange global et approfondi ». Une approche
« globale et équilibrée » des migrations, incluant
« une coopération pour le retour et la réadmission des
migrants en situation irrégulière », devrait en outre
constituer « un élément fondamental » du partenariat
entre l'UE et le Maroc.
Lequel aurait déjà réalisé un effort de réformes majeur, selon
Angel Lossada, le secrétaire d'État espagnol aux Affaires étrangères.
L'UE y répondrait en faisant de Rabat le plus grand bénéficiaire d'aide
du programme de voisinage. L'objectif serait de « partager, à
l'avenir, tout sauf les institutions ».
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18 mars 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Quelques nouvelles sur le SEAE et la défense européenne.
Les quolibets cesseraient-ils de pleuvoir ? Le
Gymnich de Cordoue (réunion informelle des ministres des Affaires
étrangères), les 5 et 6 mars, a donné lieu à quelques signes
de soutien à Mme Catherine Ashton, Haut Représentant de
l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de
sécurité. Auparavant, celle-ci avait rencontré à Paris Hervé Morin –
lequel avait raillé publiquement son absence à la réunion informelle
des ministres de la Défense... Sans doute l'heure n'est-elle plus à
l'échange de phrases assassines, tandis que s'intensifient
vraisemblablement les négociations censées définir l'architecture du
Service européen pour l'Action extérieure (SEAE).
Diplomatie féministe
Un projet doit être présenté par Mme Ashton d'ici la
fin du mois d'avril. S'exprimant devant le Parlement européen le
mercredi 10 mars, le Haut Représentant a prétendu se
distinguer des sceptiques et autres réfractaires qui
« préfèrent minimiser les pertes apparentes plutôt que de
maximiser les gains collectifs ». La Britannique a annoncé,
par ailleurs, que le SEAE serait représentatif de l'Union quant à la
géographie et... l'égalité des sexes. « C'est la seule façon
acceptable de procéder », a-t-elle même affirmé.
Le 4 mars, le ministre britannique des Affaires
étrangères, David Miliband, et son homologue suédois, Carl Bildt,
avaient publié « une lettre ouverte exprimant leurs
inquiétudes face à certaines querelles interinstitutionnelles
évidentes », selon le résumé d'Euractiv (08/03/2010).
Bien que le traité de Lisbonne ait été signé le 13 décembre
2007, on ignore encore quelles responsabilités seront retirées à la
Commission. Les deux ministres estiment « qu'une
nouvelle culture pourrait être l'aspect le plus difficile à développer
pour le SEAE ». Un enjeu souligné par notre confrère Nicolas
Gros-Verheyde : « Entre civils et militaires, entre
fonctionnaires de la Commission – soumis à une forte hiérarchie et
davantage orientés vers la gestion de programme – et ceux du Conseil
– plus petite organisation, habituée à une hiérarchie courte
et plus politique, sans compter les diplomates nationaux, il y a aussi
un abîme et des cultures fort différentes qu'il va falloir marier, avec
harmonie. » (Bruxelles 2,
05/03/2010)
Flotte aérienne militaire
Pour seconder le Haut Représentant, la France aurait présenté
au poste de secrétaire général la candidature de Pierre Vimont, actuel
ambassadeur à Washington, ancien directeur de cabinet de Michel Barnier
puis de Philippe Douste-Blazy lors de leur passage au quai d'Orsay.
Signalons enfin la création imminente d'un commandement
européen du transport aérien (EATC pour European Airlift Transport
Command) entre la France, l'Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas.
Selon les explications du ministère de la Défense, « il aura
pour mission de coordonner l'emploi des avions de transport militaires
des quatre nations membres, afin d'harmoniser leur planification. Cette
organisation permettra d'optimiser la rationalisation des coûts pour
l'acheminement du personnel et du fret par voie aérienne militaire.
[...] Lorsqu'une des nations membres dispose d'une capacité de
transport disponible, elle la propose aux autres nations. À l'inverse,
si elle est confrontée à un besoin urgent, elle peut solliciter les
moyens des partenaires. » C'est un pas significatif vers la
mutualisation des moyens militaires, dont la crise rend la tentation
d'autant plus pressante.
