25 février 2010
C'est toujours avec plaisir que nous l'écoutons parler... Mais Jacques
Myard se fourvoie dans un mauvais combat en faisant l'apologie de la laïcité.
Le député souverainiste Jacques Myard voudrait faire du
9 décembre la « journée nationale de la
laïcité ». À cet effet, il vient de présenter
une proposition de loi,
enregistrée à la présidence de l'Assemblée le mercredi
24 février. « Il s'agirait non seulement de célébrer
publiquement l'un des piliers de la République »,
explique-t-il dans l'exposé des motifs, « mais aussi d'y
consacrer quelques heures des programmes scolaires et
médiatiques ».
Dans son collimateur, on entrevoit l'islam, qu'il se garde
pourtant de nommer, évoquant « certains groupes
religieux » qui « tentent d'imposer des comportements
clairement contraires au principe de laïcité, et en particulier à la
neutralité du service public qui en découle ». De son point de
vue, un « hommage à la loi sur la séparation des Églises et de
l'État de 1905 » serait une réponse à l'islamisation rampante.
« Cette loi a permis de mettre fin à toutes les tensions
politico-religieuses caractérisant la vie politique française depuis la
Révolution », affirme-t-il un peu hâtivement, passant sous
silence les brimades infligées au pays réel qui n'avait pas encore
déserté les paroisses.
Le laïcisme hérité de la IIIe République continue
d'empoisonner nos mentalités, en dépit du tournant entamé
par le président Sarkozy
en faveur d'une laïcité plus saine, qui
« n'est pas la négation ou le rejet du fait
religieux » mais « un principe d'apaisement dont
dépendent la concorde et la paix civiles ». Dans ces
conditions, les velléités du député des Yvelines ne froisseront pas
seulement des officines islamiques. Bien au contraire, elles
galvaniseront les plus sectaires, enclins à couvrir d'une pudeur
déplacée l'héritage chrétien qui imprègne en profondeur le pays.
Autrement dit, la France foulera au pied son propre passé, au lieu
d'encourager tous ses citoyens à se l'approprier.
Nos parlementaires devraient plutôt célébrer Marie avec une
ferveur renouvelée. D'autant que nos compatriotes musulmans pourraient
tout à fait se joindre à la fête du 15 août !
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24 février 2010
Conclusion de notre feuilleton parlementaire.
La
résolution « visant à promouvoir l'harmonisation des
législations européennes applicables aux droits des femmes » a
été adoptée par l'Assemblée nationale le mardi 23 février par
462 voix contre 7 et 2 abstentions. « La
représentation nationale s'honore du combat qu'elle mène pour l'égalité
entre les hommes et les femmes », a déclaré devant l'hémicycle
Mme Nadine Morano, secrétaire d'État en charge de la Famille
et de la Solidarité.
Selon les explications de Mme Pascale Crozon, ce
texte « prévoit une étude comparative des mesures en vigueur
en Europe pour éclairer le législateur. Il invite la présidence
espagnole à proposer au niveau européen des directives sur la base des
législations qu'elle jugerait les plus protectrices et le gouvernement
français à présenter ses projets dans les domaines qui demeurent de
compétence nationale. »
N'en déplaise aux démagogues dénonçant un nouvel abandon de
souveraineté, ce vote ne présente aucune portée juridique
contraignante. En outre, bien que nous ayons mentionné la "clause de
l'Européenne la plus favorisée" dans le titre de ce billet, afin de
l'inscrire dans la continuité des précédents, les députés n'ont pas
appelé ouvertement à son application. Feignant de l'ignorer, la
réacopshère n'est pas loin de verser dans la désinformation. D'autant
que si la proposition de résolution n'avait pas été modifiée en ce
sens, la chambre basse l'aurait vraisemblablement rejetée – imitant
alors la commission des Affaires européennes.
Mme Colette Le Moal l'a plus ou ou moins souligné lors
des explications de vote : « Nous
souhaitons exprimer [...] notre satisfaction quant aux amendements qui
ont été adoptés et qui nous permettront de voter cette proposition de
résolution. Je retiens, entre autres, ceux de Mme Zimmermann et ses
collègues : l'un invite le gouvernement français à présenter,
avant le 31 décembre 2010, un rapport sur l'état du droit
français en matière d'égalité [et non un projet de loi comme cela était
prévu initialement] ; l'autre vise à supprimer, dans le titre
de la résolution, la référence à la "clause de l'Européenne la plus
favorisée". Nous partageons, en effet, le constat qu'il s'agit d'une
"affirmation prématurée" et qu'il importe, avant tout, de s'engager
dans un processus d'amélioration et d'harmonisation de la législation
existante. » « Engager sans débat préalable
les États membres dans un processus législatif susceptible d'influer
l'ensemble de leurs politiques publiques me semblait
précipité », a confirmé Mme Marie-Jo Zimmermann.
