Des règles du jeu

22 juin 2010

L'ouverture par la France du marché des jeux en ligne nourrit de nouvelles critiques à l'encontre de l'UE, où l'on relève quelques approximations.

Faut-il « sortir de l'Union européenne » ? « Oui, plus que jamais ! » proclame Karim Ouchikh, dans un article publié par Les Manants du Roi et repris jeudi dernier, 17 juin, par le Centre royaliste d'Action française. En cause : une affaire « à l’importance toute symbolique » où « les lâchetés se conjuguent », paraît-il, « aux renoncements pour priver la France, là encore, de sa capacité à se gouverner elle-même ».

« L'ouverture du marché des paris et du poker sur Internet ne doit absolument rien au libre arbitre de nos gouvernants », affirme l'auteur – ni à l'évolution des technologies ou des pratiques, passée sous silence. « Depuis plusieurs années, rappelle-t-il, la France fait l'objet de très fortes pressions de la part des autorités de Bruxelles pour libéraliser ce marché prospère et aligner sa réglementation en matière de jeux sur celle de l'Union européenne ».

L'observation s'avère en partie inexacte, étant donné qu'une telle réglementation n'existe pas. C'est l'interprétation du droit primaire (les traités) qui est en cause, « Dans sa décision inédite rendue en 2003 (arrêt Gambelli), poursuit Karim Ouchikh, l'envahissante Cour européenne de Justice s'est clairement prononcée pour la libre prestation des services de jeux d'argent en ligne. » C'est méconnaître la nonce caractérisant parfois la jurisprudence européenne, dont témoigne un arrêt tout récent de la CJUE. Laquelle admet qu'« une restriction à la libre prestation des services [...] peut être justifiée, notamment par des objectifs de protection des consommateurs, de prévention de la fraude et de l'incitation des citoyens à une dépense excessive liée au jeu ainsi que de prévention de troubles à l'ordre social ».

L'UE s'en trouve-t-elle lavée de ses velléités libérales ? Loin s'en faut. Gageons que les souverainetés les plus conséquents finiront par trouver refuge chez Jean-Luc Mélenchon...

Rébellion parlementaire

17 juin 2010
Article publié dans L'Action Française 2000

Le Parlement européen poursuit sa montée en puissance, par l'entremise du chantage et d'une communication douteuse.

L'immixtion du Parlement européen dans la constitution du Service européen pour l'Action extérieure (SEAE) suscite l'inquiétude de Pierre Lellouche, le secrétaire d'État en charge des Affaires européennes. « Soyons sérieux ! », a-t-il lancé à notre confrère Nicolas Gros-Verheyde (Bruxelles 2, 06/06/2010). « La politique étrangère, ce sont les nations, avant tout. Ce ne sont pas les commissaires européens ni le Parlement européen qui vont décider d'aller faire tuer des soldats. Si le Service extérieur doit être pris en otage par des gens comme çà, cela pose problème. »  

Loin d'en démordre, l'assemblée européenne prétend agir avec la bénédiction des parlements nationaux. Selon un communiqué diffusé le 31 mai, leurs représentants, venus débattre à Bruxelles, auraient « dans leur grande majorité soutenu la vision des rapporteurs du Parlement européen, Elmar Brok (PPE, DE) et Guy Verhofstadt (ADLE, BE) [qui] prônent [...] le rattachement du service à la Commission européenne en terme budgétaire ». Or, dix jours plus tôt, le Sénat français avait adopté une résolution réclamant, au contraire, que le SEAE soit « un organe sui generis de l'Union européenne, équidistant de la Commission européenne et du Conseil et disposant d'une complète autonomie en matière budgétaire et en termes de gestion des ressources humaines ». Voilà qui jette un certain discrédit sur la communication du Parlement européen...

Fort des pouvoirs budgétaires que lui confère le traité de Lisbonne, celui-ci multiplie les chantages afin de renforcer la dimension fédérale de l'Union. Fustigeant le caractère intergouvernemental de la nouvelle stratégie européenne pour la croissance et l'emploi, le Belge Guy Verhofstadt – encore lui – a ainsi menacé d'en bloquer le financement (Euractiv, 06/06/2010). Enfin, en juillet prochain, les eurodéputés seront appelés à approuver un accord sur le transfert de données bancaires vers les États-Unis, dont ils avaient rejeté la première mouture contre l'avis des gouvernements. Un scénario qui pourrait bien se reproduire, au risque de compromettre la crédibilité internationale de l'Union, déjà fragilisée outre-Atlantique.

Fédéralisme budgétaire

17 juin 2010
Article publié dans L'Action Française 2000

L'intégration européenne sera-t-elle relancée à la faveur de la crise ? Le président de la BCE réclame une « fédération budgétaire »... Mais les mots n'ont pas le même sens pour tout le monde.