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18 mars 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Les initiatives en faveur de l'éducation se sont multipliées
dans les "quartiers sensibles". Mais cela s'est fait de façon éparse,
sans que les pouvoirs publics soient en mesure d'évaluer l'incidence
des efforts consentis.
La loi d'orientation et de programmation pour la ville et la
rénovation urbaine du 1er août 2003 avait inscrit l'éducation
parmi les orientations prioritaires de la politique de la ville. Aussi
la commission des Finances du Sénat s'est-elle interrogée sur
« l'émergence d'un domaine de compétences partagées »
avec l'Éducation nationale.
Prolifération
Dans un rapport publié le 2 mars, Philippe Dallier et
Gérard Longuet présentent quelques difficultés posées par « la
prolifération des interventions éducatives dans les quartiers
sensibles » : « méconnaissance des
dispositifs, effets de concurrence ou de redondance entre les
dispositifs, difficultés de coordination entre des intervenants
nombreux qui ne peuvent de surcroît agir que dans un laps de temps par
définition limité ».
Entre autres opérations censées contribuer « à
l'insertion sociale et à la prévention de l'exclusion, à l'éducation à
la citoyenneté et à l'environnement, mais également pour une part à la
prévention de la délinquance et à l'amélioration de la tranquillité
publique » : les Internats d'excellence ;
les Projets de réussite éducative, offrant un accompagnement
« sur toutes les dimensions » (scolarité, santé,
éducation, culture, sports...) ; les Écoles de la deuxième
chance, qui visent l'insertion professionnelle de jeunes sans diplôme
ou qualification ; le parrainage de lycéens par des étudiants
de grandes écoles ; le "busing" « destinée à "casser"
les ghettos scolaires en école élémentaire en organisant la poursuite
du cycle éducatif dans une autre école de la même
ville » ; l'École ouverte, qui consiste à ouvrir les
lycées et collèges les mercredis et samedis et pendant les vacances.
On compterait 800 000 bénéficiaires, âgés
principalement de onze à dix-huit ans. Évalué à 160 millions
d'euros, le coût de ces dispositifs apparaîtrait « sans
commune mesure avec les montants mis en place au titre de l'Éducation
nationale ». Selon la Rue de Grenelle, les établissements de
l'éducation prioritaire bénéficieraient de 15 % de moyens
supplémentaires par rapport aux établissements de droit commun.
Paradoxe
En pratique, on relève des situations paradoxales mises en
exergue par la Cour des comptes : « Les élèves sont
ainsi plus nombreux par classe (24 en moyenne) dans les écoles
primaires classées en éducation prioritaire dans l'académie de Créteil
qu'ils ne le sont dans la moyenne nationale des écoles primaires
classées hors éducation prioritaire (23,5) ! »
D'un façon générale, la déclinaison des politiques nationales
au niveau local ne serait pas réellement connue. Les parlementaires
fustigent une « approximation dans le recensement des moyens
publics » qui ne permettrait pas « de créer une
dynamique vertueuse entre la mise en œuvre de la politique, son
évaluation et l'ajustement financier et technique des actions en
fonction des résultats de performance ».
Sigles charmeurs
Tandis que la coordination « resterait tributaire de
la bonne volonté individuelle des acteurs locaux », les
pouvoirs publics paraissent réduits à faire du bricolage. « La
Cour des comptes relève que "le foisonnement et l'empilement des
dispositifs d'intervention éducative en direction des quartiers
sensibles induisent une complexité qui constitue un obstacle à
l'appropriation, et donc à l'efficacité et à l'efficience des
dispositifs". Ainsi huit configurations sont possibles selon que
l'élève est scolarisé, ou non, dans un établissement de l'éducation
prioritaire ou qu'il réside, ou non, dans le périmètre d'un CUCS
[contrat urbain de cohésion sociale] ou d'une ZUS [zone urbaine
sensible]... »
Une clarification s'impose, mais l'inertie semble de mise. La
première révision du "zonage" des quartiers bénéficiaires d'un soutien
particulier devait intervenir en 2009. « Son report témoigne
de la difficulté à entrer dans une logique évolutive qui s'écarte du
principe de la garantie des droits acquis », déplorent les
sénateurs. Dans ces conditions, « on peut douter de
l'efficacité d'un accroissement des moyens sans révision des modalités
de fonctionnement ».
