8 mars 2010
Le Conseil prétend éradiquer la violence à l'égard des femmes
dans l'Union européenne. Aperçu de ses conclusions.
En ce lundi 8 mars, décrété journée internationale de
la femme par l'Organisation des Nations unies, le Conseil a adopté des
conclusions « concernant l'éradication de la violence à
l'égard des femmes dans l'Union européenne ». Ce
document de sept pages s'inscrit dans la continuité de
l'abondante littérature consacrée à l'égalité hommes-femmes par les
institutions européennes, dont les ministres énumèrent moult références.
On relève quelques orientations concrètes :
« promouvoir l'introduction d'un numéro de téléphone commun et
gratuit [...] pour fournir des informations précises et actualisées et
une assistance aux femmes victimes de la violence » ;
« renforcer la protection des femmes victimes de la violence
lorsqu'elles exercent leur droit à la libre circulation au sein de
l'Union européenne » (des négociations sont en
cours) ; « prendre les premières mesures en vue de la
création d'un observatoire européen de la violence envers les femmes,
en s'appuyant sur les structures institutionnelles
existantes » (tel l'Institut européen pour l'égalité entre les
hommes et les femmes, fraîchement installé à Vilnius, en Lituanie).
Études et statistiques insuffisantes
« On ne dispose toujours pas de données à jour,
fiables, précises et comparables, tant au niveau national qu'au niveau
de l'UE », déplore le Conseil, « et le phénomène de
la violence à l'égard des femmes n'a toujours pas fait l'objet d'une
étude approfondie au niveau de l'UE, ce qui limite la perception que
l'on peut avoir de son ampleur véritable et empêche le développement de
stratégies et de mesures au niveau national ainsi qu'une réaction
efficace au niveau de l'UE ». En outre, il
serait « essentiel d'aborder sur un plan
international l'échange de connaissances, de méthodes et de meilleures
pratiques au sein de l'UE et avec des pays tiers ayant une certaine
expérience de la lutte contre les pratiques traditionnelles
préjudiciables (telles que les mutilations génitales féminines) et
contre la traite des êtres humains ».
Selon les ministres, « la lutte contre la violence à
l'égard des femmes passe par une participation active des hommes,
permettant de remettre en cause les idées reçues et les rôles dévolus
aux hommes et aux femmes afin de promouvoir des relations basées sur le
respect, l'égalité et les valeurs démocratiques ». Aussi
invitent-ils la Commission et les États membres à « réaliser
des campagnes de sensibilisation, d'éducation et de formation pour
lutter contre des normes culturelles discriminatoires et venir à bout
des stéréotypes sexistes très répandus et de la stigmatisation sociale
qui légitiment et perpétuent la violence à l'égard des
femmes ».
Manifestement, le Conseil exclut l'hypothèse selon laquelle la
violence masculine serait le « corollaire tragique et
inexcusable » de la « dévaluation de la
virilité » – thèse qui serait vraisemblablement celle
Mme Claude Habib. « Face à la multiplication des
viols, au développement des violences conjugales, à la perte du respect
dû aux femmes par des hommes déboussolés, qui semblent répondre par la
brutalité ou le mépris à l'agression symbolique du féminisme, elle veut
croire à un sursaut de cette générosité virile qui est au fond
l'essence de la galanterie », rapporte
Stéphane Blanchonnet. « Retrouver les voies de
l'apaisement, de l'amour et de la confiance entre les hommes et les
femmes, c'est d'abord cesser de dénier aux hommes leur rôle de
protecteurs naturels, rôle qu'ils souhaitent jouer spontanément à
l'égard de leur compagne mais qui est constamment moqué, tourné en
dérision, ringardisé (comme tout ce qui rappelle les différences, les
inégalités, les traditions) dans le discours médiatique, la fiction
télévisuelle ou la publicité. » Ainsi que dans les arcanes
européens.