Lundi 7 juin, les ministres de l'Eurogroupe ont entériné le mécanisme européen de stabilisation financière. Un gage donné aux marchés, dont la confiance ne sera toutefois rétablie que par un assainissent durable des finances publiques... Le lendemain, le Conseil a donné son feu vert à l'adoption de la monnaie unique par l'Estonie, qui deviendra vraisemblablement, le 1er janvier prochain, le dix-septième pays de la zone euro.

La livre dans la tourmente

Tandis que Nicolas Dupont-Aignan appelle à sortir de l'euro « avant qu'il ne soit trop tard », cette perspective peut apparaître surréaliste. Mais si les écarts de compétitivité menacent effectivement la monnaie unique, qui prive en outre les États de l'instrument de dévaluation, celle-ci n'est pas responsable du laisser-aller budgétaire expliquant la crise des dettes souveraines... En témoigne la situation du Royaume-Uni, dont la livre sterling ne saurait masquer un déficit public« gigantesque », ainsi que l'a qualifié Fitch. L'agence de notation a souligné le 8 juin « que l'augmentation du ratio de la dette dans le pays depuis 2008 "est plus rapide que dans aucun des autres pays notés AAA" (de 52 % en 2008 à 70 % en 2010 et 87 % attendu en 2011) à cause d'un déficit public (11,1 % du PIB) qui est environ "deux fois plus élevé qu'au cours des précédents épisodes de détérioration budgétaire dans les années 1970 et début 1990". Autant dire que "l'ajustement souhaitable (sera) parmi les plus élevés des pays avancés". » (Coulisses de Bruxelles, 09/06/2010)

Interrogé par Stéphane Lauer, Frédéric Lemaître et Marie de Vergès, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a pointé en premier lieu « les responsabilités propres à chacun des pays concernés » (Le Monde, 01/06/2010) « Mais il y a aussi une vraie responsabilité collégiale. La surveillance multilatérale, attentive, qui est fondamentale dans la lettre et dans l'esprit du Pacte de stabilité et de croissance, a été terriblement négligée. » Aussi « la surveillance des politiques budgétaires, des évolutions de la compétitivité des économies de la zone euro et des réformes structurelles » devrait-elle « être radicalement améliorée ». « Nous sommes une fédération monétaire », a poursuivi M. Trichet. « Nous avons maintenant besoin d'avoir l'équivalent d'une fédération budgétaire en termes de contrôle et de surveillance de l'application des politiques en matière de finance publique. »

Surveillance multilatérale ou solidarité ?

Alain Lamassoure, député français au Parlement européen, a suggéré la mise en commun de certaines "lignes budgétaires", « dans des domaines où des dépenses communes seraient plus efficaces » selon le résumé d'Euractiv (09/06/2010). « Sans s'ajouter au budget européen, ces fonds seraient mutualisés dans une structure ad hoc. Selon Alain Lamassoure, François Fillon a évoqué la possibilité d'appliquer un tel système "à certaines technologies critiques en matière de défense et de recherche". »

Ce projet relève, lui aussi, d'une approche fédéraliste. Mais « les mots n'ont pas le même sens pour tout le monde », a prévenu Alain Madelin (BFM radio, 08/06/2010). En effet, Jean-Claude Trichet prône une surveillance mutuelle, mais non « un fédéralisme de solidarité » qui supposerait, in fine, « que les Grecs dépensent et que l'Allemagne paie ». Galvanisés par la création du Fonds européen de stabilité financière, dont ils exagèrent la portée, « quelques eurolâtres » veulent y croire. Selon le député belge Guy Verhofstadt, président du groupe ADLE au Parlement européen, « seule la méthode communautaire peut apporter des solutions adaptées à l'actuelle crise économique, en créant une plus forte intégration européenne », affirme Euractiv (06/06/2010). Or, rétorque l'ancien ministre de l'Économie, « l'hyper-intégration » apparait « totalement inapplicable à l'Europe », où la mobilité des hommes et des capitaux est sans commune mesure avec celle pratiquée aux États-Unis.

De même, le « gouvernement économique » défendu par la France n'est rien d'autre qu'un gadget sémantique. Réunis à Berlin à quelques jours du sommet européen des 17 et 18 juin, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont appelé à renforcer le Pacte de stabilité, esquissant déjà une nouvelle révision des traités... L'UE pourra certes distribuer bons points et avertissements, mais il appartient aux responsables nationaux d'assumer – enfin – leurs responsabilités.

La défense européenne vue par le nouveau CEMA

17 juin 2010
Article publié dans L'Action Française 2000

Loin de partager les convictions fédéralistes du ministre de la Défense, le chef d'état-major des armées semble privilégier les coopérations bilatérales.