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12 mars 2010
Un sénateur demande que la République instaure « une Journée
nationale de la laïcité et de la cohésion républicaine ».
Une
complice du député Jacques Myard sévit à la chambre haute.
Mme Sophie Joissains, sénateur des Bouches-du-Rhône, membre du
Parti radical, « demande que la République française instaure
une Journée nationale de la laïcité et de la cohésion
républicaine ». À cet effet, elle a déposé une
proposition de résolution, enregistrée à la présidence du
Sénat le 23 février.
« Force est malheureusement de constater
qu'aujourd'hui [la laïcité] est de plus en plus remise en question par
des mouvements communautaristes, corporatistes, intégristes ou
racistes », déplore-t-elle dans l'exposé des motifs.
« La France est, et doit rester, une et
indivisible », affirme-t-elle. Aussi le Sénat devrait-il
« proclamer solennellement son attachement à ce principe
constitutionnel ».
« Non fériée ni chômée », cette journée
serait fixée au 9 décembre, « date anniversaire de la
loi concernant la séparation des Églises et de l'État, du temporel et
de l'intemporel » [sic]. Elle permettrait « chaque année
de faire le point sur les différentes actions menées en la matière tant
par les ministères concernés que par les associations et les
sociétés ». Il serait même « judicieux »
qu'elle « devienne également le jour référent pour la Journée
défense et citoyenneté, reflet de l'attachement à notre pays et aux
valeurs républicaines qui sont les siennes ».
Fait remarquable, Mme Joissains a préféré
« que ce dispositif soit présenté dans le cadre d'une
résolution, conformément au souhait exprimé par la commission des Lois
du Sénat en février 2002 qui estimait que l'instauration d'une
journée nationale revêtait "un caractère plus symbolique que normatif" ».
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8 mars 2010
Le Conseil prétend éradiquer la violence à l'égard des femmes
dans l'Union européenne. Aperçu de ses conclusions.
En ce lundi 8 mars, décrété journée internationale de
la femme par l'Organisation des Nations unies, le Conseil a adopté des
conclusions « concernant l'éradication de la violence à
l'égard des femmes dans l'Union européenne ». Ce
document de sept pages s'inscrit dans la continuité de
l'abondante littérature consacrée à l'égalité hommes-femmes par les
institutions européennes, dont les ministres énumèrent moult références.
On relève quelques orientations concrètes :
« promouvoir l'introduction d'un numéro de téléphone commun et
gratuit [...] pour fournir des informations précises et actualisées et
une assistance aux femmes victimes de la violence » ;
« renforcer la protection des femmes victimes de la violence
lorsqu'elles exercent leur droit à la libre circulation au sein de
l'Union européenne » (des négociations sont en
cours) ; « prendre les premières mesures en vue de la
création d'un observatoire européen de la violence envers les femmes,
en s'appuyant sur les structures institutionnelles
existantes » (tel l'Institut européen pour l'égalité entre les
hommes et les femmes, fraîchement installé à Vilnius, en Lituanie).
Études et statistiques insuffisantes
« On ne dispose toujours pas de données à jour,
fiables, précises et comparables, tant au niveau national qu'au niveau
de l'UE », déplore le Conseil, « et le phénomène de
la violence à l'égard des femmes n'a toujours pas fait l'objet d'une
étude approfondie au niveau de l'UE, ce qui limite la perception que
l'on peut avoir de son ampleur véritable et empêche le développement de
stratégies et de mesures au niveau national ainsi qu'une réaction
efficace au niveau de l'UE ». En outre, il
serait « essentiel d'aborder sur un plan
international l'échange de connaissances, de méthodes et de meilleures
pratiques au sein de l'UE et avec des pays tiers ayant une certaine
expérience de la lutte contre les pratiques traditionnelles
préjudiciables (telles que les mutilations génitales féminines) et
contre la traite des êtres humains ».