Tout en récusant les velléités féministes des parlementaires,
nous jugeons regrettables les approximations de leurs détracteurs, dont
les négligences contribuent à saper la crédibilité d'un discours
"alternatif". Ce blog continuera, modestement, de remettre quelques
pendules à l'heure.
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21 février 2010
Une proposition de résolution censée promouvoir, à l'origine,
la "clause de l'Européenne la plus favorisée" a
été débattue à l'Assemblée nationale jeudi dernier,
18 février (1).
« Le gouvernement partage et soutient l'idée [...] de
promouvoir une harmonisation par le haut des droits des femmes en
Europe », a déclaré Mme Nadine Morano, secrétaire
d'État en charge de la Famille et de la Solidarité.
« D'ailleurs », a-t-elle précisé, « le
gouvernement examine actuellement la compatibilité juridique de cette
démarche avec les traités en vigueur. » À ses yeux, cependant,
« la démarche induite par la clause proposée soulève quelques
questions, et elle ne peut être recevable en l'état ». En
effet, « si le principe d'égalité entre les femmes et les
hommes est indiscutable » selon elle,
« l'appréciation de ce qui constitue ou non un progrès en
matière de droits des femmes est susceptible de différer d'un pays à
l'autre ».
Selon l'observation du député UMP Guy Geoffroy, « un
certain nombre de points a posé problème, comme l'automaticité. Le
texte prévoyait "l'alignement" de notre droit national. Tout le monde a
considéré que ce terme était inapproprié. » Aussi les
parlementaires lui ont-ils substitué la notion
d'« harmonisation », et renoncé a réclamer dès
maintenant l'application de la clause de l'Européenne la plus
favorisée. Le texte amendé s'en trouve édulcoré, justifiant la pique
lancée par le socialiste Marcel Rogemont : « À
entendre la majorité, a-t-il déclaré, on pourrait finir par comprendre
que même pour des causes nobles, même pour des causes qui doivent tous
nous rassembler, il ne serait pas question pour les députés de l'UMP de
voter avec les socialistes [...] à moins d'émasculer leur proposition,
ou plutôt, devrais-je dire, de l'exciser. »
Dans
un communiqué, les députés MPF Véronique Besse et Dominique
Souchet ont dénoncé une résolution qui « livrerait sans
conditions ce qu'il nous reste de souveraineté aux expériences
européennes les plus destructrices en matière familiale ».
C'est méconnaitre le contenu du texte amendé, et plus encore sa nature.
Mme Pascale Crozon l'a rappelé devant l'hémicycle :
« Outre le soutien affiché à l'initiative du Royaume
d'Espagne, nous invitons – c'est vrai – le gouvernement français à
agir, une invitation qui ne saurait en aucun cas "lier les mains" de
l'exécutif. Ce serait juridiquement contraire à l'article 34-1 de la
Constitution (2) si tel était le cas. Nous nous situons pleinement dans
l'esprit du droit de résolution que la réforme constitutionnelle de
2008 a accordé au Parlement, et qui consiste précisément à exprimer des
souhaits et à soutenir des orientations. »
Le député PS a interpellé ses collègues en ces
termes : « Je vous invite à réfléchir à la
dégradation de notre image auprès de nos partenaires, et singulièrement
à la dégradation de la crédibilité de la France au cours de la
présidence espagnole [...] si nous remettions en cause l'adoption de
cette proposition de résolution par la commission des
lois. » « À l'heure où l'Union européenne a
manifestement fait de l'égalité entre les femmes et les hommes dans la
vie professionnelle l'un de ses chevaux de bataille, il n'est pas
pensable que la France n'aille pas dans ce sens et ne participe pas à
ce mouvement », a confirmé Marcel Rogemont. Son collègue
Jérôme Lambert s'est enthousiasmé : « Aujourd'hui,
par ce débat et surtout sa conclusion, si elle est positive, la France
va prendre toute sa place, une place digne de son histoire en faveur du
droit de l'homme. Avec cette défense aujourd'hui du droit des femmes,
c'est la France que nous aimons qui s'exprime, celle qui nous rend
fiers d'être Français. »
D'autres héritages pourraient
inspirer un pareil sentiment, tel « cet équilibre
subtil entre virilité dominante et féminité influente » dont Éric
Zemmour fait l'apologie dans Le Premier Sexe...