Intervenant le 2 juin au Conseil économique de la Défense, l'amiral Guillaud, chef d'état-major des armées (CEMA), a jugé « très positif » le bilan d'une Europe de la défense qui se construit, agit, s'engage et réussit « à petits pas comptés ». Selon lui, le contexte économique devrait encourager les Européens à « "serrer les rangs" et créer une nouvelle dynamique autour de quelques avancées concrètes ». « Mais ne nous faisons pas d'illusions, ces avancées ne se feront pas à vingt-sept », a prévenu l'amiral, qui privilégie les coopérations bilatérales. D'autant que « les coopérations sous contraintes ont toujours été des coopérations de compromis aux résultats hasardeux. N'est-ce pas le cas aujourd'hui du NH90, de l'A400M, voire du Tigre ? »

Le CEMA a par ailleurs observé « que le qualificatif d'opérations européennes est parfois un peu étrange », par exemple « quand un seul pays fournit plus de 50 %, voire 60 % des capacités ». Mais il y a pire : un pays extérieur à l'Union, en l'occurrence la Turquie, est devenu le premier contributeur de l'opération EUFOR Althea, la mission militaire "européenne" de stabilisation en Bosnie (Bruxelles 2, 03/06/2010).

Y a-t-il des ghettos en France ?

17 juin 2010
Article publié dans L'Action Française 2000

Le Centre d'analyse stratégique ouvre le débat, à l'approche d'une réforme de la politique de la Ville.

La politique relève parfois d'une affaire de sémantique. Aussi le Centre d'analyse stratégique s'est-il demandé si la désignation de "ghettos" français relevait d'un « abus de langage » ou de la « réalité ». Cela afin d'éclairer le débat sur la politique de la Ville, dont la réforme devrait redéfinir, d'ici à 2011, les logiques de "zonage" du territoire, ainsi que la distribution des moyens financiers. « Un traitement trop strictement spatialisé des problèmes sociaux fait l'objet de critiques en ce qu'il pourrait contribuer à solidifier ce qu'il a pour objectif de défaire », préviennent Marine Boisson et Catherine Collombet.

Le spectre de la "ghettoïsation" serait apparu dans les années soixante-dix, où les populations immigrées furent « les dernières à entrer dans ces grands quartiers d'habitat social en cours de dépréciation, lorsque celles nées en France et les classes moyennes [commençaient] à en sortir ». Trente ans plus tard, les "zones urbaines sensibles" (ZUS) compteraient 23,6 % d'immigrés, contre une moyenne de 3,7 % dans les autres quartiers. « Selon l'étude menée par Michèle Tribalat et Bernard Aubry, en 2005, la proportion des jeunes issus de familles dont au moins un des parents est étranger ou immigré s'élevait à moins de 20 % sur l'ensemble du territoire mais dépassait les 60 % dans vingt communes. [...] Outre les raisons historiques à la concentration urbaine de l'immigration, les immigrés sont orientés vers ces zones en raison de la forte proportion de logements sociaux à bas loyer et de la taille des logements. En 2006, sur 2,3 millions de ménages immigrés [...], 700 000 étaient locataires dans le parc HLM, la part résidant dans le parc social n'ayant cessé d'augmenter (+ 9 points entre 1996 et 2006). [...] Les ménages qui recourent le plus au parc social sont originaires d'Algérie (70 % des ménages locataires d'origine algérienne le sont dans le parc social), du Maroc (64 %) et d'Afrique subsaharienne (60,5 %) quand, à l'inverse, seul un ménage locataire immigré d'Asie sur trois réside en logement social. »

Quelle mixité ?

Outre ce phénomène de concentration, les « conduites d'adaptation à la marginalisation » des habitants pourraient traduire, également, un processus de ghettoïsation. Les trafics ou la rupture radicale avec l'ordre scolaire participeraient d'une organisation et d'une ambiance « devenues "autoréférentielles, comme tournées vers l'intérieur de la cité", où les personnes, en réponse à une situation vécue de relégation, jouent un rôle actif : affirmation d'un clivage vis-à-vis de l'extérieur, violence et racialisation omniprésente des rapports sociaux ». Cela dit, « on serait encore loin de l'homogénéité ethnique et du degré de déshérence des ghettos américains ». En effet, les banlieues françaises mêlent des dizaines d'origines géographiques, et les taux de pauvreté et de criminalité n'auraient « aucune commune mesure » avec ceux observés dans le South Side de Chicago. En outre, bien que soient régulièrement stigmatisées des "zones de non droit", l'État demeurerait « très présent dans ces quartiers. [...] En attestent l'augmentation de la part de la population dépendante des prestations sociales (allocations chômage, RSA, etc.) ; l'effort mis en œuvre par la politique de la Ville (plus de 5 milliards d'euros en 2009) ; la présence continue et parfois conflictuelle des policiers dans ces territoires. »