Selon les ministres, « la lutte contre la violence à
l'égard des femmes passe par une participation active des hommes,
permettant de remettre en cause les idées reçues et les rôles dévolus
aux hommes et aux femmes afin de promouvoir des relations basées sur le
respect, l'égalité et les valeurs démocratiques ». Aussi
invitent-ils la Commission et les États membres à « réaliser
des campagnes de sensibilisation, d'éducation et de formation pour
lutter contre des normes culturelles discriminatoires et venir à bout
des stéréotypes sexistes très répandus et de la stigmatisation sociale
qui légitiment et perpétuent la violence à l'égard des
femmes ».
Manifestement, le Conseil exclut l'hypothèse selon laquelle la
violence masculine serait le « corollaire tragique et
inexcusable » de la « dévaluation de la
virilité » – thèse qui serait vraisemblablement celle
Mme Claude Habib. « Face à la multiplication des
viols, au développement des violences conjugales, à la perte du respect
dû aux femmes par des hommes déboussolés, qui semblent répondre par la
brutalité ou le mépris à l'agression symbolique du féminisme, elle veut
croire à un sursaut de cette générosité virile qui est au fond
l'essence de la galanterie », rapporte
Stéphane Blanchonnet. « Retrouver les voies de
l'apaisement, de l'amour et de la confiance entre les hommes et les
femmes, c'est d'abord cesser de dénier aux hommes leur rôle de
protecteurs naturels, rôle qu'ils souhaitent jouer spontanément à
l'égard de leur compagne mais qui est constamment moqué, tourné en
dérision, ringardisé (comme tout ce qui rappelle les différences, les
inégalités, les traditions) dans le discours médiatique, la fiction
télévisuelle ou la publicité. » Ainsi que dans les arcanes
européens.
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7 mars 2010
Nouveau pas vers la maîtrise de la fusion nucléaire, la mise
en œuvre du projet ITER s'inscrit dans un cadre juridique
original : contrairement à de nombreux réacteurs de recherche
internationaux, ITER sera considéré comme une "installation nucléaire
de base", dénomination recouvrant l'ensemble des centrales nucléaires
en activité en France.
La chambre basse est saisie d'un projet de loi, adopté par le
Sénat, autorisant l'approbation d'un protocole « relatif au
rôle de l'inspection du travail sur le site de l'Organisation
internationale ITER et portant sur la santé et la sécurité au
travail ». Ce projet serait « l'un des plus
prometteurs pour l'avenir de l'énergie nucléaire » selon
Michel Destot, auteur d'un rapport
enregistré à la présidence de l'Assemblée nationale le
24 février. La construction, dans les Bouches-du-Rhône, de
l'International thermonuclear experimental reactor devrait permettre
des avancées significatives vers la maîtrise de la fusion nucléaire.
Les avantages de la fusion
« Les deux principales réactions nucléaires
permettant de produire de l'énergie sont la fission d'un noyau
atomique, et la fusion de deux noyaux », rappelle le
député-maire de Grenoble. « La réaction de fission est à
l'origine des premiers réacteurs nucléaires, et reste le seul processus
nucléaire actuellement utilisé pour produire industriellement de
l'électricité. Bien que plus difficile à provoquer et entretenir
artificiellement, la fusion nucléaire possède trois avantages
considérables sur la fission. En premier lieu, elle ne produit pas de
déchets radioactifs à haute radioactivité et à vie longue. [...] En
second lieu, la fusion recourt à des matières premières bien plus
abondantes que l'uranium ou le plutonium requis par les centrales à
fission actuelles. Théoriquement, la fusion de deutérium et d'hélium
est même un procédé permettant de créer de l'énergie sans limite, le
deutérium étant très abondant dans la nature. En pratique, les moyens
technologiques disponibles impliquent l'utilisation de tritium, extrait
du lithium, dont les ressources sont finies, mais sans commune mesure
avec celles actuellement disponibles pour l'uranium naturel. Enfin, la
fusion nucléaire permet, avec peu de matières premières, de produire
une quantité très importante d'énergie. On estime que la réaction de
fusion génère au moins quatre fois plus d'énergie par atome que la
réaction de fission. »
Ces perspectives justifient les investissements
consentis : 10 milliards d'euros sur quarante-cinq
ans. Lancé dès 1985 par Mikhaïl Gorbatchev, le projet ITER bénéficie de
l'implication de sept parties – l'Europe, la Chine, la Corée du Sud,
les États-Unis, l'Inde, le Japon et la Russie – dont la majorité des
contributions à la construction du réacteur seront fournies en nature.