(1) Les explications de vote et le vote
sur l'ensemble de la proposition de résolution auront lieu le mardi
23 février, après les questions au gouvernement.
(2) « Les assemblées peuvent voter des résolutions
dans les conditions fixées par la loi organique. Sont irrecevables et
ne peuvent être inscrites à l'ordre du jour les propositions de
résolution dont le Gouvernement estime que leur adoption ou leur rejet
serait de nature à mettre en cause sa responsabilité ou qu'elles
contiennent des injonctions à son égard. »
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18 février 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Aperçu du nouvel agenda franco-allemand.
Bien que la désignation d'un ministre commun soit abandonnée,
on relève quelques "gadgets" dans l'agenda présenté le
4 février à l'issue du 12e conseil des ministres
franco-allemand, tels le vague projet d'élaborer des propositions de
lois communes et la circulation d'un "train de la science" de part et
d'autre du Rhin en 2010 et 2011.
Paris et Berlin promettent la préparation d'un manuel scolaire
commun sur l'Europe et l'histoire de la construction européenne, ainsi
qu'une intensification des échanges et autres jumelages. Ils confirment
leur accord sur la "gouvernance économique" de l'Union européenne,
réfléchissent à la construction d'un nouveau lanceur spatial et veulent
donner « une nouvelle impulsion » au rapprochement de
leurs réseaux diplomatiques. Ils envisagent « une étude
systématique des possibilités de colocalisation franco-allemande lors
des décisions immobilières », et même « l'objectif
d'aller jusqu'à dix ambassades communes à l'horizon 2020 ».
Simple effet d'annonce ?
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18 février 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Tandis que le Royaume-Uni envisage une coopération accrue avec
ses partenaires de l'UE, le ministre allemand des Affaires étrangères
veut mettre sur pied une « armée européenne ». La
France, quant à elle, doit ratifier un traité portant création de la
Force de gendarmerie européenne.
L'Otan figure en tête des menaces extérieures identifiées par
la nouvelle doctrine de défense russe, approuvée le 5 février
par le président Medvedev. Moscou s'inquiète, entres autres, d'un
élargissement potentiel de l'Alliance à la Géorgie et l'Ukraine. Une
perspective à laquelle la France s'est opposée jusqu'à maintenant. Ce
veto ne fut pas étranger à l'accueil bienveillant que la presse russe
réserva à son retour dans le commandement militaire intégré de l'Otan
sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy (Courrier International,
13/03/2009).
Albion croit en l'Europe de la défense
Justifiant sa politique atlantiste, le président de la
République avait déclaré, le 11 mars 2009 :
« En mettant fin à une ambiguïté [...], nous créons la
confiance nécessaire pour développer une défense européenne forte et
autonome. » Ses arguments auraient-ils convaincu
outre-Manche ? « Le retour de la France [...] offre
l'occasion d'une coopération accrue avec un partenaire clef »,
peut-on lire dans le "livre vert" britannique publié le
3 février. « L'Otan demeure la pierre angulaire de
notre sécurité », rappellent ses auteurs. Cependant,
« le Royaume-Uni améliorera de façon importante son influence
si nous et nos partenaires européens parlons et agissons de
concert ». Et d'affirmer que « lors des opérations de
stabilisation en Bosnie et en Afrique, lors des opérations
antipiraterie au large de la Somalie [...], l'UE a démontré qu'elle
peut jouer un rôle important dans la promotion de notre
sécurité ». Eurosceptique, Albion ?
Plus radical, le ministre allemand des Affaires étrangères,
Guido Westerwelle, voudrait édifier une « armée
européenne » placée « sous plein contrôle
parlementaire ». C'est « l'objectif à long
terme », a-t-il affirmé le 6 février lors de la
conférence de Munich sur la sécurité. Objectif à nos yeux irréaliste,
dont la poursuite pourrait néanmoins mobiliser réflexions et moyens. À
la lumière des faits, en tout cas, ce rêve – ou ce
cauchemar ! – apparaît bien lointain.