Tandis qu'on oppose couramment « l'idéal de mixité sociale » au délabrement des banlieues, les rapporteurs expriment quelques réserves qui donnent à réfléchir : « Il n'est pas toujours évident que le fait de mélanger des populations différentes permette de générer entre elles des relations sociales fructueuses. Dès 1970, des études ont mis en évidence des tensions et des conflits de cohabitation dans les grands ensembles, du fait même de regroupements hétérogènes contraints. Des travaux sociologiques [...] ont pu a contrario démontrer que des concentrations urbaines de type communautaire [...] peuvent être, à certains moments de la trajectoire des individus, des vecteurs de soutien et d'accès au travail. [...] La question n'est ainsi pas forcément de faire disparaître la concentration, ni de réduire les écarts de ces quartiers par rapport à d'autres, ni de les démolir comme hier on voulait les normaliser, ni d'empêcher de nouveaux immigrés d'y entrer. L'enjeu peut aussi être d'affirmer la spécialisation de ces quartiers, d'y garantir l'accueil et la promotion sociale, d'adapter les services publics à une même population ainsi regroupée. » Mais cela dans une perspective d'assimilation.

Résolution d'un nouveau genre

17 juin 2010
Article publié dans L'Action Française 2000

Un parlementaire veut insérer l'homosexualité et le "genre" dans un accord international. Cela sans tenir du compte du calendrier des négociations, ni respecter la nature des résolutions européennes du Sénat.

L'invocation des "droits de l'homme" serait-elle dépassée ? Sans doute a-t-elle une portée trop générale aux yeux de Mme Alima Boumediene-Thiery, sénateur Vert de Paris. Forte du soutien d'une vingtaine de collègues, parmi lesquels on reconnaît les noms de Robert Badinter, Catherine Tasca ou Dominique Voynet, elle a déposé une proposition de résolution européenne portant sur l'insertion d'« une clause de non discrimination en raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre » dans l'accord de Cotonou.

Inconséquence

Signé  le 23 juin 2000, ce texte fixe le cadre du partenariat liant les États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) à l'Union européenne. Conclu pour une durée de vingt ans, il est néanmoins révisé tous les cinq ans. À cet effet, les dernières négociations ont été ouvertes en mai 2009, et conclues en mars dernier – ce que semblait ignorer Mme Boumediene-Thiery, soucieuse d'orienter une discussion qui se trouve déjà close. « C'est en réalité en février 2009, au moment où était adopté le mandat de négociation de la Commission européenne, qu'une telle invitation aurait trouvé sa place », souligne Jean-Jacques Hyest, rapporteur pour la commission des Lois du Sénat. Par ailleurs, en invitant les États ACP à respecter le principe de non discrimination, sa collègue a méconnu « la logique des résolutions européennes », censées délivrer un message politique au gouvernement ou aux instances européennes, mais non à des pays tiers.

La Halde veille

De toute façon, précise M. Hyest, les États ACP se sont « résolument opposés » à toute référence à l'homosexualité et au "genre", « en dépit de la demande renouvelée de la Commission européenne ». Sur le continent africain, l'homosexualité ne serait "légale" que dans treize pays ; en Mauritanie, au Nigéria, en Somalie et au Soudan, elle serait même passible de la peine capitale. Quant à la France, elle « semble connaître depuis peu des cas de discrimination à l'égard des personnes transgenres », déplore le sénateur : « Comme le souligne une récente délibération de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour la promotion de l'égalité (HALDE), ces personnes "sont souvent victimes de discrimination durant la période d'adaptation et de conversion sexuelle". [...] Une autre délibération, un peu plus ancienne, de cette même autorité a recommandé à la Caisse nationale d'assurance maladie de prévoir une circulaire à destination de ses services afin qu'ils soient vigilants sur l'immatriculation sociale du patient en tenant compte du changement d'état civil des personnes transgenres. Dans cette affaire, l'apparence physique de la réclamante et son immatriculation à la Sécurité sociale ne coïncidant plus, elle avait été contrainte de révéler son changement de sexe à son employeur. À la suite de cette révélation, elle a été victime de moqueries et de pressions qui l'ont contrainte à démissionner. »

Passer d'un sexe à l'autre en toute liberté

Le mois dernier, le ministère de la Justice a diffusé une circulaire invitant le ministère public à émettre un avis favorable aux demandes de changement de sexe à l'état civil, dès lors que les traitements conférant une apparence physique et un comportement social correspondant au sexe revendiqué ont bien entraîné un changement définitif et irréversible, même en l'absence d'opération chirurgicale d'ablation des organes génitaux. Selon Jean-Jacques Hyest, « le droit à la vie privée justifie que l'état civil indique le sexe dont la personne a désormais l'apparence ».