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7 mars 2010
Nouveau pas vers la maîtrise de la fusion nucléaire, la mise
en œuvre du projet ITER s'inscrit dans un cadre juridique
original : contrairement à de nombreux réacteurs de recherche
internationaux, ITER sera considéré comme une "installation nucléaire
de base", dénomination recouvrant l'ensemble des centrales nucléaires
en activité en France.
La chambre basse est saisie d'un projet de loi, adopté par le
Sénat, autorisant l'approbation d'un protocole « relatif au
rôle de l'inspection du travail sur le site de l'Organisation
internationale ITER et portant sur la santé et la sécurité au
travail ». Ce projet serait « l'un des plus
prometteurs pour l'avenir de l'énergie nucléaire » selon
Michel Destot, auteur d'un rapport
enregistré à la présidence de l'Assemblée nationale le
24 février. La construction, dans les Bouches-du-Rhône, de
l'International thermonuclear experimental reactor devrait permettre
des avancées significatives vers la maîtrise de la fusion nucléaire.
Les avantages de la fusion
« Les deux principales réactions nucléaires
permettant de produire de l'énergie sont la fission d'un noyau
atomique, et la fusion de deux noyaux », rappelle le
député-maire de Grenoble. « La réaction de fission est à
l'origine des premiers réacteurs nucléaires, et reste le seul processus
nucléaire actuellement utilisé pour produire industriellement de
l'électricité. Bien que plus difficile à provoquer et entretenir
artificiellement, la fusion nucléaire possède trois avantages
considérables sur la fission. En premier lieu, elle ne produit pas de
déchets radioactifs à haute radioactivité et à vie longue. [...] En
second lieu, la fusion recourt à des matières premières bien plus
abondantes que l'uranium ou le plutonium requis par les centrales à
fission actuelles. Théoriquement, la fusion de deutérium et d'hélium
est même un procédé permettant de créer de l'énergie sans limite, le
deutérium étant très abondant dans la nature. En pratique, les moyens
technologiques disponibles impliquent l'utilisation de tritium, extrait
du lithium, dont les ressources sont finies, mais sans commune mesure
avec celles actuellement disponibles pour l'uranium naturel. Enfin, la
fusion nucléaire permet, avec peu de matières premières, de produire
une quantité très importante d'énergie. On estime que la réaction de
fusion génère au moins quatre fois plus d'énergie par atome que la
réaction de fission. »
Ces perspectives justifient les investissements
consentis : 10 milliards d'euros sur quarante-cinq
ans. Lancé dès 1985 par Mikhaïl Gorbatchev, le projet ITER bénéficie de
l'implication de sept parties – l'Europe, la Chine, la Corée du Sud,
les États-Unis, l'Inde, le Japon et la Russie – dont la majorité des
contributions à la construction du réacteur seront fournies en nature.
« Afin de faire pencher la balance en faveur du site français
de Cadarache, soutenu par l'ensemble de l'Union européenne, celle-ci
accepta de prendre en charge une part importante des frais de
construction d'ITER (45,46 % contre environ 9,09 %
pour les autres) », poursuit le parlementaire. « La
contribution européenne est fournie par l'intermédiaire d'une agence
implantée à Barcelone, baptisée "F4E" (Fusion for energy), dotée d'un
budget de 4 milliards d'euros pour les dix premières années du
projet ITER. »
Forte implication française
« En plus de sa participation au financement de F4E,
la France assume également un certain nombre de charges financières au
titre d'État d'accueil. [...] L'ensemble des contributions françaises à
ITER est estimé à 871,5 millions d'euros, auxquels s'ajoutent
l'aménagement des voies d'accès au site de Cadarache et la construction
d'un lycée international à Manosque pour accueillir les enfants des
personnels de l'organisation ITER. » Des retombées économiques
positives sont escomptées à court terme : « L'arrivée
de 400 fonctionnaires internationaux, et les nombreux
