À l'occasion du mariage de Kate et William, France
Culture a donné la parole aux républicains britanniques,
mais aussi aux monarchistes français.
Notre consœur Laurie Fachaux, dont la voix vous sera peut-être
familière, est venue visiter les bureaux de L'Action
Française 2000, où nous lui avons accordé un bref
entretien.
Ce faisant, nous n'avons pas manqué de faire la publicité de
notre employeur, sachant bien que notre racolage serait coupé au
montage. Or, très courtoisement, notre interlocutrice a finalement
choisi d'annoncer notre prochain numéro en conclusion de son reportage.
Qu'elle en soit remerciée.
À l'approche du mariage du prince William, L'Express
consacre deux pages aux royalistes.
Votre serviteur arbore-t-il un « sourire
poupin » ?. C'est, en tout cas, l'avis de ma consœur
Julie Joly, qui
l'écrit dans L'Express du 20 avril 2011.
Nan mais... Au moins notre racaille préférée nous saura-t-elle gré de
l'avoir fait passer pour « une fille rangée » –
portrait ô combien immérité, n'est-ce pas ? ;-)
Cet article est loin d'avoir enthousiasmé notre collègue
François Marcilhac, qui
s'en désole sur le blog du Centre royaliste d'Action française.
De fait, ce coup de projecteur sur les querelles dynastiques n'est pas
à l'honneur des royalistes. Cela étant, bien qu'elle rebondisse sur
quelques clichés, notre consœur les tempère, soulignant tout
particulièrement la diversité d'une mouvance où l'on croise certes
« descendants de la grande noblesse », mais aussi
« maurrassiens de la dernière heure, jeunes Chouans
idéalistes, vieux réacs ou intellos pur jus ». Car,
explique-t-elle, « on l'aura compris, les monarchistes ne
défendent pas un programme, mais une famille ».
Mégalomanie mise à part, cela nous donne à réfléchir sur notre
métier – que nous apprenons sur le tas –, tandis que nous ne
nous reconnaissons que partiellement dans les propos qui nous sont
prêtés. Par exemple, si la prose de Maurras a exercé sur nous quelque
influence, nous ne croyons pas avoir subi un « choc »
à sa lecture. Conséquence de notre expression maladroite ?
D'une interprétation excessive ? D'une dramatisation inhérente
à la démarche journalistique ? Sans doute aurons-nous
l'occasion de le vérifier à l'épreuve de notre propre expérience.
Du poids de la dette et du rapport aux marchés... Rebond sur
le dernier éditorial de L'Action Française 2000.
« L'heure est au nationalisme », annonce
François Marcilhac à la une de L'Action Française 2000
(n° 2815 du 21 avril 2011). Cela « plus que
jamais », au moment où le gouvernement, « sous
prétexte d'équilibre des finances publiques », tenterait de
placer la France sous le tutelle des agences de notation – allusion au
projet de loi constitutionnelle examiné ces jours-ci par l'Assemblée
nationale.
C'est exagérer, nous semble-t-il, la portée de la réforme
envisagée. Cela étant, quelle qu'en soit la nature, c'est manifestement
son motif qui indispose notre éditorialiste : loin de prôner
une rigueur exemplaire, le gouvernement prétend néanmoins assainir les
finances publiques ; c'est là que le bât blesse.
À l'opposé des « mondialistes », François
Marcilhac se range parmi « les partisans de l'indépendance des
nations face aux marchés ». Discours éminemment convenu, dont
les auteurs croient généralement se parer de vertus morales quand ils
se fourvoient dans un snobisme dérisoire. Méprisant la finance, ils
disent vouloir en émanciper l'État. Ce serait, sans nul doute, le
priver d'un irremplaçable levier d'investissement. On reconnaît ici un
travers typique du souverainisme, négligeant la puissance au nom d'une
indépendance fantasmée.
Hélas, faute de solliciter les marchés à bon escient, la
République a contracté une dette dont l'ampleur est devenue telle –
85 % de la richesse nationale produite en un an – que les
responsables politiques se trouvent désormais au pied du mur. Alors
qu'elle jouit d'un statut privilégié sur les marchés obligataires, la
France pourrait perdre la confiance de ses créanciers, au risque
d'alourdir le poids de sa dette, dont la charge – c'est-à-dire le
remboursement des seuls intérêts – représente d'ores et déjà le
deuxième poste budgétaire de l'État. Faudrait-il précipiter la nation
vers la banqueroute en vertu de quelque principe fumeux ?
Le gouvernement se livre, incontestablement, à une opération
de communication financière. Mais on aurait tort de traiter son action
avec dédain car, en pratique, elle contribuera peut-être à rendre
quelque souffle à un État menacé d'étranglement budgétaire. C'est
abuser le gogo que de blanchir les politiques en faisant porter le
chapeau à Moodys and co. Le système de notation financière présente
certes des faiblesses, dont la recension semble d'ailleurs faire
l'objet d'un large consensus. Les agences n'en remplissent pas moins
une fonction indispensable : en leur absence, faute de pouvoir
s'appuyer sur une évaluation des risques, les créanciers imposeraient
vraisemblablement des taux supérieurs aux États emprunteurs.