Réunie le mercredi 9 juin, la commission des Lois a donc approuvé la proposition de  Mme Alima Boumediene-Thiery, « mais en retenant une rédaction plus conforme à la logique d'une résolution européenne ». Ce faisant, sans doute a-t-elle confirmé l'emprise croissante de l'idéologie du genre sur les élites républicaines.

Mayotte sous la loi commune

17 juin 2010
Article publié dans L'Action Française 2000

L'île aux Parfums s'acclimate progressivement au statut de département d'outre-mer français qui lui sera conféré l'année prochaine. Entres autres domaines faisant l'objet d'une réforme : le mariage et la justice.

Une nouvelle étape dans le processus de départementalisation de Mayotte a été franchie le mercredi 2 juin. Ce jour-là, Mme Marie-Luce Penchard, ministre de l'Outre-Mer, a présenté une ordonnance portant dispositions relatives au statut civil de droit local applicable sur l'île aux Parfums, ainsi qu'aux juridictions compétentes pour en connaître. Selon les explications du gouvernement, ce texte vise à mettre un terme à l'inégalité entre les hommes et les femmes en matière de mariage et de divorce : il proscrit la répudiation et interdit de contracter de nouvelles unions polygames, sans condition d'âge ; jusqu'alors, les hommes nés avant 1987 bénéficiaient d'un statut privilégié, garanti par la loi de programme pour l'Outre-Mer du 21 juillet 2003.

En relevant à dix-huit ans l'âge légal du mariage des femmes, cette ordonnance permettra l'adhésion de la France à la Convention internationale sur le consentement au mariage, l'âge minimum du mariage et l'enregistrement des mariages, adoptée à New York le 7 novembre 1962 – adhésion jusqu'ici différée en raison de la spécificité des règles applicables à Mayotte. Le texte supprime également la justice cadiale, dont le fonctionnement n'était pas compatible avec la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. « Le système cadial est en place aux Comores et à Mayotte depuis l'arrivée des Shiraziens entre le XIVe et le XVIe siècle », rapportait en 2001 le sénateur José Balarello. « Depuis cette époque, le cadi joue un rôle de juge, de médiateur et d'institution régulatrice de la vie sociale et familiale. Il a été explicitement maintenu par [le] traité de 1841 passé entre le sultan Andriansouly et le commandant Passot. »

La charia sur la sellette

Régis par un statut fixé en 1986, les cadis et les secrétaires greffiers étaient des fonctionnaires de la collectivité territoriale de Mayotte ; recrutés sur concours, ils étaient investis par le préfet, après avis du procureur de la République près le tribunal supérieur d'appel et d'une commission présidée par le président du tribunal supérieur d'appel et composée de quatre personnalités religieuses désignées par le préfet et le Grand cadi. Outre l'application de certains principes du droit coutumier (répudiation, polygamie, double part successorale des hommes...), le fonctionnement même de la justice cadiale était critiqué : « Les cadis ne disposent souvent d'aucune documentation et leur méconnaissance du droit musulman entraîne des divergences de jurisprudence d'autant plus insatisfaisantes que le taux d'appel demeure très faible. De plus, l'absence de formule exécutoire rend l'exécution des décisions aléatoire. Par ailleurs, la justice cadiale ne connaît pas la représentation par des avocats. »

L'ordonnance présentée le 2 juin 2010 substitue à la justice cadiale une compétence de plein droit de la juridiction de droit commun pour connaître des conflits entre personnes relevant du statut personnel de droit local. Conformément au Pacte pour la départementalisation, le rôle des cadis sera recentré sur des fonctions de médiation sociale.

Le football, un miroir du village global

17 juin 2010
Article publié dans L'Action Française 2000

La grand-messe du football mondial s'est ouverte vendredi dernier. L'événement se prête naturellement à de multiples tentatives de récupération. Sa démesure économique, aussi bien que le sort des laissés-pour-compte, témoignent des dysfonctionnements de notre "village global".

Nul ne peut échapper à la déferlante footballistique. Nos colonnes elles-mêmes n'échappent pas à quelques embruns... Comme toujours, nos lecteurs se diviseront selon qu'ils soient emportés par la ferveur populaire ou exaspérés par les hordes de supporters, le vacarme des vuvuzelas retransmis depuis l'Afrique du Sud, et les inévitables récupérations politiques.

La mayonnaise aurait-elle tourné ?

Ici ou là, on ne manquera pas d'agiter le drapeau râpé de la France black-blanc-beur, tandis qu'Alain Finkielkraut stigmatisera avec une conviction renouvelée une équipe « black-black-black ». Cela au grand dam d'Éric Besson : découvrant la sélection de Raymond Domenech, le ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire avait regretté « qu'il n'y ait pas au moins un des Benzema, Ben Arfa ou Nasri » – autrement dit, un joueur d'origine maghrébine. La mayonnaise de la "diversité" aurait-elle tourné ?