chantiers qui seront lancés dans le cadre du projet, [devraient]
générer environ 3 000 emplois indirects pendant la
construction du réacteur, et 3 200 une fois celui-ci en état
de fonctionner. D'ores et déjà, les entreprises françaises se sont vues
attribuer 230 millions d'euros de contrats. »
« Ce réacteur de recherche est soumis aux mêmes
obligations de transparence et de sûreté que n'importe quelle centrale
électronucléaire sur notre territoire », souligne le
rapporteur. En effet, toutes les parties auraient convenu
« qu'il n'était pas pensable d'entretenir un soupçon d'opacité
pour un programme aussi important. C'est pourquoi l'applicabilité des
règles nationales régissant les activités nucléaires a été prévue dès
l'origine. » En conséquence, l'Autorité de sûreté nucléaire
sera autorisée à effectuer des contrôles sur le site. C'est une
première exception au regard du droit commun des organisations
internationales tel que prévu par la convention de Vienne de 1961 sur
les relations diplomatiques de 1961. « Une deuxième série
d'exceptions est prévue, qui fait l'objet du présent protocole
additionnel. [...] L'accord du 7 novembre 2007 prévoit, à ses
articles 3 et 17, que l'inspection du travail peut contrôler le respect
par ITER des règles nationales en matière de santé et de sécurité au
travail. La signature d'un accord entièrement consacré à ce thème était
imposée par ce même article. »
Cela favorisera « l'acceptabilité par la population
d'un programme de recherche qui suscite un important espoir »
selon M. Destot, qui invite naturellement la commission des Affaires
étrangères de l'Assemblée à adopter ce projet de loi.
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5 mars 2010
Une "mission exploratoire" s'est rendue en
Polynésie française du 31 octobre au 6 novembre 2009.
Elle portait sur la création d'une agence d'urbanisme et la
redynamisation de sites de défense. Son
rapport a été publié par la Documentation française le
23 février. En voici un aperçu.
« Le modèle de développement de Tahiti [...] serait
proche d'une rupture », affirment Patrick Albrecht, Patrick
Cunin et François Wellhoff. Leur constat semble alarmant :
« L'île regroupe plus des trois quarts de la population
polynésienne sur une bande étroite entre la mer et la montagne. La
croissance démographique a été soutenue, due à un taux de natalité
élevé et à une migration depuis les autres archipels. Il en résulte une
urbanisation désordonnée et proliférante de l'ensemble de la plaine
côtière autour de Papeete, fruit d'un aménagement privé d'opportunités
foncières. Alors que les besoins fonciers restent forts, l'urbanisation
a atteint ses limites : étalement urbain y compris sur les
piémonts, asphyxie de la circulation automobile, quartiers d'habitat
insalubre, absence de réseaux collectifs d'assainissement... Une
difficulté supplémentaire pour la Polynésie est son étendue,
équivalente à celle de l'Europe. L'accès aux soixante-seize îles
habitées est problématique. La majorité des archipels n'ont pas de
réseau d'eau potable ni d'assainissement, l'habitat y est sans confort,
les zones agricoles ne sont pas équipées. »
Dans ce contexte, alors que la fréquentation touristique
aurait chuté d'un quart en 2009, une réduction de moitié des
effectifs militaires stationnés en Polynésie est programmée. Cela n'ira
pas sans conséquences économiques et sociales, préviennent les
rapporteurs. qui ont reçu les maires des six principales communes
affectées par les restructurations : Faa'a, Papeete, Pirae,
Arue, Mahina et Taiarapu-Est. Lesquels auraient des opportunités à
saisir. En effet, la « densification des sites
militaires » permet d'envisager la cession d'une vingtaine
d'hectares sur Tahiti à partir de 2011. Or, « le maire de
Mahina attend depuis fin 2007 un accord formel du ministère de la
Défense pour réaliser une station d'épuration communale ».
Plus généralement, de nouvelles voies s'ouvrent ainsi au développement
économique.
Reste à mettre en place la "gouvernance" adéquate.