« Afin de faire pencher la balance en faveur du site français
de Cadarache, soutenu par l'ensemble de l'Union européenne, celle-ci
accepta de prendre en charge une part importante des frais de
construction d'ITER (45,46 % contre environ 9,09 %
pour les autres) », poursuit le parlementaire. « La
contribution européenne est fournie par l'intermédiaire d'une agence
implantée à Barcelone, baptisée "F4E" (Fusion for energy), dotée d'un
budget de 4 milliards d'euros pour les dix premières années du
projet ITER. »
Forte implication française
« En plus de sa participation au financement de F4E,
la France assume également un certain nombre de charges financières au
titre d'État d'accueil. [...] L'ensemble des contributions françaises à
ITER est estimé à 871,5 millions d'euros, auxquels s'ajoutent
l'aménagement des voies d'accès au site de Cadarache et la construction
d'un lycée international à Manosque pour accueillir les enfants des
personnels de l'organisation ITER. » Des retombées économiques
positives sont escomptées à court terme : « L'arrivée
de 400 fonctionnaires internationaux, et les nombreux
chantiers qui seront lancés dans le cadre du projet, [devraient]
générer environ 3 000 emplois indirects pendant la
construction du réacteur, et 3 200 une fois celui-ci en état
de fonctionner. D'ores et déjà, les entreprises françaises se sont vues
attribuer 230 millions d'euros de contrats. »
« Ce réacteur de recherche est soumis aux mêmes
obligations de transparence et de sûreté que n'importe quelle centrale
électronucléaire sur notre territoire », souligne le
rapporteur. En effet, toutes les parties auraient convenu
« qu'il n'était pas pensable d'entretenir un soupçon d'opacité
pour un programme aussi important. C'est pourquoi l'applicabilité des
règles nationales régissant les activités nucléaires a été prévue dès
l'origine. » En conséquence, l'Autorité de sûreté nucléaire
sera autorisée à effectuer des contrôles sur le site. C'est une
première exception au regard du droit commun des organisations
internationales tel que prévu par la convention de Vienne de 1961 sur
les relations diplomatiques de 1961. « Une deuxième série
d'exceptions est prévue, qui fait l'objet du présent protocole
additionnel. [...] L'accord du 7 novembre 2007 prévoit, à ses
articles 3 et 17, que l'inspection du travail peut contrôler le respect
par ITER des règles nationales en matière de santé et de sécurité au
travail. La signature d'un accord entièrement consacré à ce thème était
imposée par ce même article. »
Cela favorisera « l'acceptabilité par la population
d'un programme de recherche qui suscite un important espoir »
selon M. Destot, qui invite naturellement la commission des Affaires
étrangères de l'Assemblée à adopter ce projet de loi.
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5 mars 2010
Une "mission exploratoire" s'est rendue en
Polynésie française du 31 octobre au 6 novembre 2009.
Elle portait sur la création d'une agence d'urbanisme et la
redynamisation de sites de défense. Son
rapport a été publié par la Documentation française le
23 février. En voici un aperçu.
