1 juillet 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Débat à l'Assemblée sur la force de gendarmerie européenne.
La commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale
a examiné le 23 juin le projet de loi autorisant la
ratification d'un traité entre la France, l'Espagne, l'Italie, les
Pays-Bas et le Portugal, portant création de la force de gendarmerie
européenne Eurogendfor. Laquelle s'est choisi l'anglais comme langue de
travail, au risque de froisser Jacques Myard... D'autant que
« ce n'est la langue d'aucun des États
signataires ! » « Nos forces doivent
employer le français », a proclamé le député des Yvelines, qui
a prétendu « déposer un amendement en ce sens »,
fût-il irrecevable.
Tandis que Mme Élisabeth Guigou regrettait que cette force se
mette en place en marge des institutions de l'Union européenne, le
rapporteur Alain Néri a souligné que « le format restreint de
la coopération peut aussi être un gage de réactivité et
d'efficacité ».
Patrick Labaune s'est interrogé : « Avec le
rapprochement entre police et gendarmerie sous l'autorité unique du
ministère de l'Intérieur, faut-il comprendre que ce ministère devient
compétent pour des opérations extérieures ? » « J'ai
l'impression que le mieux serait encore de rattacher cette force au
ministère du tourisme ! », a même lancé Patrick
Balkany, sceptique. « Il est vrai qu'il ne s'agit que d'un
petit pas », a reconnu Axel Poniatowski, le président de la
commission des Affaires étrangères. « Néanmoins, lorsque cette
force de gendarmerie européenne est intervenue à Haïti après le
tremblement de terre, son action dans la lutte contre les pillards a
été très utile et appréciée. »
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1 juillet 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Sur fond de rivalité avec leurs homologues européens, les
députés français accueillent sans grand enthousiasme la création d'un
Service européen pour l'Action extérieure (SEAE). Aperçu des
discussions en commission.
Réunis le 17 juin, les représentants du "triangle
institutionnel" européen (Conseil des ministres, Commission et
Parlement) sont convenus d'un accord ouvrant la voie à la création du
Service européen pour l'Action extérieure (SEAE).
Satisfecit fédéraliste
L'eurodéputé belge Guy Verhofstadt, chantre d'une Europe plus
fédérale, a exprimé sa satisfaction : « Il y avait
initialement, avant l'intervention du Parlement européen, un petit
service de type intergouvernemental. Mais nous avons réussi à changer
la philosophie du service », a-t-il proclamé (Toute l'Europe,
23/06/10). Mme Catherine Ashton, Haut Représentant de l'UE
pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a assuré aux
parlementaires qu'ils bénéficieraient, sur le budget propre du service,
d'un droit de regard équivalent à celui dont ils disposent à l'égard de
la Commission. Les députés devront « être informés à l'avance
des décisions stratégiques et politiques », nous apprend
Euractiv (23/06/2010).
Quelques jours plus tôt, emboîtant le pas au Sénat, la
commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale avait
dénoncé le chantage exercé par le Parlement européen. Hervé de Charette
fut le seul à fustiger « l'hostilité traditionnelle »
de la France à son encontre, tandis que ses collègues examinaient un
rapport présenté par Nicole Ameline et Gaëtan Gorce. Lesquels n'ont pas
mâché leurs mots : « À aucun moment il n'a été
question, ni dans la lettre ni dans l'esprit du Traité [de Lisbonne],
de modifier dès aujourd'hui, dans le champ de l'action extérieure, les
pouvoirs du Parlement européen, ni de permettre à ce dernier de
s'immiscer dans le dialogue entre la Commission et les États membres
quant à la décision fixant l'organisation et le fonctionnement du SEAE.
Or les députés européens ont, sitôt consultés conformément au Traité,
entendu peser sur la configuration même du SEAE en "prenant en otage" –
osons l'expression – la décision du Conseil » – autrement dit,
les gouvernements. Et d'ajouter « qu'il serait fallacieux de
prétendre que l'on crée, avec le SEAE, une situation dans laquelle le
Parlement européen serait seul en mesure d'exercer un contrôle
démocratique que les parlements nationaux n'exerceraient plus à leur
échelle : nous ne sommes pas dans un cas de transfert de compétences
des États membres vers l'Union européenne ».
En effet, comme l'a relevé Élisabeth Guigou, l'innovation
tient à « la capacité d'unifier la direction de l'action
extérieure de l'Union », jusqu'alors scindée entre deux
piliers, communautaire (Commission) et intergouvernemental (Conseil des
ministres). Ainsi est-il possible, selon les rapporteurs,
« d'imaginer une nouvelle opération [navale] en Somalie et au
Yémen, qui mêlerait contrôle de la piraterie avec déploiement de
troupes, reconstruction de l'État somalien, assorti d'une aide au
développement et d'assistance sous forme d'ingénierie administrative...