« La récente instabilité politique du Pays n'a pas été
favorable à la mise en perspective des projets et a créé un obstacle à
la continuité de l'action publique », déplorent les
rapporteurs. « Pourtant dépasser le court terme est
indispensable pour affronter la triple crise économique, sociale et
écologique (pollutions) qui menace l'avenir de ce "paradis
terrestre". » Cela suppose « un fort partenariat
entre les responsables du Pays (défenseurs, vis-à-vis de l'État, de
leur large autonomie), les élus communaux (détenteurs de peu de leviers
d'intervention mais proches de leurs concitoyens) et l'Etat représenté
par le Haut-Commissariat ».
Saluant une « nouvelle volonté de
coopération », la mission se veut optimiste. Mais il ne faudra
pas décevoir, « car un échec des dispositifs envisagés
alimenterait une fois de plus le scepticisme des acteurs publics et des
citoyens sur la possibilité de mener en Polynésie des démarches
durables ». Affaire à suivre.
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4 mars 2010
Madrid continue d'agiter son étendard féministe sur la scène
internationale.
« Les droits de la femme et la lutte contre la
violence à caractère sexiste » sont « au centre des
activités des Nations Unies cette semaine », a annoncé la
présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne.
Devant la commission de l'ONU sur la condition juridique et
sociale de la femme, le ministre espagnol de l'Égalité « a
réitéré ce lundi [...], au nom de l'UE, l'engagement des États membres
envers la déclaration et la plateforme d'action de Pékin, à l'occasion
de son quinzième anniversaire. [...] Mme Aído a de plus
affirmé qu'"il est urgent d'entreprendre de nouvelles actions" afin de
répondre aux besoins des jeunes filles et des femmes après des conflits
armés et a jugé "essentiel" [...] d'élargir l'accès à l'information sur
la santé sexuelle et reproductive. » Signalons au passage que
l'ONU s'apprête à regrouper, sous la houlette d'une direction commune,
ses différentes composantes censées œuvrer en faveur de l'égalité
hommes-femmes.
Dès demain, Madrid réaffirmera son volontarisme féministe par
la voix de Miguel Lorente, délégué du gouvernement espagnol en charge
des questions liées à la violence sexiste. En marge du premier sommet
UE-Maroc, celui-ci doit ouvrir un séminaire de deux jours portant sur
les sujets suivants : « genre et participation politique à
l’échelle locale » ; « questions liées au
genre au niveau local au Maroc et en Espagne » ;
« perspectives d’intégration de l’égalité des sexes dans les politiques
publiques locales ».
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4 mars 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Les propositions de loi présentées à l'Assemblée nationale
revêtent parfois un caractère insolite.
Parmi les textes enregistrés le 24 janvier à la
présidence de la chambre basse, on remarque celui signé par Lionel
Lucas et treize autres députés, « visant à modifier le statut
juridique du cheval en le faisant passer d'animal de rente à animal de
compagnie ». À ce jour, déplorent les parlementaires, le
cheval est « toujours assimilé à un animal de rente dont le
destin final est l'abattoir ».
Jean-Claude Bouchet, Jacques Remiller et Bernard Reynès, quant
à eux, voudraient « valoriser la qualité et l'origine des
fruits et légumes produits sur le territoire national ». À cet
effet, ils proposent « d'introduire l'obligation d'apposer une
pastille autocollante tricolore sur tous les fruits et légumes produits
sur le territoire national ».
Contre l'obésité
Prenant les citoyens par la main, un groupe de députés affirme
que « dans un contexte d'accroissement de l'obésité en France,
l'éducation à la nutrition et à l'alimentation dans les établissements
d'enseignement des premier et second degrés paraît plus que jamais
nécessaire ».
Un autre promeut « l'installation de distributeurs
automatiques de produits sains dans les lieux publics et les
entreprises ». Selon ces parlementaires, « rendre
indissociable l'installation de distributeurs automatiques de produits
de "snacking" de l'installation de distributeurs de produits sains est
un moyen de permettre aux consommateurs de ne pas uniquement avoir
accès à des produits qui peuvent contribuer au déséquilibre
alimentaire. [...] Cette proposition de loi prévoit que toute
administration publique, toute entreprise publique ou privée doit
installer des distributeurs automatiques de fruits et légumes ou de
boissons non sucrées là où existent déjà des distributeurs automatiques
de boissons sucrées et de produits alimentaires à forte teneur en
sucre, en sel ou en matière grasse. »
Intentions louables, dont on se demande toutefois si
la poursuite ne contribue pas à entretenir l'obésité de l'État – qui se
mêle de tout – et les lourdeurs administratives.