Depuis le 26 mai, et jusqu'au 11 octobre, la Cité nationale de l'histoire de l'immigration consacre une exposition au ballon rond. « Pratique originaire d'Angleterre, le football se diffuse en France à la fin du XIXe siècle, à la faveur des déplacements et migrations », rappellent les organisateurs. « Joueurs étrangers en clubs amateurs du début du XXe siècle, vedettes étrangères en clubs professionnels du championnat de France, joueurs naturalisés ou, plus fréquemment, d'origine étrangère endossant le maillot tricolore lors des compétitions internationales, relations entre supporters, joueurs et clubs, entre médias et joueurs : le football révèle nombre d'enjeux de la société d'aujourd'hui. "Facteur de rapprochement entre les peuples" pour les uns "creuset" de l'immigration pour les autres, ou encore sport pouvant générer xénophobie et racisme, le football et sa pratique constituent à leur manière un miroir de la société française. »

Audience record en Chine

Voilà une époque révolue. Dorénavant, en effet, ce miroir reflète, dans une large mesure, l'image du village global, en dépit du désintérêt des Américains pour le soccer. Lors des deux premières journées de la compétition, c'est dans l'empire du Milieu, selon la Fédération internationale de football (FIFA), qu'a été enregistré le record d'audience nationale, 24 millions de Chinois ayant suivi la retransmission du match opposant la Grèce à la Corée du Sud.

Aussi les "récupérations" débordent-elles largement du périmètre hexagonal. Samedi dernier, 12 juin, le colonel Kadhafi a vigoureusement condamné la FIFA, une « mafia mondiale » qu'il accuse d'organiser un « trafic d’êtres humains ». Force est de reconnaître qu'il n'a pas tout à fait tort. Le mois dernier, Maryse Ewanjé-Epée a justement publié, aux éditions du Rocher, une enquête consacrée aux Négriers du foot. « Ils sont des centaines chaque mois, les enfants foot qui embarquent pour le voyage sans retour vers d'illusoires carrières », annonce la quatrième de couverture. « En Afrique, le football suscite des passions sans bornes : il est le ticket pour l'ascenseur social. Trafic d'identités, chantage, ruines familiales, disparitions, le phénomène a bouleversé la vie de milliers de familles. Un exilé africain sur mille, en moyenne, fait carrière dans le football. Les autres finissent dans les statistiques des associations comme Foot Solidaire ou Manifootball, qui recensent plus de 200 cas de maltraitance et d'escroquerie chaque année. En France, plus de 1 200 cas d'enfants foot et de footballeurs sans papiers ont été identifiés  »

En revanche, ce sont de jeunes gens présents sur le sol national depuis leur naissance qui suivront non pas le parcours de l'équipe de France, mais celui de la sélection algérienne. Les "Verts", comme on les appelle eux aussi, n'avaient plus participé à la phase finale de la Coupe du monde de football depuis vingt-quatre ans. Mais parmi eux, seuls deux joueurs évolueraient dans un club local. « Pour les Algériens, c’est une équipe importée », apprend-on sur le site Internet de RFI. Peut-être le malaise identitaire n'est-il pas une spécificité française...

Une réponse à la crise...

"Footeux" (comme Philippe de Villiers) ou feignant de l'être, les politiques défileront à l'antenne de Public Sénat, qui lance une émission censée les mettre aux prises avec les enjeux des matchs à venir. Dans les bureaux élyséens, enfin, on se réjouit à l'annonce de la reprise économique : « Le sport, c'est une réponse à la crise », avait déclaré le président de la République, alors qu'il plaidait pour que la France organise l'Euro 2016. Bank of America estime à 0,5 points de PIB l'apport de la Coupe du monde à l'économie sud-africaine. « Mais la question du bénéfice de l'accueil de ce type de manifestation pour le pays reste entière sur le long terme », tempère notre consœur Sandrine Cassini (La Tribune, 11/06/2010).

Dans l'immédiat, peut-être Nicolas Sarkozy caresse-t-il l'espoir qu'un exploit sportif des Bleus galvanisera le moral de la nation. À moins qu'il formule l'hypothèse selon laquelle la distraction des traders apaiserait la tension régnant sur les marchés financiers. En tout cas, on est loin du temps où le chef de l'État nous promettait qu'il irait chercher la croissance avec les dents.

Cartographie financière

17 juin 2010
Article publié dans L'Action Française 2000

Tandis que les déficits publics alimentent les difficultés de financement des entreprises, les velléités "régulatrices" se heurtent à l'opacité de nouveaux produits proposés aux investisseurs. Aperçu du tableau dressé par l'AMF.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a présenté le mois dernier « la cartographie 2010 des risques et tendances sur les marchés financiers et pour l'épargne ». Jean-Pierre Jouyet, son président, a pointé – sans surprise – le déséquilibre des finances publiques : ce serait « le premier des risques » pesant sur notre économie, sinon le seul, « car en un sens il englobe tous les autres ».