Inutiles, les GT 1500 ?
La création d'un quartier général européen, promue par la
France, suscite toujours des réticences. Or, « le dispositif
actuel tient du bricolage » selon notre confrère Nicolas
Gros-Verheyde (Bruxelles 2, 14/02/2010).
« Le dispositif des QG excentrés à Potsdam (pour le Congo), à
Paris (pour le Tchad), à Londres (pour Eunavfor) ne montre pas sa
pleine efficacité. Ce sans compter la difficulté qui existe à pourvoir
les postes – les forces nationales ne s'empressant pas toujours de
pourvoir les postes d'état-major d'autant plus quand l'opération
dure... »
Soulignons également l'immobilisme d'un embryon d'armée
européenne formé par les groupements tactiques. Forts d'environ
1 500 hommes, ils sont censés fournir à l'Europe une
capacité de réaction rapide. Pleinement opérationnels depuis le
1er janvier 2007, ils n'ont jamais été utilisés, bien
que des États membres se succèdent tous les six mois pour
assurer la disponibilité permanente de deux battlegroups.
« Jusqu'à présent, au moins deux situations ont répondu à tous
les critères de déploiement des groupements tactiques », au
Tchad et en République démocratique du Congo, selon l'analyse de
Caroline Henrion publiée le 18 janvier sous l'égide du GRIP
(Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité).
« Ces exemples montrent que non seulement les Européens ne
s'accordent pas sur les situations dans lesquelles il faut intervenir,
mais hésitent également à envoyer des troupes sur le
terrain. » Pourquoi s'en étonner ? Obtenir le
consensus des vingt-six États participant à la Politique de sécurité et
de défense commune n'est pas une sinécure ! (Vingt-six, et non
vingt-sept, car le Danemark fait l'objet d'une dérogation.)
Six États dans la FGE
La Force de gendarmerie européenne (FGE), quant à elle,
regroupait seulement cinq États à l'origine : la France, l'Espagne,
l'Italie, les Pays-Bas et le Portugal, rejoints depuis par la Roumanie.
Selon le gouvernement, sa création répondait à la nécessité
« de combler le vide opérationnel [...] entre le moment où les
forces armées entrent sur le théâtre des opérations et le moment où les
forces de police parviennent à y remplir normalement leurs
fonctions ». La FGE comporte un état-major permanent implanté
à Vicence, en Italie, où la France est représentée par six officiers.
Chaque opération donne lieu à une "génération de force", sur la base
d'un catalogue recensant des capacités déclarées par les États.
Opérationnelle depuis 2006, la FGE est engagée depuis 2007 en
Bosnie-Herzégovine, où elle arme une partie de l'Unité de police
intégrée de l'opération européenne Eufor Althéa. Depuis décembre 2009,
elle contribue également à la formation de la police afghane au sein de
la mission de l'Otan, où la France a engagé 132 gendarmes.
En marge de l'UE
Son fonctionnement repose actuellement sur une "déclaration
d'intention". Le 18 octobre 2007, les États
fondateurs ont signé un traité confortant son existence. Afin
d'autoriser sa ratification, un projet de loi a été enregistré à la
présidence de l'Assemblée nationale le 3 février. Fallait-il
passer par ces lourdeurs juridiques ? Le gouvernement se
justifie dans son "étude d'impact" : « Par rapport à
la déclaration d'intention du 17 septembre 2004 et
aux textes qui la complètent, le traité [...] permet de clarifier un
certain nombre de points relatifs aux droits et obligations des
personnels de la force ainsi qu'au droit applicable dans le cadre
d'opérations extérieures : conditions d'entrée et de séjour
sur le territoire de l'État hôte (État sur lequel se trouve le quartier
général permanent : Italie) ; privilèges et
immunités ; juridiction pénale et disciplinaire ;
dommages ; assistance médicale ; aspects juridiques
et médicaux en cas de décès. »
« Comme le suggèrent l'intitulé même de la force et
son insigne bleu, la FGE est un projet européen », martèle le
gouvernement, qui tient à saluer « une étape importante de la
construction de l'Europe de la défense ». La FGE n'en reste
pas moins une force autonome : peut-être s'agit-il d'une
« avancée concrète en matière de gestion de crise »,
mais, le cas échéant, ces progrès auront été accomplis en marge de l'UE.