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4 mars 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Le congé maternité en débat au Parlement européen.
L'UE s'achemine vers l'allongement de la durée minimale du
congé de maternité. La Commission européenne avait proposé qu'elle soit
portée de quatorze à dix-huit semaines (contre seize en France). Un
progrès jugé insuffisant par la commission des Droits de la femme du
Parlement européen, qui s'est prononcée le mardi 23 février
pour une durée minimale de vingt semaines. Par dix-neuf voix pour,
treize contre et une abstention, elle a adopté le rapport sur la santé
et la sécurité des travailleuses enceintes rédigé par la Portugaise
Edite Estrela, membre du groupe de l'Alliance progressiste des
Socialistes et Démocrates (S&D).
En vertu de la directive actuellement en vigueur, les femmes
sont déjà tenues de prendre deux semaines de repos, avant ou après
l'accouchement. Le projet de révision imposerait six semaines après la
naissance de l'enfant, dont l'allaitement se trouverait ainsi facilité.
Dans un communiqué, le Parlement européen souligne que « les
États membres devraient encourager l'octroi de congé dans cette
perspective ». Selon la commission parlementaire, ils
devraient également « veiller à ce que les pères soient
habilités à prendre un congé de paternité entièrement payé d'au moins
deux semaines » (onze jours dans l'Hexagone).
Cela tranche avec le féminisme auquel nous avaient habitués
les arcanes européens. Le secrétaire national de l'UMP s'en est
ému : selon Philippe Juvin, ces propositions
« stigmatisent les femmes dans leur rôle de mère. Ce texte
n'est que l'aboutissement d'un lobbying des
intégristes de tout crin et ne permettra pas de promouvoir
l'émancipation des femmes dans nos sociétés ». « Avec
le rapport Estrela, ajoute-t-il, la gauche réenferme la femme dans le
modèle opprimant de la maternité exclusive. »
Que la "droite" se rassure : rien n'est encore joué.
Le 25 mars, les députés seront appelés à s'exprimer en session
plénière. Il faudra ensuite solliciter l'accord du Conseil des
ministres, où la Grande-Bretagne affichera vraisemblablement ses
réticences. « La directive devrait mettre en place des
standards minimum au niveau européen pour la santé et la sécurité des
femmes enceintes et ne pas ajouter de coûts supplémentaires sur la
feuille de paye pour les entreprises déjà surtaxées et les systèmes de
santé nationaux », a indiqué le directeur de la chambre de
commerce britannique cité par AP (Euractiv,
26/02/2010).
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4 mars 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Agacement des Américains, dissensions entre les gouvernements
et la Commission, critiques persistantes à l'encontre du Haut
Représentant.... L'Europe du traité de Lisbonne peine à soigner sa
crédibilité internationale.
Le traité de Lisbonne « permet à l'Europe de se faire
clairement entendre auprès de ses partenaires mondiaux »,
proclame le site officiel de l'UE. Trois mois après son entrée en
vigueur le 1er décembre 2009, les faits contredisent
apparemment cette affirmation péremptoire.
Députés en embuscade
Après avoir déploré la confusion régnant dans l'Union, dont
trois présidences se disputent désormais la représentation
internationale (Conseil européen, Conseil, Commission), le gouvernement
américain a dû recevoir la lettre l'informant « de la fin de
l'application provisoire d'un accord sur le traitement et le transfert
de données de messagerie financière [...] aux fins de son programme de
surveillance du financement du terrorisme ». Réunis le
22 février, les représentants des Vingt-Sept en avaient
approuvé le texte suite au veto du Parlement européen étrennant ses
nouveaux pouvoirs. Dans un communiqué publié le lendemain, l'assemblée
a confirmé que « les députés sont déterminés à exercer leur
pouvoir budgétaire et leur contrôle démocratique dans le domaine de la
Politique étrangère et de sécurité commune (PESC), y compris pour ce
qui est des mécanismes de financement du service d'action
extérieure ».