Dans l'immédiat, pour le meilleur ou pour le pire, il n'est
pas possible de faire tourner la planche à billets. Et si d'aventure le
franc était rétabli, la dette contractée jusqu'alors s'en trouverait
renchérie. Va-t-on la dénoncer ? Libéré du joug communiste,
d'aucuns s'y seraient essayés avec succès. Le jeu s'avère toutefois
dangereux. Mieux vaudrait identifier l'ensemble des dominos avant de
s'amuser à pousser le premier – vaste programme ! Quoi qu'en
disent les démagogues, dont la propagande personnifie dans quelques
figures cupides les multiples ramifications du système financier, c'est
tout un chacun qui finirait par payer les frais de sa faillite.
Peut-être la complexité des interdépendances est-elle préjudiciable au
bien commun. Mais le cas échéant, plutôt que de mettre le feu à la
toile, il appartiendrait au politique de la détricoter méticuleusement.
Patiemment et sans fracas. Ne s'agirait-il pas d'un travail
capétien ?
20 avril 2011 Article publié dans L'Action Française 2000
Des propos prêtés au maire de Strasbourg ont déclenché un tollé
sur la frange la plus "réactionnaire" de la Toile.
L'Agrif part en croisade contre l'"allahicité" – un concept en
vogue dans la blogosphère catholique, censé désigner la
« synthèse dialectique de l'islam et de la laïcité ».
L'association présidée par Bernard Antony vient de créer un prix qui
en récompensera chaque année « un grand penseur ou poète ».
Pour 2011, ses foudres se sont abattues sur Roland Ries, sénateur PS du
Bas-Rhin et maire de Strasbourg.
Selon un communiqué de l'Agrif, « à des parents
d'élèves qui lui demandaient pourquoi on servait à leurs enfants des
menus halal dans les cantines scolaires de Strasbourg et pas de repas
maigre par exemple avec du poisson le vendredi »,
M. Ries aurait répondu : « Nous servons de
la viande halal par respect pour la diversité, mais pas de poisson par
respect pour la laïcité. »
Moult blogueurs se sont emparés de cette annonce. Néanmoins,
si l'on excepte un article publié par Causeur (le site d'Élisabeth
Lévy), seule la frange réactionnaire de la Toile semble l'avoir
diffusée. Cela pourrait expliquer le silence du maire de Strasbourg,
qui se refuse, pour l'heure, à réagir par communiqué. Il n'en dément
pas moins les accusations de l'Agrif : ces propos sont
« totalement contraire à ses convictions », nous a
confié l'un de ses collaborateurs.
Quant aux repas servis dans les cantines de Strasbourg, ils
garantiraient effectivement aux élèves musulmans la possibilité de
manger halal tous les jours – et cela depuis plus de dix ans. En
revanche, du poisson ne figure pas toujours au menu le vendredi. Mais
un repas végétarien est proposé quotidiennement. « Les
catholiques y trouvent leur compte », nous a-t-on assuré. Sans
doute l'Agrif ne sera-t-elle pas de cet avis !
NB - La réacosphère a beau se targuer de verser dans la
"réinformation", elle a fait écho au communiqué de l'Agrif sans
témoigner d'un esprit critique manifeste. Au point que nous sommes
peut-être les premiers à signaler la réaction du maire de Strasbourg –
qu'il a certes fallu solliciter. Si les accusateurs n'ont pas d'autre
preuve à agiter que la bonne foi supposée d'une mère de famille, alors
l'attribution de leur "prix" relève d'une mascarade dérisoire, dont la
publicité donne à réfléchir sur l'influence de la Toile.
20 avril 2011 Article publié dans L'Action Française 2000
Défaut potentiel de transposition, atteinte au principe de
libre circulation : la routine !
La France protègerait-elle insuffisamment ses mers ?
C'est, en tout cas, l'accusation formulée le 6 avril par la
Commission européenne. Bruxelles lui a adressé un avis motivé,
constatant qu'elle ne lui avait pas communiqué ses dispositions
concernant la transposition d'une directive-cadre portant sur la
« stratégie pour le milieu marin ».
La veille, Paris avait été désavoué par la Cour de Justice de
l'Union européenne. En cause : le code français de déontologie
des professionnels de l'expertise comptable, qui proscrit le
démarchage. Cela en violation de la directive "services".
« Cette interdiction est susceptible d'affecter davantage les
professionnels provenant des autres États membres en les privant d'un
moyen efficace de pénétration du marché français », observe la
Cour, qui pointe, en conséquence, « une restriction à la libre
prestation de services transfrontaliers ».
Victime d'une logique similaire, Bucarest est prié de réviser
sa fiscalité. A été jugée contraire au droit de l'Union une taxe
frappant les véhicules lors de leur première immatriculation en
Roumanie. « Cette réglementation a pour effet de dissuader
l'importation et la mise en circulation de véhicules d'occasion achetés
dans d'autres États membres », souligne la Cour. Énième
illustration de la mise en œuvre, par les juges de Luxembourg, du
principe de libre circulation.