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18 février 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
La montée en puissance du Parlement européen se confirme.
En application du traité de Lisbonne, les accords
internationaux signés par l'Union européenne traitant de la coopération
judiciaire et policière pénale sont désormais soumis à son approbation.
Un droit de veto étrenné à Strasbourg le 11 février, où
l'assemblée a privé d'effet juridique un accord sur les
transferts de données bancaires vers les États-Unis. Cela contre l'avis
des gouvernements, évidemment.
Deux jours plus tôt, les parlementaires européens avaient
adopté un ensemble de "principes clefs" qui seront mis en œuvre dans le
nouvel accord-cadre définissant leurs relations avec la Commission. Le
Parlement exige d'être traité avec les mêmes égards que le Conseil des
ministres. « Cela se rapporte particulièrement à l'accès aux
réunions et à une documentation complète sur les réunions de la
Commission avec les experts nationaux », explique-t-il dans un
communiqué. Par ailleurs, lors des sessions plénières, une nouvelle
heure de questions sera introduite avec les commissaires – y compris le
Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de
sécurité, dont l'agenda est déjà surchargé.
Enfin, constatant que « le rôle du Parlement européen
s'est considérablement accru », le gouvernement a révisé le
décret « relatif aux cérémonies publiques, préséances,
honneurs civils et militaires ». Dorénavant, les députés
français au Parlement européen occupent le rang suivant celui des
députés et sénateurs. Jusqu'au 6 février, ils en étaient
séparés, entre autres, par le grand chancelier de la Légion d'honneur,
le chef d'état-major des armées et le maire de Paris.
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18 février 2010
Article publié dans L'Action Française 2000
Une synthèse des deux billets précédents consacrés à la
"clause de l'Européenne la plus favorisée" en débat à l'Assemblée nationale.
Une proposition de résolution promouvant la "clause de
l'Européenne la plus favorisée" était inscrite à l'ordre du jour de la
séance publique de l'Assemblée nationale du jeudi
18 février. Un texte présenté par des parlementaires
issus du groupe SRC (socialiste, radical, citoyen et divers gauche)
galvanisés par « une présidence espagnole pleine
d'allant » qui multiplie les initiatives en faveur de
"l'égalité hommes-femmes", comme le constatent, dans un rapport,
Mme Anne Grommerch et Christophe Caresche.
Selon un mécanisme jugé « curieux » par le
député UMP Étienne Blanc, le législateur national devrait s'inspirer
des législations étrangères "les plus progressistes" –
« notion qui, en droit, [le] laisse d'ailleurs
perplexe ». Mme Grommerch (UMP) a pointé les
difficultés soulevées par l'application d'une clause générale. À ses
yeux, « il y a un exemple qui est très concret, c'est celui de
l'interruption volontaire de grossesse. Aujourd'hui, en France, l'IVG
n'est possible que dans les douze semaines. Or, passer à dix-huit
semaines, délai applicable en Suède, supposerait un débat approfondi.
Il faut notamment souligner qu'un tel délai [...] pourrait permettre de
sélectionner le sexe de l'enfant... »
Le député a appelé ses collègues à « éviter toute
prise de position prématurée ». La commission des Affaires
européennes a donc rejeté la proposition le mercredi
3 février. Au préalable, son président Pierre Lequiller n'a
pas manqué de souligner que ses réserves ne portaient « pas
sur l'objectif ni sur l'intention, mais sur le calendrier ».
Ce faisant, la droite parlementaire a démontré, une fois de plus,
combien elle est soumise à la gauche dans les débats "sociétaux".
Unanimité sur le fond
Une semaine plus tard, cet avis fut contredit par la
commission des Lois. « On ne peut à l'évidence pas légiférer à
la hâte sur ce sujet », a reconnu le socialiste Jérôme
Lambert. Selon lui, cependant, « il s'agit "simplement" [...]
de voter une résolution invitant le gouvernement français dans les
négociations européennes à venir à soutenir le principe de la clause de
l'Européenne la plus favorisée. Qui peut refuser une telle
chose ? » Cela ne se discute pas :
« Sur le fond du texte lui-même, on ne peut être
contre », a confirmé Mme Marie-Jo Zimmermann.
« Si nous le rejetions, expliquer notre décision pourrait être
délicat », a même averti l'UMP François Vannson.