L'architecture du Service européen pour l'Action extérieure
(SEAE) n'est pas encore fixée. Selon Jean Quatremer, il
serait « quasiment acquis que celui-ci sera dirigé par un
diplomate français de très haut rang, fin connaisseur des affaires
européennes et bourreau de travail, secondé par un directeur politique
italien ou allemand » (Coulisses de Bruxelles,
22/02/2010). Pour l'heure, la nomination d'un nouveau représentant à
Washington illustre les difficultés posées par la fusion des piliers
communautaire et intergouvernementaux. José Manuel Durão Barroso a
dépêché outre-Atlantique son directeur général des Relations
extérieures, Joao Vale de Almeida. Ce faisant, le président de la
Commission européenne s'est attiré les foudres des États membres.
Nomination controversée
« Envoyer un simple fonctionnaire à Washington pour
succéder à un ancien Premier ministre, l'Irlandais John Bruton, qui
avait sur place des réseaux d'une rare efficacité, n'est sans doute pas
la chose la plus intelligente à faire au moment où les relations
transatlantiques connaissent quelques remous à la suite de l'annulation
par Barack Obama du sommet UE-États-Unis », poursuit notre
confrère. Mais il y a plus. En application du traité de Lisbonne, les
anciennes délégations de la Commission, placées désormais sous la
responsabilité du Haut Représentant, sont appelées à représenter
l'Union européenne tout entière. Aussi Pierre Lellouche a-t-il rappelé
que « les États doivent être consultés ». Le
secrétaire d'État en charge des Affaires européennes a exprimé le
mécontentement de la France le 22 février, lors du Conseil des
Affaires étrangères. « Plusieurs délégations [...] ont
approuvé mon intervention », a-t-il confié à la presse (Bruxelles 2,
22/02/2010).
Mme Catherine Ashton, Haut Représentant pour les
Affaires étrangères et la Politique de sécurité, par ailleurs
vice-président de la Commission, pourrait se trouver tiraillée entre
deux institutions rivales. « On voit [...] apparaître un
aspect assez peu visible du traité de Lisbonne », commente
notre confrère Nicolas Gros Verheyde, qui expliquerait
« pourquoi nombre d'États membres militaient en sa faveur ».
Avec la création du SEAE, en effet, la Commission perd « une
partie de l'autonomie acquise durant des années. On assiste [à] une
certaine "renationalisation" des délégations extérieures de la
Commission européenne. » Mais de là à évoquer un traité
souverainiste, il y a un pas que nous nous garderons de
franchir !
L'indignation fut de mise, également, à l'occasion de la
réunion informelle des ministre de la Défense, organisée à Palma de
Majorque les 24 et 25 février. Mme Ashton n'était pas
là, préférant, notamment, assister à l'investiture du nouveau président
ukrainien (dont la visite était annoncée à Bruxelles le
1er mars). Toute la réunion aurait été préparée « en
étroite collaboration » avec elle, a assuré Luis Cuesta, le
secrétaire général espagnol de la Politique de défense, bien incapable
d'étouffer les sarcasmes. Le secrétaire d'État néerlandais Jack De
Vries a donné le ton sur Twitter :
« Mme Ashton a brillé par son absence. Solana [son
prédécesseur], lui, était toujours là... »
(Bruxelles 2, 24/02/2010) Et le ministre de la Défense Hervé
Morin d'ajouter, devant quelques journalistes : « Je
trouve particulièrement savoureux, alors que nous devons évoquer les
questions des relations entre l'UE et l'OTAN, que le secrétaire général
de l'OTAN soit là et qu'il n'y ait personne pour l'UE... » (Bruxelles 2,
25/02/2010)
Quelques perspectives
Plus sérieusement, selon un compte rendu de la présidence
espagnole, les ministres de la Défense sont convenus, entre autres,
d'élargir les objectifs de l'opération Atalanta afin d'y inclure le
contrôle des ports somaliens où amarrent les bateaux pirates. Ils
prévoient, en outre, d'élargir l'utilisation potentielle des
groupements tactiques aux missions humanitaires, et se sont accordés
sur l'opportunité de doter leurs réunions « de pouvoir de
décision en matière de déploiement des capacités, d'apport de forces et
de moyens aux opérations en cours, d'impulsion à l'industrie européenne
de la défense et de développement des clauses d'assistance mutuelle et
de solidarité ».