soit toute la palette des instruments placés sous la responsabilité
politique de Mme Catherine Ashton – les modalités de mise en
œuvre concrète, budgétaire en particulier, différant
toutefois. »
Euroscepticisme
Les parlementaires français n'en ont pas moins exprimé un
certain scepticisme quant aux perspectives ouvertes par l'institution
du "service diplomatique européen". Hervé de Charette s'est dit
« très surpris par les chiffres avancés » :
« Doter ce nouveau service de 8 000 personnels alors
que tous nos ministères rencontrent des difficultés pour conserver
leurs effectifs me paraît étonnant. Le ministère français des Affaires
étrangères compte entre 12 et 13 000 personnels tout
compris : avons-nous besoin d'en créer un second sans
compétence bien définie ? » « Ce processus
ne doit pas conduire à l'affaiblissement de la diplomatie
française », a prévenu Robert Lecou. D'autant qu'« il
n'y a pas de diplomatie européenne » – ce qu'a confirmé
Jean-Claude Guibal : « Les représentants de l'Union
européenne que j'ai rencontrés à l'étranger se contentaient de
distribuer des crédits et de faire un peu de coordination. Le nouveau
service ne change rien à cela. » De toute façon, a conclu
Jean-Michel Boucheron, « personne ne souhaite réellement que
ce projet aboutisse. Aucun État n'est prêt à se dessaisir de sa
politique étrangère et c'est heureux. »
Deux thèses en présence
Les rapporteurs sont-ils du même avis ?
« Les capitales des États membres, et en particulier des
grands États, continueront probablement à jouer un rôle
incontournable », ont-ils écrit. « Symétriquement,
l'Union risque fort de parvenir pendant encore un certain temps à "se
taire d'une seule voix" – comme, hélas, encore tout récemment à propos
de l'arraisonnement en haute mer d'une flottille qui voguait vers la
bande de Gaza. » De fait, « l'Union européenne n'a
jamais été aussi visible sur la scène internationale que dans sa
réaction aux crises survenues au cours de la présidence française du
deuxième semestre de 2008... sous le régime du traité de
Nice ! » Preuve, selon eux, que « la clef du
succès de la future diplomatie européenne sera la capacité des grandes
capitales à faire converger leurs approches ».
Se distinguant par un relatif optimisme, Marie-Louise Fort
s'est demandé « si le nouveau service européen ne renforcera
pas, finalement, la voix des États européens dans le monde ».
« Deux lectures sont possibles en effet », selon Gaëtan
Gorce : « On peut certes voir dans l'avènement de ce
nouveau service un risque d'affaiblissement de notre
diplomatie ; on peut aussi le considérer comme un renforcement
de la capacité de faire prendre en compte nos préoccupations au sein de
l'Union européenne. » Quoi qu'il en soit, les députés
participant au débat ont témoigné d'un relatif réalisme dont on les
imaginait peu coutumiers. Sans doute y ont-ils été poussés par leurs
homologues "européens" convoitant leurs prérogatives institutionnelles.
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1 juillet 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Confronté à la pression des syndicats, handicapé par les
échéances électorales, le gouvernement doit compter également avec les
scandales éclaboussant moult ministres. Les réformes indispensables à
l'assainissement des finances publiques s'en trouvent d'autant plus
difficiles à mener.
Les perspectives économiques de la France sont « très
incertaines », a annoncé, sans prendre de risque, le Fonds
monétaire international. Le diagnostic est désormais bien connu dans la
zone euro : « La crise actuelle résulte des
politiques budgétaires insoutenables menées par certains pays, du
retard pris dans l'assainissement du système financier, de la lenteur à
mettre en place la discipline et la souplesse nécessaires. »
« Les pays confrontés aux pressions du marché n'ont pas
d'autre choix que de prendre des mesures drastique », a
averti l'institution dirigée par Dominique Strauss-Kahn.
Un lointain souvenir
Bien que la France bénéficie toujours du "triple A"
accordé par les agences de notation, son dernier excédent budgétaire
remonte à 1974 ! Or elle se doit d'alimenter la confiance des
investisseurs. « La volatilité des marchés et la forte
augmentation de la dette publique imposent [donc] un programme de
consolidation inscrit dans une stratégie tournée vers
l'avenir. » Hélas, la mise en œuvre d'une telle politique
relève de la gageure dans une république obnubilée par la
"présidentielle permanente". Reconnaissons toutefois que la démocratie
n'est pas seule en cause. Un regard tourné vers le Rhin en impose le
constat : tous les tempéraments nationaux ne se prêtent pas
semblablement à la "rigueur".
Cela dit, les politiciens n'ignorent pas tout à fait la
perversité de leurs joutes électorales. Faute de parvenir à se
comporter en adultes responsables, ils se résignent à choisir un maître
d'école. La Commission européenne excelle dans ce rôle-là, bien que le
Pacte de stabilité ait volé en éclats. L'UE et le carcan du droit
apparaissent comme les nouvelles conditions du salut public. Dans un
rapport remis au Premier ministre, Michel Camdessus a dessiné les
contours d'une règle constitutionnelle d'équilibre. On s'achemine vers
l'inscription dans la Constitution du principe d'une "loi-cadre de
programmation des finances publiques" pluriannuelle, s'imposant aux
lois de finances et de financement de la Sécurité sociale, sous le
contrôle du Conseil constitutionnel. « Cette règle fixerait
une trajectoire impérative de réduction des déficits, et la date de
retour à l'équilibre structurel de nos finances publiques »,
selon les explications de Matignon.