« Le modèle de développement de Tahiti [...] serait
proche d'une rupture », affirment Patrick Albrecht, Patrick
Cunin et François Wellhoff. Leur constat semble alarmant :
« L'île regroupe plus des trois quarts de la population
polynésienne sur une bande étroite entre la mer et la montagne. La
croissance démographique a été soutenue, due à un taux de natalité
élevé et à une migration depuis les autres archipels. Il en résulte une
urbanisation désordonnée et proliférante de l'ensemble de la plaine
côtière autour de Papeete, fruit d'un aménagement privé d'opportunités
foncières. Alors que les besoins fonciers restent forts, l'urbanisation
a atteint ses limites : étalement urbain y compris sur les
piémonts, asphyxie de la circulation automobile, quartiers d'habitat
insalubre, absence de réseaux collectifs d'assainissement... Une
difficulté supplémentaire pour la Polynésie est son étendue,
équivalente à celle de l'Europe. L'accès aux soixante-seize îles
habitées est problématique. La majorité des archipels n'ont pas de
réseau d'eau potable ni d'assainissement, l'habitat y est sans confort,
les zones agricoles ne sont pas équipées. »
Dans ce contexte, alors que la fréquentation touristique
aurait chuté d'un quart en 2009, une réduction de moitié des
effectifs militaires stationnés en Polynésie est programmée. Cela n'ira
pas sans conséquences économiques et sociales, préviennent les
rapporteurs. qui ont reçu les maires des six principales communes
affectées par les restructurations : Faa'a, Papeete, Pirae,
Arue, Mahina et Taiarapu-Est. Lesquels auraient des opportunités à
saisir. En effet, la « densification des sites
militaires » permet d'envisager la cession d'une vingtaine
d'hectares sur Tahiti à partir de 2011. Or, « le maire de
Mahina attend depuis fin 2007 un accord formel du ministère de la
Défense pour réaliser une station d'épuration communale ».
Plus généralement, de nouvelles voies s'ouvrent ainsi au développement
économique.
Reste à mettre en place la "gouvernance" adéquate.
« La récente instabilité politique du Pays n'a pas été
favorable à la mise en perspective des projets et a créé un obstacle à
la continuité de l'action publique », déplorent les
rapporteurs. « Pourtant dépasser le court terme est
indispensable pour affronter la triple crise économique, sociale et
écologique (pollutions) qui menace l'avenir de ce "paradis
terrestre". » Cela suppose « un fort partenariat
entre les responsables du Pays (défenseurs, vis-à-vis de l'État, de
leur large autonomie), les élus communaux (détenteurs de peu de leviers
d'intervention mais proches de leurs concitoyens) et l'Etat représenté
par le Haut-Commissariat ».
Saluant une « nouvelle volonté de
coopération », la mission se veut optimiste. Mais il ne faudra
pas décevoir, « car un échec des dispositifs envisagés
alimenterait une fois de plus le scepticisme des acteurs publics et des
citoyens sur la possibilité de mener en Polynésie des démarches
durables ». Affaire à suivre.
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4 mars 2010
Madrid continue d'agiter son étendard féministe sur la scène
internationale.
« Les droits de la femme et la lutte contre la
violence à caractère sexiste » sont « au centre des
activités des Nations Unies cette semaine », a annoncé la
présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne.
Devant la commission de l'ONU sur la condition juridique et
sociale de la femme, le ministre espagnol de l'Égalité « a
réitéré ce lundi [...], au nom de l'UE, l'engagement des États membres
envers la déclaration et la plateforme d'action de Pékin, à l'occasion
de son quinzième anniversaire. [...] Mme Aído a de plus
affirmé qu'"il est urgent d'entreprendre de nouvelles actions" afin de
répondre aux besoins des jeunes filles et des femmes après des conflits
armés et a jugé "essentiel" [...] d'élargir l'accès à l'information sur
la santé sexuelle et reproductive. » Signalons au passage que
l'ONU s'apprête à regrouper, sous la houlette d'une direction commune,
ses différentes composantes censées œuvrer en faveur de l'égalité
hommes-femmes.
Dès demain, Madrid réaffirmera son volontarisme féministe par
la voix de Miguel Lorente, délégué du gouvernement espagnol en charge
des questions liées à la violence sexiste. En marge du premier sommet
UE-Maroc, celui-ci doit ouvrir un séminaire de deux jours portant sur
les sujets suivants : « genre et participation politique à
l’échelle locale » ; « questions liées au
genre au niveau local au Maroc et en Espagne » ;
« perspectives d’intégration de l’égalité des sexes dans les politiques
publiques locales ».
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