Mauvais présage

Dans l'immédiat, les marchés obligataires sont menacés par la hausse des taux d'intérêt. Mardi 8 juin, les CDS (credit default swaps) se sont envolés : le coût annuel des assurances protégeant les investisseurs contre un défaut de paiement français à cinq ans a dépassé les 100 points de base (1 % de la valeur notionnelle). Un prélude à la perte du "triple A" dont Paris bénéficie depuis qu'il est noté par Standard & Poor's, Moody's et Fitch ? Le spectre d'une dégradation hante vraisemblablement les couloirs de Bercy. D'autant que les déboires de l'État ont pour corollaire « un durcissement des conditions de financement de l'ensemble des agents économiques ». Les PME seraient tout particulièrement affectées par « la concurrence accrue pour l'accès aux financements ». Quant aux épargnants, « de plus en plus frileux », ils privilégient « une allocation de leur épargne faiblement rémunératrice » à l'origine d'un « sous-rendement structurel ».

Ingéniosité spéculative

Si les modalités de cotation des actions et le trading algorithmique inspirent toujours quelque réserve ou inquiétude, tel ne serait plus le cas des transactions de gré à gré, en raison de leur évolution « inévitable » vers un large recours à l'entremise des chambres de compensation, complété par un enregistrement dans des bases de données centrales pour les marchés de dérivés. « Ainsi les chambres de compensation et d'enregistrement vont-elles devenir des maillons essentiels de la chaine des risques » dont il conviendra de « surveiller étroitement » la gouvernance. L'AMF prône l'implantation en zone euro des chambres traitant des contrats libellés dans la monnaie unique.

Son président déplore la commercialisation de nouveaux produits qui seraient « surtout destinés à contourner les contraintes règlementaires en matière de fonds propres ou conçus pour satisfaire les exigences des investisseurs en matière de notation des titres en portefeuille ». Or, étant donné leur complexité croissante, il n'est « pas certain que ces instruments de dette soient correctement valorisés sur les marchés et que les investisseurs estiment correctement le risque de crédit associé ».

La prudence contre le principe de précaution

Cela dit, Jean-Pierre Jouyet met en garde contre « une surenchère dans la volonté de maitriser tous les risques » : « Si on cherche à créer une économie sans risque, il n'y aura plus d'économie du tout. C'est à la qualité de la maîtrise et du contrôle des risques que nous devons veiller et non à l'éradication totale du risque. Car le risque vraiment nocif, c'est celui que l'on n'a pas su ou voulu anticiper. » La prudence va-t-elle éclipser le "principe de précaution" ? Hélas, la République ne s'est pas montrée exemplaire dans l'exercice des vertus cardinales... Confrontés aux exigences contradictoires des marchés, qui appellent à maîtriser les déficits publics sans compromettre la relance de l'économie, les pouvoirs publics devront agir  avec doigté », selon l'expression de M. Jouyet. Ils seront forcés de reconnaître, un jour ou l'autre, la faillite de l'État-providence. Le plus tôt sera le mieux.

L'Alliance en transformation

3 juin 2010
Article publié dans L'Action Française 2000

L'OTAN prépare l'adoption d'un nouveau concept stratégique, censé l'inscrire dans le monde de l'après-11 Septembre. Le Commandement allié pour la Transformation, avec un Français à sa tête, est étroitement associé aux travaux.

L'OTAN s'achemine vers l'adoption d'un nouveau concept stratégique. Réunis à cet effet en novembre prochain, les chefs d'État ou de gouvernement des vingt-huit pays membres s'appuieront sur les recommandations d'un "groupe d'experts" présidé par Mme Madeleine K. Albright, dont le rapport a été publié le 17 mai, et qui aurait travaillé « en très étroite collaboration » avec le Commandement allié Transformation (ACT), selon le témoignage du Français placé à sa tête, le général Stéphane Abrial – lequel s'est défini comme le « gardien de l'avenir militaire de l'Alliance atlantique » lors d'une conférence prononcée à Paris jeudi dernier, 27 mai, à l'invitation de l'IFRI.

Trois menaces

Outre la perturbation des axes d'approvisionnement énergétique et des voies maritimes, trois menaces pèseraient plus particulièrement sur les Alliés : une attaque de missile balistique, avec ou sans charge nucléaire ; des attentats perpétrés par des groupes terroristes internationaux ; des cyberattaques. Des menaces qui présentent « des variantes hybrides, combinant par exemple la clandestinité d'un groupe terroriste avec la puissance normalement associée à un État-nation – comme les armes de destruction massive, qui peuvent se monnayer ou se voler ». Dans ces conditions, une défense efficace devrait souvent commencer « bien au-delà du territoire de l'Alliance ».