Mais d'autres chantiers sont à mener. « D'importantes
réformes de long terme (en particulier concernant les retraites et le
système de santé), ne produiraient que des économies limitées dans
l'immédiat, mais auront des effets positifs et significatifs en termes
de crédibilité auprès des marchés financiers et sur la demande
intérieure », a encore souligné le FMI. Autrement dit, la
réforme des retraites représente un enjeu d'autant plus sensible
qu'elle participe de la résolution de l'impossible équation : ou
comment assainir les finances publiques sans menacer la reprise
économique. « La réforme des retraites et du système de santé
doivent constituer la pierre angulaire de la stratégie budgétaire de
moyen terme », selon le Fonds monétaire international. Et DSK
de cautionner, en tant que directeur général de l'institution,
l'affirmation selon laquelle « il convient [...] de résister
aux pressions qui conduiraient à ne pas corriger les déséquilibres
fondamentaux et à s'appuyer démesurément sur des mesures
d'accroissement des recettes ». Ce faisant, le ténor
socialiste met en lumière la démagogie pratiquée par son parti –
conséquence heureuse de la politique d'"ouverture" menée par Nicolas
Sarkozy !
Placé à la tête de la cour des Comptes, un autre transfuge a
souligné le courage requis pour affronter les déficits. Didier Migaud
se serait bien gardé de tenir un pareil discours du temps où il
sévissait à l'Assemblée nationale. Les royalistes distinguent mieux que
quiconque l'influence déterminante des institutions... Reste que le
courage ne saurait suffire. L'habileté s'avère tout aussi nécessaire,
sinon davantage. Les maladresses d'Alain Juppé ne se sont-elles pas
soldées par l'adoption des trente-cinq heures ?
Faute morale ou politique
Aussi les déboires du ministre du Travail, de la Solidarité et
de la Fonction publique tombent-ils à pic. « Éric Woerth est
un homme intègre », si l'on en croit notre collaborateur
Catoneo. « Mais il fréquente les cercles d'influence [...] et
les gens très friqués du grand monde étaient son quotidien. Il n'a pas
vu la collusion d'intérêts entre son poste de chef du Fisc et celui de
gestionnaire de grande fortune qu'occupait sa femme. Il lui est
impossible de soutenir qu'ils avaient un sas de décompression
professionnelle à la maison, ce que les chiens courants du Parti
socialiste ont très bien détecté. Cette affaire tombe mal au moment où
l'on découvre que la prévarication fait rage dans la grande république
bananière d'Europe occidentale. Mais comme souvent, c'est le premier
qui passe, coupable ou non, qui subit l'assaut de la meute. »
« Nous ne sommes pas des gens moraux »,
avons-nous l'habitude de proclamer à l'Action française. Il est vrai
que nous ne nous faisons aucune illusion sur la prétendue vertu
républicaine... Laissons à l'avenir le soin d'identifier les fautes
morales. Espérons seulement que cette bourde politique ne compromettra
pas une réforme que l'on pouvait déjà craindre trop timide.
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1 juillet 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Quand l'État prend les parents par la main ou distribue des
chèques-cadeaux...
En dépit de sa faillite financière, l'État-providence fait
toujours recette. Plus que jamais, il nous appartient de dénoncer
l'État républicain « qui se mêle de tout aujourd'hui, même de
faire des écoles et de vendre des allumettes, et qui, en conséquence,
fait tout infiniment mal, vendant des allumettes ininflammables et
distribuant un enseignement insensé »...
Les enfants ne lui suffisant plus, la République s'attaque à
l'éducation des parents. En témoigne l'initiative du gouvernement
censée participer du souci légitime de « prévenir la
maltraitance des enfants », et visant à distribuer – dans les
maternités ? – un « livret de
coparentalité ».
Gageons que toute une série de "droits" y seront répertoriés.
Mme Marie-George Buffet vient d'ailleurs d'en inventer un
nouveau. Inspiré par des élèves de CM2 ayant siégé au "Parlement des
enfants", le député de Seine-Saint-Denis a déposé une proposition de
loi « tendant à soutenir les adolescents au
quotidien ». Entre autres dispositions, un article répond à la
demande, formulée par les écoliers, d'inscrire dans la loi le droit
« d'accéder aux loisirs ». Concrètement,
Mme Buffet propose « une carte culture et loisirs
accompagnée de bons prépayés ».
Ce faisant, elle entérine l'idée de ses petits camarades,
cités dans l'exposé des motifs, selon lesquels « l'accès aux
loisirs [...] nécessite souvent », voire surtout,
« d'avoir de l'argent », alors qu'il constitue « un élément
essentiel de la construction de l'homme ». Autrement dit,
chacun s'épanouit à la mesure de ses moyens financiers. C'est une élue
communiste qui vous le dit. Chapeau !
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