La chambre basse a manifestement du temps à perdre. Elle n'est
pas la seule : un groupe de travail interministériel
étudierait l'hypothèse d'un traité entre la Belgique, l'Espagne, la
Suède et la France afin d'appliquer la clause de "l'Européenne la plus
favorisée" ; ses conclusions sont attendues pour le mois de
mars.
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13 février 2010
Mercredi dernier, 10 février, la commission des lois
de l'Assemblée nationale a
examiné une proposition de résolution rejetée
une semaine auparavant par la commission des Affaires
européennes.
Présenté par des députés issus du groupe SRC (socialiste,
radical, citoyen et divers gauche), ce texte promeut la "clause de
l'Européenne la plus favorisée". « Il s'agit d'identifier les
dispositions les plus favorables aux femmes dans les États membre de
l'Union européenne dans chaque domaine, et de proposer que les États
membres alignent leur législation sur celle de l'État membre où elle
est la plus favorable aux femmes », a résumé, dans son rapport,
Mme Pascale Crozon (PS).
Selon un mécanisme jugé « curieux » par le
député UMP Étienne Blanc, le législateur national devrait s'inspirer
des législations étrangères "les plus progressistes" –
« notion qui, en droit, [le] laisse d'ailleurs
perplexe ». En conséquence, « sans porter un jugement
sur le fond de la proposition », le parlementaire a exprimé
son « opposition radicale » quant à la forme de la
proposition.
« Il ne s'agit pas aujourd'hui de décider du contenu
de la loi future », a souligné le socialiste Jérôme Lambert.
« On ne peut à l'évidence pas légiférer à la hâte sur ce
sujet », a-t-il reconnu. « Il s'agit "simplement" –
mais la portée symbolique est forte – de voter une résolution invitant
le gouvernement français dans les négociations européennes à venir à
soutenir le principe de la clause de l'Européenne la plus favorisée.
Qui peut refuser une telle chose ? La cause des femmes ne
mérite-t-elle pas l'affirmation de la volonté d'une égalité la
meilleure possible ? » Cela ne se discute
pas : « Sur le fond du texte lui-même, on ne peut
être contre », a déclaré Mme Marie-Jo Zimmermann. « Si
nous le rejetions, expliquer notre décision pourrait être
délicat. », a averti l'UMP François Vannson.
La chambre basse a manifestement du temps à perdre en échange
d'inepties. La commission a adopté sans modification l'article unique
de la proposition de résolution, inscrite à l'ordre du jour de la
séance publique du 18 février prochain.
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10 février 2010
La commission des Affaires européennes de l'Assemblée
nationale s'est réunie le 3 février pour
examiner deux propositions de résolution promouvant la
« clause de l'Européenne la plus favorisée ». Avec,
en perspective, selon les explications des rapporteurs, l'établissement
d'« un statut pleinement harmonisé de la femme en Europe qui
ferait la synthèse des meilleures lois en la matière ».
À l'origine de ces initiatives : des députés issus,
d'une part, de la gauche démocrate et républicaine (Parti communiste,
Parti de gauche, Verts), et, d'autre part, du groupe socialiste,
radical, citoyen et divers gauche. Lesquels n'entendaient pas
apparaître en retrait sur la scène européenne, où les féministes sont
galvanisés par « une présidence espagnole pleine
d'allant ». Entre autres événements ponctuant le semestre,
citons : la
conférence sur « les femmes, la paix et la sécurité », puis le "sommet européen des
femmes au pouvoir" en février ; l'adoption par le
Conseil de conclusions sur l'éradication de la violence à l'encontre
des femmes prévue le 8 mars ; une conférence le
25 mars sur « l'égalité entre les hommes et les
femmes, une base pour la croissance et l'emploi » ;
la "Ve rencontre de femmes espagnoles et africaines pour un
monde meilleur" le 28 mars ; un "séminaire technique"
le 29 avril sur « le rôle de la femme dans le développement
rural ».