Les rapporteurs réaffirment néanmoins la vocation régionale de l'Alliance, qui « ne saurait régler à elle seule tous les problèmes de sécurité de la planète ». Ils appellent à fixer des « principes directeurs » orientant les interventions de l'OTAN au-delà de ses frontières, et plaident pour le renforcement des partenariats – où l'on recherchera la synergie plutôt que l'unité de commandement, suivant les conseils du général Abrial. « Le concept stratégique devrait [...] donner aux partenaires d'opérations de l'OTAN la possibilité de faire régulièrement et véritablement entendre leur voix. » En outre, « d'autres organisations [...] peuvent prendre la direction des opérations lorsqu'il s'agit d'atteindre des objectifs aussi essentiels que la reconstruction économique, la réconciliation politique ». En application des enseignements tirés de l'expérience afghane, « il faut continuer d'insister sur la nécessité de protéger les civils. [...] L'objectif premier est d'établir une approche civilo-militaire globale qui permette aux autorités locales de gagner la confiance et la loyauté de la population. » L'"approche globale" est « un fil rouge qui parcourt l'ensemble de mon action », a souligné le général Abrial. Mais selon le groupe d'experts, « les efforts de l'OTAN pour opérer avec des partenaires civils manquent encore de cohérence ».

Si l'UE constitue un partenaire « essentiel », sa coordination avec l'OTAN demeure insuffisante ; le différend opposant Chypre et la Turquie n'arrange rien à l'affaire...  Le général Abrial a toutefois ouvert « un dialogue suivi » avec l'Agence européenne de défense, qui détient au sein de l'Union les compétences les plus proches de celles de l'ACT. Évoquant l'ONU, Mme Albright et ses collègues observent que son personnel « s'est parfois montré déçu par le niveau de sécurité et de soutien que l'OTAN lui apportait ». Sur le terrain, les deux institutions se disputent parfois les responsabilités. Signe des temps, le rapport stipule que « l'OTAN devrait travailler avec l'ONU afin de donner une suite favorable à la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur le rôle des femmes dans la paix et la sécurité ».

Défense antimissile

La coopération avec la Russie est encouragée. Elle apparaît « hautement souhaitable » en matière de défense antimissile, domaine que les rapporteurs voudraient inscrire « au nombre des missions essentielles de l'Alliance ». « La question est sur la table », a reconnu le général Abrial. Sans y répondre, il s'est interrogé sur les menaces auxquelles répondrait un dispositif antimissile, sur son coût et ses effets d'éviction. En revanche, le retrait des armes nucléaires américaines stationnées en Europe ne serait plus à l'ordre du jour.

« Il convient [...] de passer du dispositif certes puissant, mais statique, de la Guerre froide à une posture plus souple, plus mobile et plus polyvalente », ont résumé les experts. Naturellement, « le principal obstacle à la transformation militaire est l'insuffisance des dépenses et des investissements de défense en Europe. [...] Un fossé particulièrement large s'est creusé entre les capacités des États-Unis et celles des autres pays de l'OTAN, et ce déséquilibre, s'il n'est pas corrigé, pourrait nuire à la cohésion de l'Alliance. » « La crise va nous forcer à une réforme indispensable », a commenté le général Abrial. Afin de rentabiliser au mieux les ressources disponibles, il entend mettre en réseau les capacités de transformation des Alliés, en créant, par exemple, un « catalogue de formations ». Dans un registre similaire, les rapporteurs promeuvent « de nouveaux mécanismes informels de mutualisation des moyens, en particulier pour le transport ».

L'alpha et l'oméga du nouveau concept

De leur point de vue, « l'élaboration d'un nouveau concept stratégique offre l'occasion de faire connaître l'OTAN à des populations qui en savent peu à son sujet et qui doutent peut-être de son intérêt pour leur existence ». Dans cette optique, on comprend mieux la relecture qui nous est proposée de l'histoire : « En 1949, ce n'est pas à cause des forces qu'ils redoutaient que les États membres de l'OTAN se sont alliés, c'est parce qu'ils se faisaient mutuellement confiance et qu'ils avaient foi dans les valeurs démocratiques. » Y compris le Portugal de Salazar ? « Les idéaux fondateurs de l'OTAN devront être l'alpha et l'oméga du nouveau concept stratégique », conclut le groupe d'experts.

Gageons que ces considérations idéologiques seront sans grande incidence sur le travail de l'ACT. Celui-ci pourrait bientôt « monter en puissance ». Une chance pour la France, qui en détient désormais le commandement ? « Nous faisons partie de ceux qui tiennent la plume », s'est félicité le général Abrial. Moins d'un an après sa prise de fonction, sans doute est-il trop tôt pour tirer un premier bilan. Associant les industriels à ses travaux, il a notamment assuré qu'une place plus juste serait accordée aux entreprises européennes. Affaire à suivre.