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4 mars 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Aperçu des statistiques officielles.
La Documentation française a publié le 18 février le
sixième rapport du Secrétariat général du Comité interministériel de
contrôle de l'immigration. Dans sa préface, Éric Besson observe que
« la France ne peut accueillir indistinctement tous ceux qui
souhaitent s'y établir, précisément parce qu'elle doit bien accueillir
et bien intégrer ceux auxquels elle a donné droit de séjour ».
La France n'en demeure pas moins, selon le souhait du ministre,
« une nation généreuse » : « elle
est le pays d'Europe qui accueille et naturalise le plus grand nombre
de ressortissants étrangers », souligne-t-il avec
satisfaction ; elle est aussi « le deuxième pays du
monde, derrière les États-Unis, pour la demande d'asile ».
Encourager les flux professionnels
Si l'on en croit la synthèse du rapport, 2008 a été marquée «
par la poursuite de la diminution de certains flux migratoires, au
premier rang desquels le regroupement familial ». La
délivrance des visas a peu fluctué au cours des dernières années, mais
le nombre de titres de séjour délivrés pour motifs professionnels est
en forte augmentation. Cela illustrerait « la volonté du
gouvernement de promouvoir les flux professionnels » jugés
« favorables à l'économie nationale » : les
pouvoirs publics chercheraient à faciliter « l'entrée et les
séjours en France des hommes d'affaires et de toutes les personnes qui
contribuent de manière significative aux relations bilatérales entre
leur pays et le nôtre, notamment en matière économique, politique ou
culturelle » ; ils favoriseraient également
« la délivrance de visas aux étudiants étrangers dont le
potentiel et la maîtrise du français leur permettront d'acquérir une
réelle qualification et de trouver un emploi, en France ou dans leur
pays d'origine ». Quant au nombre d'étrangers quittant le
territoire, en exécution d'une mesure d'éloignement ou, de plus en
plus, dans le cadre d'un programme d'aide au retour, il aurait
progressé « de manière très sensible ».
Citons quelques chiffres : 2 069 531 visas
ont été délivrés en 2008, contre 2 070 705 en
2007 ; 19 835 visas de long séjour ont été
accordés pour l'exercice d'une activité professionnelle, soit une
hausse de 18,2 % ; le nombre de titres délivrés à des
étudiants ou stagiaires a progressé de 11,6 % ; les
demandes d'asile ont augmenté de presque 20 % ; sur
42 600 demandes environ, 11 484 ont fait l'objet
d'une décision favorable – un chiffre en hausse de 30,3 % par
rapport à 2007.
À l'approche des régionales, il n'est pas certain que ces
statistiques officielles soient de nature à rassurer les électeurs
potentiels du Front national.
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4 mars 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Nicolas Baverez fustige « la renaissance du
colbertisme » qu'il juge « meurtrière pour l'industrie ».
Nicolas Baverez s'attaque au colbertisme. Fidèle à sa
réputation – on le range volontiers parmi les
"déclinologues" –, il dresse le sombre tableau d'une industrie
française « naufragée et menacée de mort » :
« La production et l'investissement manufacturiers se sont
effondrés de 13 % en 2009 », écrit-il dans Le Point
du 25 février, « tandis que 196 000 postes
de travail disparaissaient, soit 42 % des suppressions
d'emplois, alors que le secteur n'occupe plus que 11 % de la
main d'œuvre ».