Identifiant « les termes du débat »
parlementaire, les rapporteurs observent que « les arguments
"contre" [...] ne concernent ni les principes, ni l'intention des
propositions de résolution, mais le calendrier et les
circonstances ». Et de rappeler que « la "clause de
l'Européenne la plus favorisée" a déjà fait l'objet d'une évocation,
d'une tentative d'inscription à l'agenda européen, sous présidence
française », sans avoir « reçu l'écho que l'on aurait
souhaité ». « Certains pays sont
réticents », souligne Mme Anne Grommech. En
conséquence, le corapporteur UMP veut « éviter toute prise de
position prématurée ». D'autant que « la faisabilité
d'une [telle] démarche vient d'être mise à l'étude [...] avec
d'ailleurs l'hypothèse d'un traité entre quatre États : la
Belgique, l'Espagne, la Suède et la France. Un groupe de travail
interministériel a été constitué. [...] Ses conclusions sont prévues
pour le mois de mars. »
Le député pointe une autre difficulté, concernant
« les domaines sur lesquels porte la "clause de
l'Européenne la plus favorisée" ». À ses yeux,
« il y a un exemple qui est très concret,
c'est celui de l'interruption volontaire de grossesse.
Aujourd'hui, en France, l'IVG n'est possible que dans les douze
semaines. Or, passer à dix-huit semaines, délai applicable en Suède,
supposerait un débat approfondi. Il faut notamment souligner qu'un tel
délai de dix-huit semaines pourrait permettre de sélectionner le sexe
de l'enfant. Menée sur la base d'une clause automatique sans débat
préalable, une telle réforme peut aboutir à des situations compliquées
de déséquilibre entre les garçons et les filles telles qu'on les
connaît en Chine et en Inde. »
« Dans de telles circonstances, conclut
Mme Grommech, il convient de rejeter les propositions
présentées, car prématurées sur le plan diplomatique et exigeant des
études approfondies, sur des questions très sensibles. »
Suivant son avis, la commission des Affaires européennes a rejeté
chacune des résolutions. Ce faisant, la droite parlementaire a pourtant
démontré, une fois de plus, combien elle est soumise à la gauche dans
les débats "sociétaux".
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9 février 2010
C'est bien connu : 80 % des lois votées par
le Parlement français seraient d'origine communautaire. Cité par tout
un chacun, ce pourcentage a pénétré les esprits sans avoir jamais fait
l'objet d'une démonstration. C'est donc un « mythe »
que la fondation Terra Nova entend démonter
dans une étude rendue
publique le 5 février.
Ses auteurs, Matthias Fekl et Thomas Platt, ont scruté la
législation française promulguée entre 1998 et 2008. Aussi n'ont-ils pris en
compte « que les actes [européens] nécessitant une adaptation au niveau
national, et non ceux qui se substituent purement et simplement à
l'action du législateur ». « L'exercice de
quantification est difficile et risqué », affirment-ils.
« Les résultats sont donc à interpréter avec
prudence. » D'autant que « si l'Union européenne est
bien présente au quotidien dans chacun des vingt-sept États membres, si
son action irrigue et affecte en profondeur les systèmes juridiques
nationaux, les interactions entre normes européennes et loi nationale
sont infiniment plus complexes qu'une simple transposition, "bête et
méchante", de normes imposées de l'extérieur ».
Selon leurs calculs, « environ 25 % des
dispositions législatives adoptées par le Parlement comportent un ou
plusieurs articles transposant des dispositions d'origine
communautaire. Moins de 10 % des lois comportaient une part
significative de mesures de transposition du droit communautaire. Moins
de 10 % du total des articles législatifs adoptés ont vocation
à transposer des dispositions communautaires. [...] La mesure
sectorielle de cet impact s'inscrit dans la logique des compétences
transférées à l'Union : un impact fort pour l'agriculture, les
transports, l'économie, l'environnement ; un impact modéré
mais réel pour l'emploi et le social [...], la justice ; un
impact marginal pour la culture, l'éducation, la défense, les affaires
étrangères. Mais, contrairement à une idée reçue, même dans les
secteurs les plus européanisés, la législation nationale "autonome"
demeure largement majoritaire. Le cas de l'agriculture [...] est le
plus révélateur. Un peu plus de 60 % des lois comportent des
éléments d'origine communautaire. [...] Mais, quand on affine par
article, on s'aperçoit que seulement 18 % de l'activité
législative nationale dans ce domaine a une origine
communautaire. »
« On est donc loin des 80 %, martelés tant
par les fédéralistes soucieux de montrer l'importance de l'Europe que
par les souverainistes cherchant à dénoncer le poids tentaculaire de la
"bureaucratie" bruxelloise. » Sans doute les uns et les autres
partagent-ils en définitive une vision commune de l'Europe, un
comble !
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