Troisième chronique enregistrée pour RFR.
SI nous versons délibérément dans la polémique, c'est en toute amitié
pour nos camarades, dont la variété des opinions nous chagrine d'autant
moins que les options électorales ont toujours été les plus diverses à
l'AF.
L'UMPS n'en a plus pour longtemps ! En effet
« l'union des patriotes » est en marche. Emporté par
la "vague bleu Marine", Paul-Marie Coûteaux s'attèle à sa réalisation
afin de constituer « un gouvernement de salut public incluant
toutes les forces qui refusent le fatalisme mondialiste ».
C'est, à n'en pas douter, un renfort de poids pour Marine
Le Pen. La notoriété du Front national est certes sans commune
mesure avec celle du Rassemblement pour l'indépendance de la France.
Sauf, peut-être, aux yeux de quelques royalistes (dont nous avons été)
qui se sont flattés d'entre-apercevoir grâce à lui les arcanes du
pouvoir. Le RIF s'est d'ailleurs enthousiasmé de voir l'AFP faire écho
à son appel – preuve que cela n'était pas gagné d'avance. Reconnaissons
toutefois qu'en pareille circonstance, nous n'aurions pas boudé notre
plaisir.
Sont donc appelés à se rassembler les
« patriotes », c'est-à-dire, dans le cas
présent, visiblement, les souverainistes, pourfendeurs de
l'Union européenne et des multiples avatars du multilatéralisme (Otan,
OMC, etc.). Le terme "patriote" apparaît employé
dans une acception pour le moins restrictive, ou plutôt
exclusive : quid, par exemple, de nos
camarades de l'Alliance royale ? Tout patriotisme leur
serait-il étranger ? L'attachement à son pays ne se mesure pas
à l'aune des convictions politiques.
La mobilisation des "volontaires patriotes" ne va pas sans
quelque connotation révolutionnaire. De fait, le souverainisme cultive
une certaine nostalgie du jacobinisme... Cela étant, ayant été formé à
l'école d'Action française, nous ne récusons pas le principe du
"compromis nationaliste". Reste son objet.
Or, fédérer quelques grincheux contre une Europe méconnue ne
suffit pas à tracer un cap. Considérons l'expérience
britannique : les Tories ont beau vociférer contre l'Union
européenne, ils n'ont pas songé un instant à en claquer la porte depuis
leur retour au pouvoir. C'est tout naturel : l'exercice des
responsabilités se heurte à des réalités volontiers négligées par
l'opposition. A fortiori quand celle-ci
est privée de toute culture de gouvernement, à l'image du Front
national.
N'en déplaise aux esprits romantiques, l'action politique est
loin de se réduire à quelques coups d'éclats annoncés avec fracas. Elle
s'inscrit dans un système – par analogie à la mécanique newtonienne. Un
système où de multiples forces interviennent. Inertie oblige, on n'en
modifie pas l'équilibre d'un claquement de doigts.
Parmi les forces en jeu, il y a les représentations de
l'opinion, avec lesquelles interagissent les discours politiques. En la
matière, les ressorts exploités par le Front national et ses alliés
potentiels sont-ils fondamentalement différents de ceux privilégies par
l'UMP ou le Parti socialiste ? À bien y réfléchir, cela n'est
pas évident.
Prenons quelques exemples : attribuer directement à
l'immigration la responsabilité du chômage, c'est promouvoir la
conception malthusienne de l'emploi à l'œuvre dans la réforme des
35 heures ; promettre aux contribuables de
nationalité française qu'ils seront les bénéficiaires exclusifs des
aides sociales, c'est souscrire aux sollicitations permanentes de
l'État-providence ; fustiger le droit d'ingérence, qui sert de
prétexte aux opérations militaires, c'est encourager la France à sortir
de l'histoire ; enfin, dénoncer la loi du marché, par nature
immuable, c'est entretenir les illusions volontaristes
condamnant le politique à sa déchéance.
À ce titre, appeler à lutter contre la mondialisation, voire
le mondialisme, nous apparaît significatif.
Passer d'un terme à l'autre, c'est laisser entendre qu'un architecte
est à l'œuvre dans la construction du "village global". C'est faire
beaucoup d'honneur à Jacques Attali ! C'est aussi légitimer la
frilosité de la nation confrontée à la nouvelle donne internationale.
Si le PS et l'UMP s'accordent sur un relatif attentisme, alors
leurs détracteurs se livrent, somme toute, à des menées défaitistes.
Ils pourraient louer le génie de la France, parier sur l'inventivité de
son peuple, galvaniser les énergies pour affronter la concurrence des
pays émergents. Mais que nous proposent-ils, sinon de bâtir un bunker
dont les fondations reposeraient vraisemblablement sur du
sable ?
À cette « union des patriotes », la raison
comme les sentiments nous font préférer la mobilisation des ambitions –
fussent-elles mercantiles ! – afin qu'aux quatre coins du
monde soient portées les couleurs de la France.
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