Constatant « un retour en force de l'État dans
l'industrie » à la faveur de la crise, il juge l'intervention
des pouvoirs publics « parfaitement légitime pour contenir
l'arrêt simultané de la demande privée et du crédit en 2008 comme pour
secourir les secteurs sinistrés ». À ses yeux,
cependant, « la renaissance du colbertisme se révèle
meurtrière pour l'industrie. Le protectionnisme vaut condamnation à
mort de notre industrie, affirme-t-il, alors que les groupes qui
résistent le mieux, tels Total, Air liquide, Schneider ou L'Oréal, sont
les plus internationalisés. La centralisation de la politique
industrielle entraîne les dirigeants à faire le siège des antichambres
parisiennes au lieu de définir une stratégie. Les interventions
publiques échappent à toute cohérence. [...] Enfin, l'État se montre le
pire des actionnaires. [...] Loin d'inscrire la stratégie dans la
durée, il ne cesse de la déstabiliser : l'assujettissement de
l'intérêt social des entreprises publiques aux contingences
gouvernementales se résume à un abus de bien social permanent. La
politique industrielle est indispensable [...] mais mérite d'être
repensée. L'objectif central doit être l'insertion dans la
mondialisation et la réponse au défi de la concurrence des
émergents. »
Un objectif évidemment débattu, dont la poursuite pourrait
être assimilée à un renoncement par les pourfendeurs du mondialisme.
Soulignons, quoi qu'il en soit, l'inconséquence du gouvernement qui
plaide en faveur d'une libéralisation accrue des échanges dans les
arcanes internationaux, mais flatte la CGT qui s'oppose à
"l'ajustement" des capacités de raffinage de Total. Bel exemple de
schizophrénie, peut-être inévitable à l'approche des élections
régionales.
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25 février 2010
C'est toujours avec plaisir que nous l'écoutons parler... Mais Jacques
Myard se fourvoie dans un mauvais combat en faisant l'apologie de la laïcité.
Le député souverainiste Jacques Myard voudrait faire du
9 décembre la « journée nationale de la
laïcité ». À cet effet, il vient de présenter
une proposition de loi,
enregistrée à la présidence de l'Assemblée le mercredi
24 février. « Il s'agirait non seulement de célébrer
publiquement l'un des piliers de la République »,
explique-t-il dans l'exposé des motifs, « mais aussi d'y
consacrer quelques heures des programmes scolaires et
médiatiques ».
Dans son collimateur, on entrevoit l'islam, qu'il se garde
pourtant de nommer, évoquant « certains groupes
religieux » qui « tentent d'imposer des comportements
clairement contraires au principe de laïcité, et en particulier à la
neutralité du service public qui en découle ». De son point de
vue, un « hommage à la loi sur la séparation des Églises et de
l'État de 1905 » serait une réponse à l'islamisation rampante.
« Cette loi a permis de mettre fin à toutes les tensions
politico-religieuses caractérisant la vie politique française depuis la
Révolution », affirme-t-il un peu hâtivement, passant sous
silence les brimades infligées au pays réel qui n'avait pas encore
déserté les paroisses.
Le laïcisme hérité de la IIIe République continue
d'empoisonner nos mentalités, en dépit du tournant entamé
par le président Sarkozy
en faveur d'une laïcité plus saine, qui
« n'est pas la négation ou le rejet du fait
religieux » mais « un principe d'apaisement dont
dépendent la concorde et la paix civiles ». Dans ces
conditions, les velléités du député des Yvelines ne froisseront pas
seulement des officines islamiques. Bien au contraire, elles
galvaniseront les plus sectaires, enclins à couvrir d'une pudeur
déplacée l'héritage chrétien qui imprègne en profondeur le pays.
Autrement dit, la France foulera au pied son propre passé, au lieu
d'encourager tous ses citoyens à se l'approprier.
Nos parlementaires devraient plutôt célébrer Marie avec une
ferveur renouvelée. D'autant que nos compatriotes musulmans pourraient
tout à fait se joindre à la fête du 15 août !
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